2008 - À vélo couché de la France à l'Iran



Avril à Novembre 2008

 

Ce périple est le premier d'une série de trois, entre lesquels nous sommes rentrés pour de courtes périodes en France. Je l'ai effectué avec Michel Courtet. Le but ultime de cette traversée de l'Asie était d'aller prendre le transsibérien à Vladivostok, en extrême-orient russe, pour rentrer à Moscou. Au total 44500 km en 28 mois. La partie 2008 a duré 7 mois. France, Suisse, Italie, Croatie, Monténégro, Albanie, Macédoine, Bulgarie, Turquie et Iran nous ont vu passer tour à tour (de roue). 

Ci dessous l'itinéraire global où seuls apparaissent en rouge les tronçons réellement pédalés. Suit le récit tel qu'il avait été écrit à l'époque dans le blog. Enfin en bas de page, les renseignements pratiques, formalités, chiffres, bilan matériel. Les cartes détaillées du tronçon 2008 sont disponibles dans la galerie photos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La page blanche et vierge s’ouvre comme une porte sur l’infini devant nous…. Ce n’est pas le corps, puissamment attaché à la Terre qui s’évade mais bel et bien l’esprit, trépignant depuis longtemps dans les starting-block, qui s’élance et qui explose.

Le stylo, dont l’unique artère véhicule non pas le sang mais l’encre gluante et lourde attache encore et attachera toujours à la réalité, le stylo glisse et court sans que main ni doigts n’en contrôlent les déplacements. Le reflet de l’ état d’âme. L’encre tâche, l’encre attache, on ne coupe pas comme ça les liens.

 

On a dit sereins !Nous partons étonnamment sereins et détendus, avons tout fait pour, en réglant un maximum de choses avant le jour J. Nous partons sereins et détendus, presque détachés. Ce détachement qui, certains et certaines le savent, depuis des années me fait rêver. Le détachement ne signifie pas l’oubli. Laisser pour un temps les papiers, le stress, la vie trépidante, les soucis, la consommation et se laisser aller à son bien-être, à la contemplation, aux sensations, avec pour unique but le délassement, le rêve, la vie. Laissez moi partir à travers le Monde avec un peu de musique, un stylo, du papier, un bon livre, quelques beaux visages, et je serai heureuse. Je le suis.

 

 

 

C’est une douce euphorie qui nous envahit, une euphorie aussi profonde qu’elle est énorme, une joie immense, comme une transe sans signe extérieur. Nous sommes prêts. Ce moment je l’ai imaginé, je l’ai rêvé, il est là, depuis le temps qu’il guidait nos pas, depuis le temps qu’il décidait de nos actions, c’est du bonheur, je veux du tranquille et goûter à chaque instant comme si c’était le dernier. Les secondes qui s’égrènent ne fileront plus comme les particules accélérées, nous sommes des électrons libres, les secondes doivent se prolonger, s’étirer à souhait, à n’en plus finir, devenir des heures. Le temps s’étirer comme un chat au soleil, le temps élastique.

 

Sur la route ....Nous voulons les étendues sauvages, le calme et la douceur des visages et des rencontres, glisser sans laisser de trace. Je veux avoir la Paix.

Vivre, vivre pleinement chaque instant et laisser derrière nous les lourdeurs et les rancoeurs de l’impitoyable société. Partir ….

La page blanche et vierge s’ouvre comme une porte sur l’infini . . . tandis que l’asphalte noire déroule son tapis et ses kilomètres devant les roues et les yeux de nos machines à découvrir…..

 

 Le jour du départ est un jour que nous appréhendions. Ce n’est pas le fait de fermer le gaz ou de descendre les disjoncteurs. Ce n’est pas le fait de couper l’eau ou de gentiment tirer la porte. Non, c’est la crainte des émotions un peu trop envahissantes. C’est l’appréhension de se faire un peu submerger par les évènements. Mais non ! Tout s’est passé dans le calme et la bonne humeur. L’humour permet parfois de masquer un peu un surplus d’émotion. Même pas de larme à l’œil !! Les personnes conviées ont commencé à arriver une heure à l’avance. Puis après avoir revérifier cinquante fois chaque chose, nous avons définitivement tourné la clé dans la serrure. Sur le parking de la salle des fêtes, quelques cyclistes nous attendaient pour nous accompagner un bout. Nous avons fait quelques kilomètres ensemble puis en début d’après midi, après le pique nique, seul notre fidèle webmestre, son épouse et mes parents ont poursuivi avec nous. C’est sous un ciel finalement assez radieux que nous avons rallié Mouthe, village soi disant le plus froid de France….. Et nous avons retrouvé le doux chuintement de l’eau, d’abord du Drugeon, que nous avons suivi pratiquement jusqu’à sa source, puis le Doubs que nous avons également remonté jusqu’à l’endroit où il sort de la roche en une magnifique résurgence toute jurassienne.

C’est fait, nous sommes partis, ça y est, le grand jour est arrivé, puis il est passé. Hier matin, second jour de route, nous avons les honneurs de l’Est républicain, journal local. Nous sommes en photo en couleur en première page et un article est consacré à notre projet.

 

Concernant ce site, une rubrique intitulée Jour J, consacrée au départ a vu le jour dans Nous suivre, Carnets de route, vous y trouverez des vidéos du grand jour dès que Sylvain aura eu le temps de s’en occuper. Et puis dans la galerie photos également un nouvel album pour ce jour extraordinaire comme il n’y en aura qu’un dans notre vie. Nous avons de la peine à réaliser, ça viendra bien assez tôt, mais nous sommes bien partis quand même.

A l’heure où j’écris ces quelques lignes maladroites qui ont bien du mal à exprimer ce que nous ressentons, nous avons fait deux étapes, nous sommes encore dans le Jura, que nous quitterons cet après midi. Nous sommes encore en terrain connu, nous avons dormi chez des Ben oui quoi !Amis. Et c’est seulement dans la soirée qu’il nous faudra jeter un œil à la carte routière. La météo depuis deux jours est presque ce que l’on peut faire de pire, ce qu’on appelle ici des sacs d’eau toute la journée, et mêlée de neige parfois. Une pluie froide, serrée, épaisse, dense, une pluie qui mouille en deux temps trois mouvements. Nous avons eu les pieds engourdis, les doigts aussi des mains pour Michel, pourtant nous sommes jurassiens. Nous n’avons croisé aucun cycliste et on se demande bien pourquoi. Mais quand on sait que le soir une bonne douche chaude, un petit massage à l’arnica, une maison bien chauffée et très chaleureuse nous attend, où est la difficulté ? Nous étions seulement pressés d’y arriver. Merci déjà à Fredo et Rosine, à Jean Claude et Isabelle, à Sophie et Sébastien, d’autres suivront…. Nous avons déjà passé deux super journées, c’est carrément génial !!!

Ciao Ciao.

 

 

Col du Mont Cenis,

 

Bonjour,

Nous avons quitté le massif du Jura sous une pluie parfois mêlée de neige, eh oui ! Dès que nous sommes passés de l'autre coté du Rhône, ça s'est amélioré. Merci Jean François pour ton accueil. La traversée des Bauges, par monts et par vaux sous un soleil à peine voilé ne nous a pas empêché d'attraper de bons coups de soleil. Merci Lulu pour ton hospitalité. Nous avions craint quelque peu la remontée de la vallée de la Maurienne pour sa circulation dense et dangereuse mais il y a une piste cyclable presque tout le long, ce qui nous a été bien agréable. Faisant un peu de tourisme par ci par là, de ponts du Diable en pont de l'Abime, nous sommes arrivés à Termignon, joli petit village au pied du col du Mont Cenis. Là, c'est Simone aui nous a mis à disposition un bon lit et nous a offert une bonne dernière raclette avant longtemps. Soph, Lulu et Seb sont au rendez vous, on peut parler de choses sérieuses.

La journée commence à six heures trente, petit dej un peu tendu. A sept heures quinze nous enfourchons nos insolites engins direction Lanslebourg. Là, Soph, Lulu, Seb et Charlène nous rejoignent en auto avec le matériel et les meutes. En effet, comme Hannibal en 218 avant JC (Jean Claude ?) avec ses éléphants, nous allons passé ce fameux col avec des animaux !!! Sauf qu'Hannibal, c'était le col Clappier, juste à coté. A neuf heures trente, les bestioles sont attelées, les vélos et les sacoches sont attachés, nous pouvons démarrer. Lulu et Soph et Charlène sont aux commandes des traineaux, Michel, Seb et moi mème sommes en skis, apportés par Soph, comme les godasses. Imaginez juste l'organisation, juste une minute. Venir depuis le Jura pour Soph, depuis les Bauges pour Lulu, avec en tout 14 chiens, deux traineaux, trois paires de ski et tout ce qui va avec, tout ça pour faire passer deux grelus par le col du Mont Cenis enneigé. Il faut en vouloir. On ne savait pas que c'était impossible, alors on l'a fait !!!! Et c'était absolument magnifique, un grand moment, grand beau, neige étincelante et les chiens qui courent dans les montagnes !!! Voici le lac, puis le barrage. Nous descendons un peu de l'autre coté, jusqu'à la route déneigée. Nous défaisons les attelages, déchargeons notre matériel, cassons la croute et vidons la bouteille de Rhum arrangé que Cricri nous avait laissée pour les bonnes occasions. Il semble que ça en était une !!! Nous avons regardé partir nos amis la larme à l'oeil. Pour nous, c'est un peu ici que commence le voyage. Merci infiniment à vous et aux chiens. Braves bêtes !!!

 

Depuis, nous errons en Italie, descente mémorable du col, 21 km sans un seul coup de pédale. Nous sommes maintenant au sud du lac majeur, il fait sec et ensoleillé à nouveau après une nuit très pluvieuse. Que la route continue !!!! A la prochaine.

J'ai de nouveau un problème pour charger les photos dans la galerie et dans le blog donc on verra à la prochaine connexion, désolée !

 

 

 

 

Lacs Italiens

 

Bonjour,

Toute heureuse de trouver un point Internet un premier Mai, je m'arrête et me dis chouette, je vais pouvoir mettre les photos. Manque de bol, mème problème. Bon, nous avons longé un moment le lac majeur sous une météo mitigée mais sèche, puis depuis Luino et sous une bonne averse, nous avons rejoint le lac de Lugano que nous avons longé également. De Menaggio nous avons pris le bateau pour traverser le bras du lac de Come. Le bateau nous a posé à Bellagio et nous sommes actuellement à quelques encablures de Bergame. Voici pour notre avancement, ça roule bien. Nous venons de passer trois nuits très arrosées mais heureusement pour nous : petit a : la tente est vraiment étanche, petit b : notre installation avec la bâche sous la toile intérieure nous permet un montage et démontage et installation complète confortable et complètement au sec et petit c : la journée la météo est acceptable, quelques rayons de soleil mème. Et à partir de demain il parait qu'on aura trop chaud alors profitons de la douceur (il fait entre 16 et 20 degrés). Nous nous dirigeons vers le lac de Garde. Les lacs que nous venons de longer sont très profonds et s'apparentent plus a des fjords qu'à des lacs, c'est très joli, très escarpé, c'est beau y'a pas à dire. Sylvain a pu mettre des photos dans la galerie, donc vous avez des images du Mont Cenis. On s'arrangera pour toujours pouvoir vous en faire parvenir quelques unes si le problème ne se résout pas.

 

Lac de Garde et Venise.

 

VeniseLe lac de Garde prend son envol dans les montagnes enneigées puis vient s'étaler dans la plaine du Po. Entre le lac de Come et celui de Garde nous avons fait une belle étape de montagne, franchissant allègrement deux beaux cols. Les Italiens nous interpellent partout, à cause de nos vélos, c'est sympa. Depuis le lac de Garde où il y a moults parcs d'attraction, nous avons tiré à l'Est et suivi le cours de l'Adige, puis celui du canal de Gorzone. A Chioggia, nous avons pris le bateau, comment ca nous avons triché ? Surement pas, c'est pour éviter la dense circulation de Mestre. Nous sommes en camping sur l'ile de Lido et nous visitons Venise. Venise, eh oui, Venise, premier jour de repos. Le ciel est gris mais il ne pleut plus, après encore une nuit arrosée. Nous trouvons tout le nord de l'Italie vraiment chouette et il n' y a pas encore trop de monde, comme ça, en semaine. Et Venise y'a pas à dire, c'est beau. Ciao ciao. Bientôt quelques photos.

 

 

Venise , Slovénie

 

Bonjour,

Le pont du Rialto a VeniseL'Italie du nord nous laissera un super bon souvenir. Que ce soient les lacs majestueux et profonds comme des gouffres, tantôt enserrés dans les montagnes, tantôt s'étalant dans la vaste plaine, que ce soit les quelques villes que nous avons traversées, à l'architecture impressionnante, que ce soit Venise et son dédale de canaux, son labyrinthe de ruelles, ses gondoliers aux tee shirts rayés, qui à vrai dire nous ont laissé indifférents. Non, vraiment c est beau. Et les Vénitiens devaient vraiment avoir de florissantes affaires pour se permettre de bâtir une telle merveille. Un petit tour sur Murano nous a fait voir toutes les prouesses dont les verriers sont capables, impressionnants ! Nous avons toujours notre tendinite au bras gauche a force de faire signe, plutôt de répondre a ceux qui nous encouragent. C est super. Nous avons gueulé à tue tête dans tous les tunnels, il faut bien s extérioriser la moindre, ça résonne, il ne faut pas grand chose pour nous amuser. Pardonnez le manque d accent et d apostrophe mais les claviers commencent à être bien différents alors on fait ce qu on peut. Terminé la possibilité de se faire comprendre en ajoutant des i et des o au bout de chaque mot français, il va falloir sortir le lexique. L Adriatique est aussi belle que dans mon souvenir. Après Venise, nous avons rejoint Trieste en passant par Grado, puis avons franchi la frontière slovène hier. Nous avons dormi dans ce pays car la côte y est beaucoup moins urbanisée et c est beaucoup plus calme que l Italie. Ce matin au bout de trente bornes, nous sommes passés en Croatie. Terminées les journées plates et les étapes de plus de cent bornes, nous avons retrouvé des terrains très vallonnés mais on s en fout c est trop beau et on en prend plein les yeux. Nous sommes actuellement à Umag, en Istrie, côté Ouest, nous descendrons jusqu à Porec avant de traverser vers l Est. Vous savez tout. J ai pu enfin remettre quelques photos et je vais tenter de faire avancer le point bleu pour vous indiquer ou l on est.

Ciao ciao, la vie est belle, le soleil brille, la mer est bleue, les jambes tournent bien et on en profite.

 

 

Istrie, Cres, Lacs Plivitce, Velebit, Pag.

 

Bonjour,

Ici on dit Dobardan ! Le temps passe à une vitesse folle. Voici déjà bientôt un mois que nous sommes partis, que nous avons quitté sous une pluie bien épaisse nos montagnes jurassiennes. L Istrie tout d abord : c est cette pointe de la Croatie qui faisait partie de l Italie jusqu à la fin de la dernière guerre mondiale. Beaucoup de gens y parlent encore l Italien d ailleurs. La campagne est verte, très vallonnée, il y a des cultures, et des villages nichés dans les creux ou perches sur les collines. C est paisible. Nous avons un peu de mal à entrer vraiment en contact avec les gens, barrière de la langue et puis ils sont très plaisants, très agréables mais ne recherchent pas forcement le contact avec les étrangers ou les touristes, il faut dire qu à certains endroits ils sont peut être un peu blasés.

Après l Istrie, nous avons sauté sur un bateau à Brestova pour rejoindre l ile de Cres, que nous avons traversée dans son intégralité. Un seul mot : magnifique ! Des rivages découpés et sauvages vus d en haut à vitesse réduite, un bleu extraordinaire comme partout le long de ce pays, bref on en a pris plein les yeux même si ce fut une étape éprouvante car pédaler sur une ile ne signifie pas forcément que c est plat. De Cres, nous comptions rejoindre Zadar par un ferry mais il nous aurait fallu attendre trois jours donc changement de programme, nous sommes partis rejoindre l ile de Krk (oui vous avez bien lu, ici, il y a des noms sans voyelle !), d ou nous avons sauté sur le continent. Une première étape de montagne nous a permis de franchir la barrière du Velebit et d aller nous perdre dans l arrière pays très vallonné mais superbe, loin du tourisme, on y voit de toutes petites exploitations agricoles, quelques bêtes, un lopin de terre, des femmes en noir, aussi vieilles que leurs maisons de pierres. Par monts et par vaux, nous avons fini par arriver aux lacs Plivitce, une pure merveille de la nature : dix huit lacs aux eaux turquoises et d une limpidité dépassant l entendement se jettent les uns dans les autres, chacun étant séparé du suivant par une cascade en tuffe ou travertin, cette roche bien typique des terrains calcaires. Nous avons passé la journée à sillonner les pontons, les sentiers de ce parc national d autre part habité par les ours, les loups.... Encore un bijou, le tout dans un écrin de verdure au milieu des coassements des grenouilles et des cris des oiseaux, loin des foules des week-ends ou de Juillet Aout. Encore une superbe journée ! Puis notre route repassait la barrière du Velebit, nous sommes tout près de la frontière Bosniaque, les combats à ces endroits furent meurtriers et les tombes jalonnent notre route, c est déjà moins drôle, 92 ne fut pas une bonne année pour tous ces jeunes. Les bombes sont tombées, les tombes sont restées. Eglises bombardées, maisons abandonnées, les marques sont encore bien présentes, le conflit n est pas si vieux.

Lacs PlivitceNous avons franchi le Vélébit dans un brouillard à couper au couteau avant de plonger jusqu à la mer par une descente sensationnelle de 18 km sur un revêtement nickel et une pente nécessitant très peu l utilisation des freins, du pur bonheur, la côte se dessine petit a petit en contrebas, on voudrait que ça dure des heures, bonnes sensations. Et hop, ni une ni deux, nous avançons jusqu a fond de cale et arrivons par le bateau sur la presqu'ile de Pag, ou nous sommes actuellement. Cette presqu'ile est battue par les vents, dénudée, aucun arbre, du caillou, quelques éoliennes, et quelques villages niches au fond de criques abritées. C est austère, c est rude, comme le fromage d ici, c est âpre, mais qu est ce que c est beau !!!

Voila, nous sommes en pleine forme, tout va comme on veut et on en prend plein la vue tous les jours. La vie nous donne ce qu on attend d elle. Aucun soucis de matériel ni de rien. C est le pied et pourvu que ça dure !!!

Je viens de faire une bonne mise a jour, de nouvelles photos dans la galerie même si le tri est difficile a faire, quelques chiffres dans le budget et dans chiffre. Par contre aujourd'hui, impossible d avancer le point bleu de notre situation actuelle sur la carte mais est ce vraiment important ?

Dovidjenia !

 

Pag, Paklenica, Krka, Split, Korcula.

 

Le linge sur la corde a poulie : j adoreQuand les herbes sur leur longue tige frêle se penchent à n en plus finir vers toi, ce n est pas pour te faire des courbettes ni te tirer leur révérence, quand les branches des arbustes te tendent les bras, ce n est pas non plus pour t embrasser. C est tout simplement qu il y a un vent a décorner les cocus comme on dit et que tu ne l as pas dans le dos. Eh ben c est ça aussi les bords de mer !!! Pag : magnifique, du caillou blanc, du roc, paysage austère et rude que l on a finalement traversé sous un soleil accablant, mais heureusement le vent pour nous rafraîchir !!! Puis nous sommes passés entre les gouttes plusieurs jours, jouant de chance. Une journée de marche dans le parc national de Paklenica nous a rappelé que c est plus rapide de monter 700 m a pied qu en vélo !!! Puis l intérieur des terres nous manquait un peu, nous avons vu un grand nombre d anciens villages serbes complètement désertés, abandonnés, sur la carte un gros point, on s attend à un supermarché (retour aux choses terre a terre), mais sur place il n y a plus que des ruines, de la désolation, surtout par temps gris, c est assez triste mais il faut aussi voir ceci, ça fait partie de la Croatie, à part entière. Et puis à force d en prendre plein les yeux partout ailleurs, ça ramène à la réalité des choses, qui n ont pas toujours été gaies. Pourtant c est ici, dans ce coin que les gens nous ont invité à gouter leur production de vin blanc, ma foi plutôt bon. Les champs entiers de coquelicots et les jardins, les vignes, la caillasse, l arrière pays est beau, beau, beau, très vallonne aussi, terrible pour les jambes, des montagnes russes incessantes, des rampes qui se succèdent à un rythme effréné, heureusementSur Korcula maintenant les jambes sont entrainées a ce genre d effort. Démarrer doucement, continuer gentiment et terminer tranquillement, voici la devise pour ne pas se claquer. Les descentes des cols qui donnent directement sur la mer sont indescriptibles, des lacets, la mer turquoise en dessous et nous : vision panoramique avec l impression à chaque fois de plonger directement dans cette eau extraordinaire, sensationnel.

Split : gros port affreux, surtout sous la pluie, hideux. Seul le palais de Diocletien vaut le détour mais c est vrai que ça vaut vraiment le détour. Sibenik, Trogir, Primosten, autant de ports, autant de petites merveilles, autant d enchantement et c est toujours avec le même entrain que nous nous préparons le matin pour enfourcher nos bécanes et voir du pays. Nous voulions aller sur Hvar avant de rejoindre Korcula mais pas de correspondance entre les ferrys et nos envies donc pas de Hvar mais seulement Korcula, ou nous nous trouvons encore actuellement. J étais venue sur Korcula mais je n avais rien vu, il n y a pas de descriptif assez puissant, c est l émerveillement à chaque virage, et des virages il y en a et des bosses aussi. Des cyprès, des criques, des rades, des villages de maisons en pierres adossés aux collines en terrasses ...

Arrivee sur KorculaEt nos baignades dans tout ça ??? On se baigne quand on peut, il n y a pas beaucoup de plage et l eau est encore un peu juste mais on l a déjà goutée et sa limpidité fait qu on ne peut pas faire autrement que de se baquer a l occasion. Voila pour l essentiel, nous en sommes au 36 ème jour de voyage, on vient de partir et nous avons pourtant déjà vu tant de choses. Nous allons tranquillement nous diriger vers Dubrovnik et les bouches de Kotor, nous allons bientôt sortir de ce merveilleux pays croate qui ne nous aura vraiment pas déçus. Je n ai jamais vu Michel prendre autant de photos.

Au niveau physique, nous allons au train de nos organismes, nous nous adaptons à eux et non pas l inverse, pour ménager les machines mais ça va très bien, nous dormons bien et mangeons de même : il faut dire que pour le moment c est facile de se procurer les denrées qu on veut, nous veillons à manger équilibré, nous faisons attention a nous.

Voila, de nouvelles photos dans la galerie, une petite sélection parmi tant. Dans récréation Sylvain avait inséré une jolie vidéo qui date du départ : ah ben bravo !

Dovidjenja !

 

Dubrovnik, Monténégro, Albanie, Macédoine.

 

Pas évident de reprendre là où on s est arrêté car tant de choses se passent en dix jours ... Je me souviens encore qu en Croatie il y avait des odeurs le long de la route qui nous assaillaient, qui nous sautaient dans les narines. C était les odeurs des fleurs dans les talus, chauffées par le soleil, qui dégageaient tous leurs parfums. On s en est enivrés. La Croatie, dans sa partie sud est coupée sur une dizaine de kilomètres par un petit bout de Bosnie, nous avions pris un itinéraire moins chargé en trafic malheureusement le type à la Dubrovnikfrontière bosniaque n a jamais voulu nous laisser passer. Un détour de 55 bornes pour 5 à traverser ça fait beaucoup, il n y a pas eu moyen, ce n est pas un poste frontière international, demi tour. Mais le Croate ayant pitié de nous, nous a indiqué une piste en tout venant qui nous faisait couper par la montagne, et nous avons bien fait, le paysage vu d en haut était pure merveille et nous nous sommes faits presque plaisir dans les cailloux. En sortant de la Bosnie, juste devant les douaniers, j ai crevé, et ça les a fait ricaner, j ai pas trop apprécié, je crois qu ils l ont compris. Pas terrible ce court passage en Bosnie, plutôt lourdauds mais c était court, très court ... Et puis il y eu la visite de la Perle de l Adriatique Dubrovnik, toujours aussi belle entourée de ses remparts dominant le bleu turquoise de la mer en contrebas. Ce qui est bien ici c est qu on peut laisser nos vélos et aller visiter, ça ne craint pas, c est un confort. Dubrovnik et ses monuments connus, Dubrovnik et ses musées, Dubrovnik et ses églises, Dubrovnik et son stradum mais aussi Dubrovnik et ses venelles, ses petites rues, ses arrière-cours. Ca couronne notre passage en Croatie, c est la cerise sur le gâteau. Nous tournons une page.

En longeant les bouches de Kotor dans lesquelles nous avons bien pris garde de ne pas tomber, je me suis rendue compte que je flotte dans mon maillot de bain. Après réflexion je me dis que c est normal on met rarement ce type d équipement pour couler !!!... Sérieux on a séché à peine mais ça se voit tout juste. On se souviendra du Monténégro, le peu qu on en a vu comme d un pays très très montagneux, des cols nous faisant passer de la mer à la montagne en quelques kilomètres. Des gens sympathiques, des supermarchés qui ressemblent enfin à des épiceries. Le lac de Skader est très beau et les marais qui le bordent constituent un parc national avec un paysage assez unique qui ressemblerait presque à la baie d'Along. Dépaysant. Mais c est à ce moment que nous avons eu envie de visiter la citadelle de Besac comme le prouve la photo ci contre !!! Quelques kilomètres plus loin nous suons sur une route perchée a flan de coteau sous un soleil de plomb dans un univers de calcaire sans un arbre. Bonjour les contrastes, beau, très beau. Encore un peu plus loin c est une vallée verdoyante avec quelques villages et des cultures. Ca défile ...

Le passage en Albanie est encore une nouvelle page. Les mosquées font leur apparition même si les églises n ont pas disparu, c est assez partagé (60 % musulmans, 30 % catholiques, 10 % orthodoxes). Les routes sont une catastrophe, et nous descendons régulièrement de nos machines sous peine de tout casser, ce n est pas de la piste, c est de la route défoncée et c est bien pire, on s en accommodera. Par contre ce qui est génial c est le contact, on se croirait un peu déjà en Asie, des gens très chaleureux et d ailleurs quand on demande de l eau, ils nous invitent à manger et à dormir. Nous ne refusons pas. Nous apprenons, et nous constatons qu ils ont leur espèce de Loft Story a Bourgade en Albanieeux, ça s appelle Big Brother et nous avons assisté à la finale que personne des treize personnes qui vivaient sous ce toit n aurait voulu rater pour rien au monde ... C est là que nous voyons aussi les infos en français s il vous plait, parce que quand ils invitent on peut vous dire qu ils sont aux petits soins, c est fou, dans les moindres détails, on en devient le temps d une soirée des vrais coqs en pâte. Le long de la route, c est la folie aussi, ici personne ne roule en vélo, ils ne voient que peu de voyageurs, à part peut être sur la côte qui est un peu plus touristique, et notre tendinite bras gauche ne s arrange pas !!! Nous rencontrons énormément de dangers sur les routes depuis le Monténégro, des serpents a gogo, nous avons peur de faire du snake slide, et des tortues nous barrent parfois la route. Je ne parle pas des gros lézards verts qui me font à chaque fois sursauter quand ils font du bruit dans les talus ...

 

 

 

Continuant notre périple, nous avons avec joie retrouvé des routes dignes de ce nom en passant la frontière macédonienne. C est un pays plus connu pour ses troubles qu autre chose, nous y sommes en parfaite sécurité, on peut laisser nos affaires, rien ne bouge ni ne disparait, les gens, les gosses regardent mais ne touchent pas. Nous trouvons que ces gens ont énormément de respect, il n y a pas de moquerie dans leur attitude, ils sont là pour nous rendre service dès que nous avons une hésitation, ils nous invitent pour boire un coup, et à dormir aussi, ils ont la banane d une oreille à l autre et les ouvriers le long des routes nous acclament, on nous a même fait des haies d honneur spontanées et improvisées, ce restera dans les mémoires. Quand t es a 5 à l'heure parce que depuis 12 bornes c'est à 9 %, ça te mets un de ces coups de baume au coeur !!! C est du bonheur a chaque fois. La Macédoine n'est pas plate, elle est coupée par plusieurs chaines de montagnes que nous gravissons les unes après les autres. Entre ces montagnes il y a des larges vallées très fertiles etFamille de Macedoine donc des cultures. Ce matin, nous nous sommes faits réveiller par un petit tracteur qui avait emprunté le chemin au milieu duquel nous avions planté la tente, il était 5 h30. On est sortis en catastrophe mais tout ce qu ils ont trouve de mieux à faire c est de nous donner des pêches, de celles qu ils sont venus cueillir dans leur verger, et avec le sourire. Les hommes proposent toujours une clope à Michel. Le camping sauvage ne pose aucun problème, nous nous débrouillons pour nous mettre parfois sous un cerisier .....

En Macédoine, tout le monde ou presque est de confession musulmane, nous avons eu l occasion d entendre parfois les appels du muezzin du haut de son minaret mais ils ne sont pas fervents, il y a aussi des monastères. Il n y a rien de particulier à voir ou à faire ici mais nous nous y sentons bien, c est agréable, le climat est doux. Nous traversons une période au niveau météo ou chaque jour ou presque il y a de gros orages mais comme nous avons toujours le cul bordé de nouilles comme on dit chez nous, on réussit a ne pas se faire mouiller, jusqu à quand ?

Les gamins doivent ici apprendre à lire et à écrire dans les deux alphabets latin et cyrillique. Sur les panneaux indicateurs le long des routes, il y a les deux, ça nous arrange ... J ai été il est vrai surprise par le niveau d anglais qu ont certains gamins d une dizaine d années en Albanie et ici en Macédoine. Ils parlent pratiquement couramment. No comment. C est agréable pour nous, ils sont très ouverts et viennent nousPaysage de Macedoine poser plein de questions et nous nous plions avec joie à leur demande de démonstration sur nos vélos. C est extra.

Voila pour l essentiel, nous allons sortir de ce pays presque avec regret tellement les gens sont gentils et agréables demain ou le jour suivant, suivant les orages, et nous passerons en Bulgarie, nous sommes en fait à égale distance de la Grèce et de la Bulgarie, à Strumica, petite bourgade sans aucun intérêt. Je vais tenter de mettre le point bleu à jour, je ne promets rien.

De nouvelles photos dans la galerie et des nouveaux chiffres et le budget sont à jour. Nous avons passé les 3350 km, tout va bien, 48 ou 49 jours de voyage, et toujours l euphorie ! Il y aurait dix fois plus à raconter. Comme dans les images il faut faire le tri et c est un peu la spontanéité et l inspiration du moment qui fait son choix.

Ciao ciao.

 

 

 

Bulgarie, Pirin, Rhodopes, Plovdiv.

 

Bavardages a Bansko

Bonjour a vous. Encore une frontière de passée, et hop ! Nous sommes entrés dans ce pays par le sud et déjà premier constat : pas tout à fait la même ambiance, pas les mêmes sourires. Les gens sont serviables et agréables et nous accompagnent parfois jusqu au supermarché ou là où nous voulons aller au lieu de se perdre en explications que nous avons bien du mal a comprendre, mais complètement indifférents , d un côté ça nous repose. Par contre on peut se poser n importe ou pour camper il n y a jamais de soucis et ça ne craint absolument pas, c est plutôt cool.

Dans la partie sud de ce pays on sent et on en a eu la confirmation de vieilles histoires entre communautés orthodoxe et musulmane, l histoire est là, il y a de la haine entre eux, assez vivace, et même s ils ne s entretuent pas, il ne faudrait pas une trop forte étincelle pour que les Balkans fassent la une des journaux. Ceci dit nous n avons aucun problème et il est intéressant de savoir un peu justement ce qui s est passe et ce qui se passe encore dans cette région où on croise tantôt des églises et tantôt des mosquées.

Le massif du Pirin était encore bien enneigé et nous ne nous y sommes pas vraiment attardés, nous rendant assez vite dans les Rhodopes que par contre nous avons sillonné de long en large en travers. Il faut dire que les Rhodopes allez avouons le ressemblent tellement au Jura, avec des orages, de la pluie, des prairies très vertes, des forêts d épicéas, des gorges, des petits villages. On a beaucoup aimé. C est plus vaste et moins habité que le Jura, c est plus sauvage et moins accessible, qu est ce que c était beau !

Et puis il y a des fontaines d eau fraiche partout le long des routes et les gens s arrêtent remplir des bouteilles, l eau y est toujours potable, parfois nous y faisons une petite lessive, on s y est même lavé les cheveux. Dans les montagnes nous avons encore eu pas mal de pluie et notamment des gros orages qui ont parfois bien freiné notre progression mais il parait qu on a le temps .....

Redescendant dans la plaine nous avons vu hier la ville de Plovdiv, ancienne capitale, ou se mêlent au centre, des ruines romaines et des bâtiments plutôt et même carrément art déco. C est a voir, ça donne une certaine ambiance, un amphi à côté d un bâtiment rouge ou violet entre deux colonnes romaines ... Nous nous dirigeons sur le massif du Rila.

A chaque frontière que l on passe et on en a passé quelques unes en un mois, à chaque fois il faut s adapter très vite, à la monnaie, aux routes, à la signalisation quand il y en a, aux mentalités et comportements, à la conduite, aux formules usuelles et tout ça tout ça. On pourrait croire qu à force de ne faire presque que pédaler on a le cerveau qui ramollit, eh bien même pas, au contraire, avec tout ce qu il faut comprendre et intégrer a chaque fois c est plutôt prenant et très enrichissant d ailleurs. Jusqu'à la frontière bulgare nous étions toujours à la même heure qu en France mais comme nous sommes quand même très à l est, le soleil se levait très tôt, a 4 h 30, il faisait grand jour et le soir à 20 h 30 on avait besoin des frontales. Maintenant nous avons une heure de décalage.

Au niveau de l organisation de nos journées voici un peu comment ça se passe : en général nous nous levons assez tôt, avec le jour ou un peu après. Petit déjeuner copieux : lait, pain, nutella et fromage. Eh ! C est qu on pédale quand même ! Nous enfourchons nos bolides entre 8 et 9 heures et roulons, visitons, faisons les courses pour les trois prochains repas en cours de route, parfois nous posons en milieu de journée s il fait très chaud, pour se baigner ou aller mettre à jour le site !!! Entre 16 et 17 heures nous prenons de l eau dans les poches à eau et la douche, puis nous trouvons un endroit tranquille pour nous poser. Ensuite c est douche, prise de notes, dessin parfois pour Michel, petites bricoles, éventuellement lessive ou mécanique, puis repas, lecture, musique et dodo vers 21 ou 22 heures. Toute la journée pour faire 70 a 100 bornes ça laisse énormément de temps pour flâner et voir et s arrêter en cours de route. En général on roule entre 3 h 30 et 5 h par jour, le reste c est du tourisme et des arrêts.

Suivant les vallées et suivant les endroits dans ce pays, les moyens de culture ne sont pas les mêmes. A certains endroits il n y a que des tracteurs tandis qu à d autres encore uniquement des carrioles tirées par des chevaux ou des bourricots. Les prix ont beaucoup monté depuis qu ils sont dans l Europe, notamment les logements, l alimentation, le carburant, bref tous ce dont un ménage ne peut guère se passer, on connait le schéma. L essence est aussi chère qu en France et ce n est pas peu dire je crois !!!

Sur la route, ça ne se passe pas mal du tout. On appréhendait un peu la conduite anarchique des Bulgares parfois bourrés en plus mais franchement on ne se plaint pas, ils s écartent et sont corrects et puis nous aussi on arrive bien à prendre les sens interdits et les feux rouges. Il faut avoir les yeux partout en même temps mais comme tout le monde fait pareil eh bien il faut y aller et se jeter dedans, une hésitation peut être plus dangereuse qu une manoeuvre un peu osée. Bon on ne se débrouille pas trop mal à ce jeu. On na encore jamais vu d accrochage, c est la foire mais c est fluide et ça passe. Ca va être difficile de se remettre à la discipline de la France en rentrant. Ceci dit on ne prend pas de risque non plus et quand ça devient vraiment trop crénioce on se met à pied sur le trottoir. Les routes sont défoncées pour les autos mais ce n est pas l Albanie et pour nous c est très acceptable.

Voila voila, je tente de transférer des photos dans la galerie mais échoue alors je retente une fois, sinon, ce sera pour dans quelques jours, désolée !!!! Et idem dans cet article alors pas de prise de tête, j arrête et on verra ça une autre fois. Encore une chose : ça y est la vidéo du bêtisier du jour de départ est en ligne, il faut aller dans récréation et dans vidéos, ça vaut presque le coup !!!

Ciao.

 

Bulgarie, Sofia, Balkans, Veliko Tarnovo.

 

Après la grosse période d orages violents qu on a eu , on a presque pensé aller en Grèce et puis on s est dit que toute l année on la combat avec ferveur à coup de lait écrémé et de yaourt 0%, alors qu on n allait pas aller se jeter dedans comme ça ! Non pas possible ! On est restés en Bulgarie.

Il y a quelque chose de très déstabilisant chez les Bulgares : c est leur façon de dire oui en hochant fortement la tête non pas de haut en bas mais de droite a gauche. C était marqué dans notre guide, on était prévenus mais il n y a rien a faire quand on demande une direction et que le type sans desserrer les dents ni ne rien exprimer fait juste que tourner la tête on a du mal à interprèter. Certains le savent alors ils font l effort de hocher de haut en bas et on ne sait plus. Nos conversations de rue se basent évidemment beaucoup sur le visuel, les gestes, les yeux et c est franchement assez marrant. D autres, qui savent aussi leur différence, appuient avec un DA bien sonore, au moins on sait dans ce cas à quoi s en tenir. Je ne sais pas s il y a d autres peuples dans le même cas mais avouons que c est une sacrée particularité.

Sofia, eglise Vassil Netvski, le Che Guevara BulgareSofia, Sofia. Sofia, on nous avait dit : n y allez pas ! C est pollué, c est sale, c est plein de mendiants, et en vélo c est l horreur , il y a le grand boulevard, ils roulent comme des tabanés, ils grillent les feux. Bref on nous prévoyait l enfer ! On y est allés ! On est entrés par la voie réservée aux bus, a 35 km/h, comme des fleurs jusqu au centre ou l on s est fait mitraillés devant la cathédrale immense, énorme. Puis on a vu ce qu il y avait à voir, c est vrai que c est vite fait mais ça vaut le coup d'oeil quand même. Quelques églises encore et quelques mosquées. Des vieux monuments au milieu d autres très récents, baies vitrées, j adore ce mélange. Comme les types au volant de la bagnole dernier cri avec la musique a donf qui passent au milieu des charrettes attelées, j'adore j'adore ces contrastes fulgurants. Bon, vous l avez compris, à Sofia on s est fait plaisir et on est bien contents d y être allés. On est ressortis comme on était entrés, comme des fleurs, démentant tous ces ont dits. Personne ne grille les feux rouges, on respire bien et les mendiants on n en a vu qu un.

Puis on a attaqué les Balkans, les vrais, les Balkans centraux, la chaine de montagnes qui sépare en deux la Bulgarie, avec ses cols et leur monument toujours a la gloire du retour de la Bulgarie quand ils ont mis les Turcs dehors grâce il faut l avouer aux Russes, bref des monuments en haut des cols. Et on les voit depuis les fonds de vallée ils sont bien placés, tu les a en point de mire pendant quarante bornes sous la chaleur accablante. Je ne sais pas si les dizaines voire centaines de mouches qui nous tournent autour quand on est scotchés sur la route les voient aussi .... Mouches tiques et moustiques font la joie et le bonheur du pédaleur et du campeur en Bulgarie. Bon on ne se plaint pas, les tiques on n en a encore pas chopé et contre les moustiques on a ce qu il faut. A priori les mouches ne piquent pas et puis de toutes façons on les sème dans les descentes .... OUaouh, les descentes !!!!! Calore, calore au menu, on sue des litres mais même le matin tôt il fait très vite chaud, on gère, on boit. D ailleurs en parlant de boire, il y a des jours ou Les Balkansavant de s arrêter, on prend une bonne grosse bière dans un boui boui au bord de la route, ça nous met dans un état ... quand on remonte sur le vélo on se sait plus conduire et les jambes sont dans un tel état de coton qu on se retrouve a 6 à l heure sur le plat. Heureusement ça ne dure jamais longtemps car c est juste avant de se poser et qu est ce que c est bon.

Se poser ! Parlons en ! Tout un poème ! Petite description de l endroit idéal : pas trop près de la route pour ne pas entendre le bruit. Pas trop loin de la route pour ne pas trop rallonger, déjà qu on en a assez fait aujour'hui. Pas vu, tréès discrets, histoire de pas avoir d enquiquinements bien que les gens nous foutent la paix. De l ombre ! Eh oui, de l ombre, impératif. Et de l herbe rase par ce que dans l herbe haute il y a plein d insectes et peut être des tiques et que l herbe haute c est bourré de moustiques. Donc herbe rase. Le soleil levant le matin on a abandonné, il fait trop chaud. Et le soir on met de l eau froide dans la soupe sinon ça nous refait transpirer après la douche.

Bon on s est fait plaisir dans les Balkans avec ces beaux cols. Par la il y a la vallée des roses. J en avais rêver de la vallée des roses, je m étais fait mon petit film, et des odeurs et l alternance de champs de blé et de roses et de lavande. On on avait été prévenus, heureusement : les roses à cette époque c est terminé, Eglise orthodoxe de Chipkaalors il reste un peu de lavande eh con ! Et c est tout. Bon pas grave on a vu la magnifique et le mot est faible, cathédrale de Chipka, voyez la galerie. C était juste avant d attaquer notre dernier grand col avant longtemps, sous le cagnard. Ce col on l a avalé comme des fous, 14 bornes, 700 m de dénivelée, 1 h 16 et 1 h 32. Je ne dirai pas qui était devant pour ne pas ridiculiser Michel qui, il est vrai, traine la bouffe dans ses bagages ..... On a une patate d enfer ...

Ce matin, on l a redescendu de l autre côté, 15 bornes de pur bonheur.... Veliko Tarnovo au bout d une étape de 65 bornes faite en 2 h 30. On s est trouvé une chambre, pour laver avec une machine tout notre linge et repartir tout propre. Veliko Tarnovo sur la rivière Yantra, Veliko Tarnovo, ancienne capitale et ville des tsars, avec des murailles, des églises en pagaille et cette rivière qui, pire qu à Besançon, boucle et reboucle autour de la ville.

Nous continuerons ensuite en direction de la mer Noire, histoire d aller faire trempette un peu.

Vous avez compris, tout va bien, juste un problème de carte bancaire qui ne fonctionne pas, on en avait deux. Notre banque n a pas l air de bouger plus que ça, va falloir les faire remuer, c est comme toujours : pour vendre ils sont forts mais quand il y a problème, y a plus personne. Ca met un peu en colère même si notre situation ne s en trouve pas méchamment menacée.

Bon eh bien a la prochaine, amusez vous bien !!! Vous allez bientôt être en vacances vous ?????

 

Bulgarie, mouches, chaleur et mer noire.

 

Bonjour à vous. Suite au dernier article, nous vous prions de bien croire que la photo n a pas été prise dans la combe sous le crêt de Chalam à la Pesse (Massif Jura), comme certains l ont cru mais bien en Bulgarie !!! Non, nous n avons pas fait 4500 bornes pour aller à la Pesse ! La dernière fois, nous étions à Veliko Tarnovo, de là, nous avons rejoint assez directement la mer noire avec quelques envies de baignade qui n ont fait qu augmenter en cours de route. La route, parlons en ! Toute droite, toute noire, pas un arbre pour faire de l ombre et le petit air il n est pas frais, il te brule le visage et t assèche les lèvres. Tu bois tes 6 litres d eau par jour et tu as soif. La route tu la vois rebondir de collines en collines, à des kilomètres devant, noire, pour bien te renvoyer sa chaleur encore, et le camion, tu le vois encore, ça fait déjà cinq minutes qu il t a doublé et tu le vois sur la colline après la prochaine. A côté de la route, il y a des champs de tournesols à en devenir fous.

Ils sont la juste pour te regarder passer,

ils ont pris leur petit air penché,

tu sais pas si c est compassion ou pitié.

Ils sont tous tournés du même côté,

ont l air autant que toi par la chaleur accablés,

mais eux ne sont pas en train de pédaler

Sont plantés là bien droits sur leur pied

Et n ont pas la chance de voyager....

Et toi voilà, tu gamberges, tu te fais des petits poèmes a la con, pendant que tu fais ça tu ne vois pas le temps ni les kilomètres passer, ça n occupe pas bien longtemps mais c est toujours ça, ça t occupe l esprit, ça te change les idées.

On voulais se poser juste avant Varna alors on avait repéré le bras de mer qui s enfonce loin dans les terres en se disant que ce serait sympa pour camper de trouver un endroit par là. Quand on y a été, dans cet endroit on s est rendu compte que ce bras de mer est en quelque sorte l immense dépotoire d une non moins immense zone industrielle avec notamment des usines chimiques, entre autres Solvay qui a elle seule occupe des hectares et des hectares. Il faut oublier la baignade et le petit coin, nous nous poserons sur une colline, dans les vignes en espérant qu elles ne soient pas radioactives de trop. Il y a des journées comme ça ou on pédale et c est dur, mais en pensant à l endroit de rêve ou l on va camper et puis tout s écroule, la réalité est d un lugubre, c est comme ça, on en rit. Ce soir la j ai pris Michel dans les vignes avec pour seule tenue ... une feuille de vigne. La photo n apparait pas sur le site mais j ai la preuve qu Adam était un cycliste car il a les mêmes marques de bronzage. Il y a aussi les soirs ou l on n attend rien de particulier et on se fait inviter à piquer une tête dans une piscine vers la villa au bord d un lac dans un écrin de verdure. Comme quoi, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Revenons a nos moutons. Tout le long de ce bras de mer, tout le long, usine après usine. Dans la nuit il a fait de l orage, le lendemain matin le ciel est gris, c est d un triste !!! Pourtant c est un grand jour.

Nous sommes le 29 Juin, nous arrivons à Varna au bord de la mer Noire, ce qui signifie que nous ne sommes pas loin, quelque part d avoir un peu traversé l Europe, c est déjà quelque chose, eh bien juste au moment ou l on a vu la mer noire devant nos yeux, juste par dessus la piscine municipale ou se déroule une compétition d ailleurs, juste a ce moment là, le compteur totalisateur m annonce 5000 km, tout rond. Et c est pas beau ça ????? C est le hasard qu a fait ça. Varna, pas grand chose à voir à part la cathédrale, comme d habitude, et nous filons sur la plage, entre temps le ciel s est éclairci et nous allons pouvoir faire trempette.

Les gens qui vont a la plage arrivent avec leur petit parasol, leur tapis de sol, leur cabas, leur ballon, leur môme et tout un matériel de plage justement. Ils vont se mettre en bordure de mer. Nous on craint un peu le soleil on n a pas de parasol. Il y en a bien des centaines d alignés mais payer pour se mettre à l ombre, et puis il n y a personne sous leur machins, alors on se met tout en arrière de la plage et on déplie notre bâche, on a de la place vu qu elle fait 4 m par 5. Mais non, on ne déplie pas tout, juste pouvoir s allonger. En tous cas notre bâche elle nous est utile au moins une fois par jour, elle sert de tapis de sol toutes les nuits sous la tente, et de tapis de plage, et pour s abriter de la pluie, du soleil, bref si on n en avait pas ça nous manquerait. Voila, les Courtet à la plage c est à l ombre sur une bâche !!! L eau est bonne, je repense quand même un peu à ces usines un peu plus loin et fais attention de ne pas boire la tasse et puis on écrit 5000 sur le sable et on prend une photo !

Voici venue l heure de repartir et sortir de Varna n est pas très simple. D abord il y a ce bras de mer à traverser par un long pont à 4 voies ou ça roule bien assez fort et au bout de ce pont on s embarque directement sur l autoroute. Michel n a pas vu la possibilité de sortir et le voilà parti plein pot sur la voie d arrêt d urgence qui rapidement disparait pour laisser place à une troisième voie montante, oui parce que ça monte toujours dans ces cas là évidement. La circulation heureusement est très clairsemée et on ne se fait même pas klaxonner, ça dure huit kilomètres..... de montée, scotchés à 13 à l heure sous le soleil qui tue. Et moi j ai faillit tuer Michel en arrivant en haut, de colère ! Et mon papa m avait bien dit de faire très attention à ne pas nous embarquer sur des voies rapides ou autoroutes, et j y ai pensé tout le long. On avait déjà fait trois kilomètres comme ça à Trieste mais là bas ça roulait beaucoup plus et c était chaud.

Bon il n y a pas que ça, il y a aussi des petits villages avec leur supermarché de 8 mètres carré, mais où on trouve presque tout, et la vendeuse a parfois l air d une star hollywoodienne qui attend son heure de gloire sur ses talons hauts et sa mini robe beaucoup trop bien remplie. Elle s évente avec un éventail (ben oui), très stylé et sirote un sirop (ben oui), avec une paille, et elle attend, et je me dis que le temps doit s écouler parfois beaucoup trop lentement dans ces villages paumés, morts aux heures chaudes de la journée. Ne passent que des carrioles et des motos d une autre époque, celle du communisme.

La mer noire. La mer noire. La mer noire on l a suivie pendant quelques kilomètres, s'arrêtant dans les villages typiques surtout touristiques de plus que ça y est la saison a débuté, les français ont débarqué, entre autres, et on les reconnait tout de suite. Et les échoppes de souvenirs attrape nigauds à deux balles, objets de pacotille qu ont trouve exotiques parce qu on est en Bulgarie et qui finiront en ramasse poussière sur le coin du meuble de salle à manger avant de partir un jour à la casse. Nous ne sommes pas tentés et en plus nous n avons pas de place, et puis franchement ..., non mais franchement !!

Là on se prend quelques journées bien bien cools. On roule le matin entre 8 et 12 ou 13 heures, ça fait une étape, et on va faire les lézards sur la mer noire turquoise, c est une nouvelle couleur. L eau je l ai dit y est bonne, les plages sont de sable et très propres, avec des poubelles tous les vingt mètres, qui sont utilisées et vidées régulièrement. C est propre et les gens sont respectueux les uns des autres je trouve, il y a une ambiance bon enfant qui n est ma foi pas désagréable. Autre chose : en marchant sur la plage on voit des paires de godasses, sandales ou Nike et une sacoche ou sac à main posés dessus, sans rien d autre, et personne. Nous l aurons remarqué tout au long de notre passage dans ce pays, il n y a pas de vol, ça ne craint pas et c est super. Donc on en profite pour se reposer et flemmarder, ce qui nous fait du bien.

Hier soir à force de rester sur la plage, le tenancier d une espèce de bar nous a proposé de dormir dans son truc, si on voulait, à la belle. On avait repéré un endroit ailleurs mais pourquoi pas, on sera quitte de déplier la tente. On a dormi là, et constaté que sur la côte de la mer noire il y a des boites de nuits très bruyantes tous les cinq cents mètres, il y a de la vie nocturne à foison. Ce matin c est une équipe de gens vêtus de kimonos qui nous ont réveillés, ils étaient alignés et faisaient des grands gestes sur le sable en poussant des cris tonitruants.

Aujourd'hui on a attaqué l intérieur des terres pour rejoindre la Turquie par Malko Tarnovo. Nous sommes a Malko Tarnovo et n irons pas plus loin pour le moment, chaleur lourde a tomber. Et les mouches, le retour en force des mouches. Vous ne pouvez pas vous imaginer mais essayez quand même. Cent mouches de petites tailles, entre la vraie mouche et le moucheron, qui tournent autour de chaque poignée du guidon, deux cents autres mouches de chaque côté de vos jambes, autant autour des avant bras, et le reste ( ce qui fait beaucoup), qui s occupe de votre visage, qui cherchent l humidité, qui se fourrent en priorité dans le nez, la bouche, les oreilles , les yeux. Elles passent sous les lunettes et viennent entre les yeux et les carreaux, c est tuant, c est insupportable, et c est bien sûr quand on est scotchés dans les côtes, alors ça dure. Quand tu inspires, tu les aspires, tu t égosilles à les avaler, et pendant ce temps d autres se sont fourrées dans les narines. Il y a de quoi péter un câble. Nous avons fini par faire une adaptation, j ai sorti mon linge de toilette et quand elles arrivent et commencent à se coller, je le mets sur mon casque et qui déborde un peu sur mon visage et j ôte mes lunettes de soleil, du coup elles sont moins attirées, je ne sais pas mais ça redevient supportable, je n ai pas dit agréable pour autant. Michel, quand à lui, dans son embout de poignée, là où moi j ai ma manette de vitesse, lui a un trou, et y a planté une branche bien feuillue, bien fournie, qu il a ainsi sous la main et agite de temps en temps, enfin, presque tout le temps ! C était l épisode mouche.

Alors c est vrai que les nouvelles d'aujourd'hui sont peut être moins drôles et moins optimistes que les précédentes mais c est la réalité et puis ce n est pas pour ça que ça ne va pas. On passera en Turquie demain matin, c est cool. Une fois de plus, je n arrive pas à mettre des photos dans la galerie, dommage, il va vous falloir attendre la prochaine connexion. De même que je suis obligée de demander encore a Sylvain d intégrer celles de cet article.

Allez ciao ciao.

 

 

Thrace

 

Trace de quoi ? De transpiration sur le maillot ! La plaine de Thrace est la partie européenne de la Turquie. La frontière est passée en deux temps trois mouvements et c est important car c est là que nous avons les premiers contacts avec les habitants du pays et même si ce sont les policiers et les douaniers c est une première idée. Bref on les a trouvé super sympas. La frontière se situe dans les montagnes et nous avons encore sué pour l atteindre. De l autre côté une descente en travaux tout le long : la rage, pas pu en profiter !! Puis de nouveau la plaine et les champs de tournesols, ce que nous avions vu en Bulgarie n était qu un échantillon. Heureusement pour nous jusqu à Edirne nous avons eu le vent dans le dos : cool, enfin. Nous nous attendions à des chauffards, tout le monde le disait mais encore une fois on trouve qu il y avait bien pire en Italie. A Edirne, nous arrivons par hasard au centre ville au moment de la cérémonie d ouverture du festival de lutte traditionnelle. Il y a des fifres et des tambourins, du bruit et de la vie. Déjà le long de la route nous avions remarqué une grosse différence entre Bulgares et Turcs et ceci va en s accentuant encore. Icı ca bouge, c est vivant, on retrouve les séries de pouce en l air et les encouragements. A Edırne il y a une des plus importantes mosquée du pays, je sais, encore des bâtiments religieux. Mais il y a une telle architecture qu on ne peut pas s empêcher de rester bouche bée devant ces joyaux. Des coupoles gigantesques, des fresques en mosaïques magnifiques, des tapis doux et sans un pli, bref quelque part une certaine perfection. Et le rituel qui va avec. Lavage des pieds à la fontaine dans la cour centrale. Nous femmes et touristes sans foi ni loi avons accès à l intérieur, il faut juste mettre quelque chose sur les cheveux et une grande tunique qui est fournie à l entrée. De plus souvent l entrée est gratuite. Dans l après midi nous nous sommes rendus au stade avec nos vélos pour assister a la lutte. Comme c'était le début du festival c était les enfants, trop marrants, teigneux pour certains et jenfoutistes pour les autres. En fait ils s enduisent complétement d huile comme sur la photo et du coup les prises sont difficiles. En sortant nous avons encore du poser pour un journaliste. Puis nous avons repris la route entre les tournesols .....

La plaine de Tharce n est pas plate, sur cent bornes on arrive à faire plus de 1000 m de dénivelée positive, que des petites bosses, les unes derrière les autres, bien tuantes, à chaque fois on repasse le petit plateau même avec le vent dans le dos, de plus le revêtement est très irrégulier et qu est ce qu on est bien sur nos vélos couchés au lieu de se taper le derrière sur une inconfortable selle ..... Ah au fait ! quelque chose à quoi nous pensions depuis un moment, nous n en avions encore pas eu : du goudron qui fond. Là on laisse des plumes parce que ça fait de l adhérence et laisser des plumes dans le goudron c est pas top !! C était pas long et heureusement, impossible à éviter en passant sur le bord, dur.

Les gens sont supers, les indications au bord des routes beaucoup moins. Pour arriver à Istambul nous avons décider d aller d abord au nord du détroit du Bosphore et de le longer jusqu à Sariyer, banlieue nord. C'est que Istambul c'est 26 millions d'habitants avec la banlieue alors entrer et circuler là dedans nous effraie quelque peu, à tort probablement mais restons prudents et joignons l utile à l agréable. Nous n avons jamais trouvé la route pour aller au bord de la mer noire et nous sommes retrouvés à l intérieur des terres. De là avons du refaire une série de belles rampes pour rejoindre le bord du Bosphore mais malheureusement pas depuis le haut. Pas grave, nous sommes au terminus du bateau bus qui descend jusqu au centre d'Istambul, de Constantinople, mieux : de BYZANCE. L employé me fait faire une démonstration de vélo couché sur le débarcadère et nous nous changeons dans son bureau. İl ira jusqu à nous proposer d aller nous doucher dans sa maison qui est tout près mais nous préférons aller manger un bon poisson dans un petit resto le long du détroit et flâner en attendant le bateau. Les vélos sont sous bonne garde de l employé, toujours le même !!! Une bonne bière et voici Michel qui a une pensée émue pour son père Louis, qui, il y a 63 ans en arrière, traversait lui aussi le Bosphore, pour rentrer de la guerre, de la Prusse orientale. La descente du Bosphore, en passant sous les deux ponts routiers immenses et la prise de conscience de la dimension de cette ville nous a laissé songeurs. C est démentiel.

Nous sommes à Istambul et c est vraiment Byzance alors j arrête là pour cette fois ci, de toutes façons je n arrive toujours pas à mettre de photos dans la galerie, vous en aurez la prochaine fois dans le blog. İstambul : le lien entre l Europe et l Asie. Notre arrivée le long du Bosphore fut un moment chargé d émotions, nous sommes en Asie, nous avons atteint l'Asie en vélo, ça y est, et quelque part ce n est pas rien.

Allez il y a tant de choses à découvrir ici que je suis obligée d abréger. Nous logeons à deux pas de la mosquée bleue et de celle de Sainte Sophie et au petit déjeuner sur la terrasse sur le toit comme c est la coutume ici, nous avons la mer de Marmara devant les yeux. Alors ? Elle est pas belle la vie ??? Hein ???

 

Istanbul

 

Istanbul. On disait dans le précédent message que ça y est : on y est. Istanbul, la porte de l Asie. Même si notre voyage pour une raison quelconque devait s arrêter là, ce serait déjà une pleine satisfaction. L arrivée au détroit du Bosphore, le bateau qui traverse cette bande entre Europe et Asie. La ville pendant des kilomètres avant d arriver à la ville proprement dite. C est énorme, énorme !! Les deux ponts, la cité, les voitures de chaque coté qu on distingue très bien : le détroit est étroit. L arrivée au coeur de cette mégapole, poussant nos vélos sur le trottoir de 10 mètres de large avant de nous lancer sur le boulevard. Les klaxons amicaux et les pouces en l air. İl y a de l euphorie à revendre. Les voitures s écartent bien même si nous serrons un peu les fesses, pour rien ! Sur toutes les collines de la ville, partout, des mosquées imposantes aux minarets élancés tendus vers le ciel. İl y a des mille et une nuits là dedans. Nous sommes dans le coup, très vite, pas le choix. A part nos petites affaires, lessive, hébergement etc... Istanbul est a nous. Les yeux grands ouverts, nous sillonnons ruelles et bazars gigantesques. Aux bazar des épices, nul besoin de plan, on y va au nez, tellement ça sent bon. On y trouve de tout dans les bazars, de la robe de mariée a la robe de danse du ventre aux balais à la pince facom, aux tuyaux de douche, à la canne à pêche, aux vestes en cuir, aux faïences, à la vaisselle, aux casseroles, papeteries, bars et restaurants, mosquées et postes de police. J en passe et des meilleures, le tout sous un bazar couvert aux voutes ottomanes superbes et aux travées d époque, il faut lever le nez. C est l effervescence et la nonchalance en même temps, ça grouille dans le calme ! Pareils dans les quartiers : un pour les outils, un pour les casseroles, un pour les fournitures de bureau, on peut aller loin comme ça. Mais chaque quartier est à peu près gros comme mon village, quartier des appareils photos, quartier de l alimentaire. İl y a de la couleur à profusion, on flâne et on se laisse emmener par le courant, par les odeurs, par le ressenti et les sensations , on se perd et on se retrouve à la citerne basilique : un immense réservoir qui pourrait contenir une cathédrale mais qui contenait de l eau. Un plafond énorme soutenu par 360 piliers de marbre dont certains ont des méduses à leur base avec tête à l envers ou sur le côté pour conjurer le sort. Magique !! Sortis de la fraicheur de cette salle souterraine, nous nous rendons à Sainte Sophie ou à la mosquée Bleue : des joyaux. On comprend pourquoi il y a la queue. İl faut le voir pour le croire. Après cette partie historique et culturelle nous traversons le pont du Galata qui relie le quartier de la Corne d Or au reste de l Europe. Des dizaines de pêcheurs laissent pendre leur ligne dans l eau propre et bien bleue du Bosphore tandis que des joueurs de bridge, attablés à l étage inférieur fument tranquillement le narguilé , ces pipes a eau, objets de toute beauté. Le geste a une certaine élégance. Tour de Galata et quartier Galatasaray : la nouvelle ville. Le drapeau rouge et jaune nous rappelle les couleurs de ce célèbre club de foot. La ville nouvelle et notamment l artère qui la traverse, piétonne. pullule de monde et de boutiques. İcı ou la on devine une église, oui une église cachée derrière des centaines de boutiques, de cours et d arrières cours. C est la rue marchande sur laquelle paradoxalement circule je pense le plus vieux tramway de cette ville. Excellent. A certains endroits de la vieille ville on voit déboucher à toute allure un tram aux allures de TGV. Les petits métiers, cireurs de chaussures et autres font leurs affaires tandis que les tenanciers de kebabs aguichent la potentielle clientèle. On boit du thé à la pomme et on se demande si on est en Orient ou en Occident. Entre les deux me direz vous. La soir venu nous allons nous poser sur l esplanade entre les deux monuments phares de cette ville à regarder le son et lumière et buvant une bière et en regardant tourner et tourner et tourner encore un derviche dans sa robe blanche. Vous l aurez compris Istanbul nous a rendus maboules. Nous avons arpenté la ville et ses collines faisant de ces quelques jours de repos des journées finalement harassantes mais ô combien merveilleuses. Nous n avons pas fini et m évertuer à tenter de mettre en mots ce que l on vit ne rime finalement pas à grand chose car il faut venir le vivre. Les Stanbouliotes sont des gens calmes qui ne s énervent pas sur le klaxon et viennent discuter avec vous si vous mangez à leur terrasse ou dormez dans leur établissement : il y a le temps que la chaleur rallonge encore ... à l infini.

Et même le point bleu clignote au bon endroit, la trace laissée est fausse, celle qui est devant aussi mais ce n est pas grave et il y a des photos dans la galerie de la Bulgarie et de la Turquie. Alors bon voyage ....

 

Marmara et Egée

 

Bonjour. La fin de la visite et des déambulations dans Istanbul s est terminée nickel chrome extra bleu ciel. J ai toutefois oublié de parler des loukoums et des appels à la prière qui rythment la journée et nous permet de laisser la montre à la chambre. J ai oublié aussi les dauphins qui suivaient le bateau dans le détroit du Bosphore. Je n ai pas dit non plus qu on a trouvé au bout du pont de Galata donc en plein centre un magasin de machines à traire eh oui, ce qui prouve bien que contrairement à Dubrovnik ou Venise, Istanbul est une ville vivante, pas une ville musée et une ville complètement cosmopolite, on y entend toutes les langues on y voit toutes les couleurs de peau. Et puis j ai oublié les toits terrasses où l on resterait des heures à regarder aller et venir les navires qui entrent ou qui sortent de la mer de Marmara. C est d un bucolique tout ça !!! İl y en a 50 000 par an qui passent, ça fait du spectacle... İl y a aussi à Istanbul des images un peu symbolique comme ces deux femmes couvertes de noir de la tête aux pieds et qui par dessus leur foulard islamique s étaient coiffées de deux cornes d escargot jaune pétant issus d une pub pour les téléphones portables. Comme quoi ...!!!

Istanbul, on s est un peu arrachés. C est une ville si tu t y poses t es fini t y restes. C était trop bien.

Nous avons ensuite renoué avec les côtes, la chaleur écrasante, n avons plus eu de mouches ni de goudron qui fond. Mais des crevaisons en pagaille, il faut dire que la végétation se résume maintenant à des épineux, une végétation basse de terre aride et sèche, alors forcément ... La mer de Marmara est loin d être aussi claire que l Adriatique ou la mer Noire. Mais les côtes sont belles toutes, celles de la route et celles de la mer !!! Nous avons notre lot d invitations à boire le thé ou à partager une pastèque, les pouces sont toujours en l air et une fois on nous a apporté un kebab et de l eau potable sur la plage, comme ça...

Et puis nous avons eu affaire aux forces de l ordre de ce pays : gendarmes et policiers. En fait on s est perdus. A une bifurcation il y a eu cafouillage, recafouillage, je ne sais pas, toujours est il que plus de Michel en vue et toujours personne plus d une heure après et plein de petites routes de campagne dans le secteur. Un jeune en scooter a fait l aller retour entre le dernier point ou on était ensemble et moi mais il n a pas vu Michel. Par contre il a vu une voiture de gendarmerie donc il leur a exposé le problème. Me voici donc avec autour de moi trois voitures de gendarmerie. Là je me dis qu on n est pas sortis de l auberge. Bon ils ont commencé par m offrir une pêche succulente. Puis ils m ont emmenée avec mon barda le vélo tout jusqu au centre de gendarmerie le plus proche, environ quarante bornes et ont lancé des appels en tous sens pour localiser Michel. Michel sans carte avait filé loin au terme prévu de notre étape, une ville de Les gens jouent beaucoup54 000 habitants. Quelques heures plus tard, et pour moi moults thés et verres d eau après, Michel localisé par la police de ladite ville à quelques 40 kilomètres de moi. İl est déjà tard, il ne faut pas que je traine. Ah mais non, ils m emmènent en auto et l ambiance est franchement décontractée dans le véhicule même si je ne fais pas de zèle, je ne sais pas comment ça va se terminer, ils ne m ont demandé ni mes papiers ni même mon nom, juste mon prénom. En arrivant vers Michel, on trouve tout le monde hilare et ils nous offrent encore des prunes et le thé. İl est dix huit heures on leur explique qu il faut encore qu on trouve un endroit pour camper alors ils nous filent de l eau potable, nous proposent de nous doucher là et nous regardent partir. Pour un peu on aurait échanger nos adresses. D ailleurs il est arrive qu on grille les feux rouges sous leur nez, ils nous klaxonnent mais c est pour nous faire coucou, ils rigolent et nous aussi. Bon voilà pour l ambiance dans ce pays. On s y sent vraiment bien, on peut camper partout. Quand quelqu un nous voit il vient et la première chose est de nous indiquer ou il y a de l eau potable, une source en fait et de s inquièter de savoir si on a du pain et assez à manger. C est vraiment super et vu comme on en bave parfois ça fait du bien ces gens gentils.

A part ça on a commencé à visiter quelques sites grecs, on ne vous fera pas un descriptif il y a des spécialistes pour ça. Nous sommes au bord de la mer Egée dans la ville de İzmir (ancienne Smyrne) ou il n y a pas grand chose à voir malgré la taille (2 330 000 habitants) Nous alternons intérieurs des terres et rivages avec visites culturelles et baignades. Nos journées sont très remplies. Aujourd'hui nous avons traversé à défaut de le toucher le fleuve Pactole. Ce fleuve descend de la ville de SArdis, ou habitait le fameux Crésus. C était la capitale du royaume de Lydie en l an 560 avant JC. İl parait que ce fleuve charriait des pépites. La monnaie aurait été inventée ici... Nous on l a juste traversé, pas bien vite parce que ces jours il y a un vent a décorner les cocus et pas toujours à notre avantage évidemment.

Bien je mettrai des photos quand j aurai à dispo un ordi digne de ce nom. En attendant vous pouvez toujours imaginer l aridité des terres déboisées et ventées, le bleu turquoise qui ressort sur le calcaire des rivages Egéens, la blancheur du marbre des colonnes des temples de Zeus, de Dyonisos ou de Demeter, Nathalie qui fait les étapes dans les fourgons de gendarmerie et Michel qui mange des prunes au commissariat de police ou alors encore nous deux pédalant allègrement avec la mer en dessous.

Bon,ce n est pas comme je veux mais il y a un peu de couleurs. J arrête avant de m énerver. Le point bleu quant à lui suit nickel en ce moment...

Allez ciao à vous.

 

Sites antiques et début de l Anatolie.

 

De l Anatolie hein ! Pas de la Nathalie ! Bon que dire ? Et par quoi commencer ? İl y aurait deux pages chaque jour à écrire. Nous avons donc traversé İzmir un peu vite mais il faisait si chaud et c était si peu intéressant ! 40 bornes de voie express obligatoire pour sortir et franchement ils sont plutôt cools au volant on ne s est jamais fait serrer. Les codes sont différents mais je doute qu ils soient plus dangereux. İls sont probablement plus logiques : tu peux passer tu passes si tu ne peux pas tu ne passes pas et rien à foutre des lignes blanches qui ne servent a rien. En tous cas s ils ne peuvent pas passer ils s arrêtent derrière nous et nous font signe quand ils nous dépassent avec le sourire s il vous plait. Au bord des routes comme en Bulgarie il y a des fontaines d eau potable et ça c est vraiment top parce qu on en fait une consommation importante. Certaines sont assez quelconques et d autres sont de vrais monuments. Nous avons de sérieuses chaleurs. Ce n est pas que du bonheur. Quand vers 11 heures le matin il fait déjà 43 degrés c est dur très dur. Mais on s accroche, le moral le mental sont là et la santé aussi, la motivation toujours présente mais on se surveille de près en terme de santé hydratation, alimentation et récupération. Tout va bien nous ne prenons pas de poids mais ne sommes non plus pas maigres. Ca roule. Ce qui fout en l air c est par exemple : tu as 75 bornes dans les pattes il fait chaud, tu voudrais arriver en haut de cette bosse avant de te poser pour ne pas attaquer demain matin par une rampe et alors la pente se fait à dix pour cent et le goudron colle à tes pneus et ça t oblige à mettre pied à terre et à pousser le vélo. Tes godasses collent sur la route les pneus aussi et tu ne sais pas pour combien de temps il y en a. C est dur et dans ces moments là on arrive à chantonner dans la tête : sous le soleil exactement sous le soleil sous le soleil.... On a le moral je vous jure.

Nous passons de la mer à la montagne comme de la ville à la campagne et cette alternance nous va bien. Dans les montagnes, il fait plus frais il y a moins de trafic c est plus calme mais les villes sont si vivantes... tout a son charme. La différence entre les modes de vie citadins et campagnards sont si énormes. A la campagne elles poussent les brouettes ou montent sur l âne, le tout chargé de bidons pour aller chercher l eau à la fontaine ou au bout du tuyau. A la ville l eau est tout juste consommable : mauvais gout : ils l achètent en bouteille. Un peu comme chez nous me direz vous sauf que nous avons l eau courante. A la campagne les ânes et les couleurs mais à la vılle les 407 et les tailleurs. Malgré toutes les différences et j en passe, il y a une constante dans tout ça : c est la gentillesse des gens. Nous nous arrêtons en ville : quelqu un arrive avec un plateau et deux thés ou un verre d eau. Nous nous arrêtons demander de l eau à la campagne, on nous propose là aussi thé et jus de fruit ou Coca. Certaines voitures stoppent et nous attendent pour nous donner de l eau fraiche. Tous ces gestes gratuits sont du baume au coeur, nous ne voulons rien de plus. İls ont tous le sourire ils sont curieux et intéresses, pas moqueurs. Nous sommes contents de voir arriver le propriétaire du champ ou nous nous installons car nous savons que ce sera encore une plaisante discussion. Je voudrais ne jamais oublier aucun de tous ces visages de gens mais je sais que c est impossible. Je n ose pas forcement les prendre en photo . Il y a des rencontres parfois si éphémères mais si marquantes. Comme cette paysanne à qui nous demandons de l eau, qui nous offre le thé avec cette simplicité et cette spontanéité. Visage rond et sain, yeux clairs et profonds, petite et courbée dans ses habits amples, elle nous ouvre sa maison. Elle nous laisse remplir nos bouteilles et récipients au jardin, elle est déjà partie avec un petit sac à dos en tissu mener son troupeau de chèvres. Visage éclatant. Le lendemain matin nous sommes réveillés par des gens qui viennent cueillir le tabac. Nous sommes sous la tente et dès que nous nous montrons, ils nous proposent le thé. İl faut dire qu ils amènent tout le nécessaire et le service complet dans les champs mais on se régale et ce sont des moments qui resteront.

Dans les vallées qui sont grandes et immenses comme des vallées en Turquie par exemple, il y a des cultures. İl y a des champs et des champs de tomates et des camions de tomates dans lesquels j aimerais me jeter et mordre au hasard à belles dents !! Quand ce ne sont pas des tomates ce sont des pêches ou des pastèques. Le tabac est petit par rapport à ce que je connaissais. İl mesure soixante centimètres de haut. Jusqu à il y a quelques années en arrière, il y avait beaucoup de cultures de coton mais maintenant ça change car il n y a plus assez d eau et le coton demande beaucoup d eau, alors ils passent aux tomates par exemple. Le problème c est aussi qu il y a beaucoup d usines textiles enfin bref vous avez compris le schéma: le manque d eau va avoir de fâcheuses conséquences sur beaucoup de choses. Quel avenir ? İl y a beaucoup de coopératives pour le lait et les légumes aussi. Un peu plus haut en altitude ce sont des oliviers et des chênes.

Les paysages traversés sont très divers. Nous avons vu notre premier 'salar'. Nous sommes maintenant très à l intérieur des terres vers de grands lacs entourés de montagnes assez hautes et très arides très dénudées. Mais c est immense et c est beau. On en prend plein les yeux. Même si c est plus difficile nous préférons passer assez haut et essayons de rester plus haut que mille mètres pour avoir au moins des nuits fraiches et que ça reste supportable la journée.

Un petit mot encore sur les sites antiques de ce pays qui sont concentrés dans l Ouest. Nous en avons visité quatre et n en visiterons pas plus. Ca vaut vraiment le détour. Nous avons vu Pergame Aphrodisias Hierapolis et Ephèse. İls sont tous très différents les uns des autres de par ce qu il y reste et de par aussi leur configuration sur le terrain : montagne ou colline ou bord de mer. C est assez impressionnant quand même de voir la finesse et la quantité des sculptures. Ces villes devaient être de vrais bijoux. Et tout de suite j imagine des gens de l époque déambuler dans les rues pavées de marbre entre les colonnes. Je les vois qui vont aux latrines ou aux thermes et je fais abstraction de cette masse de touristes : oui oui j y arrive et du coup ça prend une autre dimension. En fait je mets un costume à chacun et ça marche !!! Pamukkale est un site complètement à part : c est un site naturel unique et extraordinaire ou fut bâtie la cité grecque de Hiérapolis. Des bassins formes par le dépôt du calcaire : ceci à cause de l eau qui sort chaude de la terre. Sur une superficie très importante ces espèces de cascades pétrifiées et ces bassins de travertin font un paysage assez étrange et étincelant dans lequel il y a obligation de se déchausser pour ne pas abimer. De loin on croirait un glacier. On peut se baigner dans certains bassins mais pas tous et heureusement car l accès est limité pour ne pas bousiller au reste cette merveille de la nature.

La Turquie est un très grand pays mais jusqu à maintenant chaque jour amène son lot de belles choses et nous nous y sentons vraiment très bien. Ce que permet le fait de se déplacer à vélo n a pas d égal. Nous choisissons jour après jour si ville ou campagne si vallée ou montagne et alternons avec plaisir. Nous nous dirigeons maintenant vers Konya que nous atteindrons dans quelques jours par ces grands lacs aux eaux turquoises et ces paysages si remplis de lumière qu ils nous fatiguent les yeux.

Voila. Finalement une fois devant le clavier il y a des choses à dire. Je n arrive pas à charger les photos dans la galerie depuis ici. Comme d habitude il faut que je fasse deux ou trois établissements avant d y parvenir alors merci pour votre compréhension.

Ciao a vous.

 

Lacs centraux, Konya, Taurus et Méditerrannée.

 

Bonjour a vous.

salarSi je tenais ceux qui ont affirmé que la Terre est ronde ou plate d ailleurs, je les étranglerais volontiers !!! Quelle abération !!! Mais non, en fait si ce n est pas au moins vallonné on risquerait de s ennuyer. Eh bien on ne s ennuie pas !!! Bon, les grands lacs de l intérieur . Egirdir et Bevsehir sont des petites merveilles que l homme n a pas encore trop touchées. Pas de bâtiments ni de villes hideuses en périphérie. En fait une très faible densité humaine. Paysage très grand, très beaux, très plaisants à traverser, des airs de grands larges, on chante en roulant le nez dans les nuages, enfin au ciel parce que pour les nuages c est raté.

Tout ça pour se rendre a Konya pour voir le musée de Mevlana qui était un philosophe à l origine du soufisme et donc des derviches tourneurs. Alors on en pense ce qu on veut mais quand je vois ces femmes à moitié en pâmoison devant sa tombe ça me fait plutôt pitié qu autre chose. Je ne suis pas fanatique de toutes ces choses c est vrai et il m est donc difficile d avoir une opinion mitigée mais les larmes aux yeux de certaines et l attitude de certaines autres pour un type mort il y a 800 ans ça me laisse froide. Ce sont les pires conservateurs de Turquie et l ambiance n est pas la même dans cette ville. Bon le bâtiment est beau et les faïences du 'clocher' (!!) brillent au dessus des toits. A Konya pas grand chose d autre à part que je me suis pesée et là c est un peu la surprise : j ai perdu environs 7 kilos et c est pas le muscle qui est parti à mon avis. Finalement un voyage en vélo par fortes chaleurs c est un régime efficace et peu cher .... Ceci dit si j avais été malade on se ferait du soucis mais il n en est rien, nous sommes tout simplement très affutés et c est aussi ce qui nous permet de faire ce qu on fait sans trop laisser de plumes.

Et j en profite pour venir un coup sur la notion de voyage lent. On roule tous les jours quelque chose comme 70 bornes, c est beaucoup vu les conditions, ce n est pas lent. Ce qui peut être considéré comme lent en revanche c est le fait qu on fait de multiples détours pour aller voir telle ou telle chose . et sur ce coup là on n est pas fainéants !!! İl y a 7500 bornes et des brouettes au compteur et autant de belles choses et de charmantes personnes rencontrées sur notre route.

Et le long de ce voyage et particulièrement dans ce pays on mange uniquement des fruits de saison, on se régale de pêches, de raisin, de tomates, Michel de concombres et moi de bananes !!!! D ailleurs en parlant de bananes on est en ce moment en pleine zone bananière et on s est fait stopper il y a quelques jours par des gens qui tournaient des images sur la région pour une pub. Alors film et interview tout le tra la la et là où c est marrant c est qu il y en a un qui finit par nous glisser deux bananes : il faut les manger devant la caméra et dire qu elles sont bonnes ..... Ceux qui me connaissent un peu comprendront que je ne peux accepter ce genre de choses : ils sont mal tombés les pauvres, les bananes me rendent malades, je n en mange pas et ai décliné en m esclaffant. Michel en a mange deux pour le coup.

On est connus dans la région parce qu une autre fois on s est fait stopper encore par des journalistes et il y a eu un article dans un journal alors je vous raconte pas les coups de klaxon et les pouces en l air et les hello hello et tout et tout et 'tchaille tchaille' pour aller prendre un thé au passage. Bien, à côté de ça on a traversé des terres à la très très faible densité humaine, et en plein coeur des Taurus il faut prévoir les ravitaillements en nourriture sans se rater mais quel régal pour les yeux et pour le coeur. Les gens certes peu nombreux n en sont que plus intéresses et gentils et hospitaliers et de service et tout ce qu on veut. Et puis on a été projetés au Kirghyzistan subitement lorsque nous avons frôlé les deux mille mètres d altitude, là où il n y a plus d arbre, là où la terre est aride et balayée par le vent, là où seuls vivent quelques familles avec des petits troupeaux dans des enclos faits de branchages. Quel contraste en quelques jours. Puis nous avons rejoins la mer par des routes pendues au dessus du vide dans des gorges immenses au bord de précipices sans fond. Je suis allée jusqu à rouler à gauche sur la route étroite parce que sans barrière ni garde fou ni parapet c était assez impressionnant mais beau, beau .... Les Monts Taurus par les petites routes nous laisseront un souvenir de monde brut de décoffrage, taillé à la hache et sans retouche. C est grandiose. On pensait rejoindre une région touristique : la côte méditerranéenne mais ce sont des touristes turcs et encore... ce n est pas la foule loin de là. Le tronçon que nous avons choisi est le plus déchiqueté, le plus difficile, le plus inaccessible : la route a été faite seulement dans les années 60 et il faut voir où elle passe. En auto 300 bornes demandent 8 heures et en vélo pour nous 4 jours : ok on a perdu. A la sortie d Alanya on trouve sur 15 bornes les derniers fastes d une société consommatrice à mort comme Utopia World par exemple. J explique : un complexe hôtelier énorme bâti sur une colline surplombant la mer. Le complexe est lui même entouré de murailles avec créneaux et tout comme un château fort. De ce complexe situé en hauteur un premier ascenseur creusé dans la roche conduit les pensionnaires huppés à un tapis qui passe au dessus de la nationale et dont le pilier est un second ascenseur qui descend sur une plage de galets (!!!) ou a été construit un ponton en bois pour que les pieds de ces clients précieux ne s abiment pas. C est hallucinant. Nous observons tout ça planqués dans une plantation de bananes, nous avons la plage de sable a 25 m et de l ombre et de l eau et un campement de paradis ce soir. Et on rigole, on s est même moqués un peu : deux mondes quand même, nous sommes bien dans le notre mais quand on voit comme l homme est capable de défigurer un beau site pour satisfaire ces bourgeois ça mettrait presque furax : le bonheur ne peut il pas être dans les choses simples ?

Le long de la côte là où nous sommes, heureusement, plus rien de tout ça. Seulement des Turcs des vrais avec des culottes bouffantes et qui se déplacent sur leur pétoire et sans casque et qui nous font signe et nous encouragent. C est ça qu on veut, ça qu on est venus chercher. La nationale 400 est en fait une petite route parsemée de rampes démoniaques que t y crois pas et que tu te demandes comment tu fais pour passer sur le vélo et ou tu vas puiser cette énergie qui te fait avancer, et parsemée disais-je aussi de tronçons tailles dans la falaise au dessus de la mer bleue, bleue, bleue à en pleurer. Alors de bosses en descentes scabreuses à négocier lentement on trace notre chemin, on laisse notre sueur et ..... on boit du Coca !!!! Je sais : honte a nous !!! Mais venez à notre place et on verra ce que vous boirez pour vous donner du coeur à l ouvrage et vous désaltérer. Promis dès qu on rentre en France on arrête !!! Bon c est vraiment trop beau. Comme on se lève à 5 h 30 pour rouler soi disant avant la grosse chaleur eh bien l après midi on va se plonger enfin dans cette eau qui nous fait baver quand on la voit depuis nos montures ... ou alors on répare les vélos.

Pas plus tard qu hier j ai pété deux rayons sur ma roue arrière cote cassette pignons évidemment ce qui oblige a démontage. Après une réparation de fortune on est allés se mettre à l ombre dans une station service pour réparer ( j ai aussi crevé du pneu avant hier, ma roue a une pneuminfuite, il y a des jours comme ça, c est pas la mort juste pas de bol). İmpossible de démonter la cassette trop serrée : voila Michel parti en stop chez un réparateur cycles mais ça ne va jamais comme on veut : il est revenu quatre heures plus tard après avoir fait pas mal de moto avec ma roue à sa main, un peu d auto, rencontré des profs et d autres personnes, fait 40 bornes et refait les bosses du matin, tout ça pour quand même ramener une roue avec des rayons remplacés ( on en avait ) et une roue parfaitement équilibrée. İci on a toujours tout ce qu on veut et il y a toujours quelqu un pour aider : on passe de mains en mains et on arrive au but, il faut se laisser guider. Nous ne sommes encore jamais tombés sur une personne malhonnête, malveillante ou intéressée. Et ça c est beau.

Bien nous allons vous laisser, sans photo encore mais vous avez remarqué que je finis toujours par y arriver : c est juste un décalage. Depuis ici je ne peux même pas transférer sur les clefs usb alors laisse béton pour le reste. De la musique fort agréable couvre un peu le bruit des vagues, un petit vent presque frais fait voler les cheveux (il va falloir que je refasse couper ) et derrière les palmiers il y à la mer : il y a des endroits plus pénibles pour passer l après midi. Et demain nous remonterons sur nos vélos et nous regarderons avec étonnement vers huit heures du mat les gouttes de sueur translucides perler sur nos jambes bronzées et musclées..... ( oh quoi on a bien le droit de dire ça non ?? )

Ciao a vous. Et voila les photos ça marche donc dans la galerie aussi probablement !!

 

 

Steppe et Cappadoce.

 

Bonjour a vous,

A quoi on pense quand on pédale ? Hein ? A quoi on peut bien penser ? Parce qu on a du temps pour penser !!! Eh bien on pense déjà à ce qu on est en train de faire c est à dire qu on essaie quand même de garder une certaine vigilance par rapport à l état de la route et aux voitures et camions qui arrivent derrière ou en face. Et puis on regarde le compteur de temps en temps, plus ou moins souvent ça dépend si ça monte, si c est dur, si on trouve le temps long. On pense aux courses qu il va falloir faire et à ce qui va se passer dans les prochaines heures ou plus rarement les prochains jours. On pense beaucoup à la famille et aux amis, aux connaissances, aux copains et copines. On repense à certains moments passés ensemble. On pense à tous ces gens qui depuis le début de ce périple n arrêtent pas d être gentils et sympas avec nous. On repense à ceux qui nous ont ouvert leur porte ou offert un thé. On gamberge un peu aussi parfois. Et puis on chante. Et on lève le bras pour répondre aux signes que nous font les gens dans les villages, dans les champs, dans les bagnoles. Cı dessus en photo une famille avec qui on a mangé un soir, sous leur tente. C est un bucheron Alevi comme il y en a beaucoup, nous avons mangé des crêpes de 60 cm de diamètre avec des légumes et des salades. On a regardé notre petit album photo, ils ont trouvé que je ressemble beaucoup à ma mère. On a passé un super moment dans une simplicité extraordinaire. Et puis il y a eu le fermier chez qui on a dormi à la belle qui nous a apporté un tapis, du pain et des pommes. Le lendemain matin il est venu voir si tout s était bien passé, si le chien (un énorme kangal) nous avait bien gardés....

Et heureusement qu il y a tout ça parce qu on en a bavé quelque peu ces derniers temps. D abord sur la côte où la chaleur nous a un peu abattus et puis à Mut (prononcer Mouthe) où on n a jamais eu aussi chaud. Si chaud qu on a pris une chambre avec la clim et qu on s est octroyé un moment de repos qui devenait indispensable. Puis on se réjouissait des étapes de plat à venir mais nous avons du affronter un vent terrible sur les plateaux. Un vent que rien n arrête, pas de relief. Et rien : pas de village, quelques hameaux tous les dix kilomètres. Un vent tellement puissant que j ai traversé la route sans m en rendre compte et surtout sans rien maitriser. Quelques centaines de mètres plus loin Michel est tombé, déséquilibré par ce foutu vent. A cinq à l heure on ne se fait pas mal. Nous avons fini par faire un bout a pied , on ne sait pas trop qui tenait l autre de nous ou le vélo.İl y a des passages dont on se souviendra, celui là c était après quarante et un kilomètre de montée ....

Trois jours à plat, comme ça, contre le vent qui rend fou, qui décourage, qui nous ferait presque pleurer tellement on est impuissant. Le vent qui siffle dans le casque et qui ne couche même pas l herbe qui est bien de trop rase. Un vent démoniaque. On se dit que heureusement qu on est en vélo couché. On est entre 10 et 15 à l heure, on avance quand même mais c est dur dans la tête. Et pourquoi on fait ça, mais pourquoi on fait ça ? Les paysages sont immenses, tantôt la steppe tantôt des hectares et des hectares de terre labourée, la poussière ... La Beauce est un bien petit terrain de foot .... Des lignes droites qui durent des journées entières, à perte de vue, le macadam, les poteaux électriques, le fil, et le vent .... Des lignes droites de 45 kilomètres de long .... c est long !!!

Bon fini de se plaindre on a survécu mais on y a laisse un peu d énergie. Et quand on en bave comme ça et qu on s use un peu ça a vite fait de faire des étincelles. Pas bon il faut se serrer les coudes. D ailleurs on est bien conscients que tout seul ce serait l enfer et qu il fait bon, très bon être deux dans ces moments là.

Heureusement, après avoir visité quelques caravansérails qui nous ont rappelé des aventures antérieures, nous avons enfin atteint la Cappadoce. Et le vent s est calmé. Et là c est du bonheur. C est des meringues ou de la crème fouettée, ce sont des cheminées de fées et des formes très spectaculaires, des cités souterraines ou troglodytes toutes différentes et toutes fascinantes. La Cappadoce est un grand plateau à 1300 m d altitude dans lequel des vallées ont été creusées, ceci étant du à une géologie un peu spéciale, certaines couches de roches étant plus dures que d autres. Quand on est sur le plateau on ne voit pas les vallées, il faut arriver dedans ou plutôt au bord pour qu elles s offrent à nos yeux ébahis. Et là franchement c est du gâteau. Nous nous promenons depuis quelques jours dans ces vallées fantastiques, les 1001 nuits, ali Baba, les Schtroumpfs, tout y passe, je vous laisse découvrir les photos dans la galerie. Elles ne montrent que peu des choses que l on voit : ce n est pas évident de rendre la réalité sur une image. Mais on s éclate et nous avons déjà oublié les moments difficiles. La Cappadoce c est à la fois vaste et petit. Du haut on a l impression que c est vaste, un grand plateau mais en fait les vallées se parcourent assez rapidement et permettent de découvrir à chaque virage un paysage différent et époustouflant. Nous sommes ravis d être ici et d y avoir passé quelques jours. Nous allons reprendre la route, voir encore quelques sites de cette région et filer alors toujours plus à l est. La Cappadoce c est aussi un peu la 'frontière' entre l est et l ouest de la Turquie. C était un peu une étape, un but, comme l avait été Istambul. Nous sommes contents d être arrivés là et après ces quelques jours de repos la motivation est intacte.

Je m empresse de finir car du monde attend l ordinateur. Tout va bien. L accueil est toujours aussi sympa. Nous repartirons de cette région reposés après ces trois jours de randonnée à pied.

Ciao à vous.

 

Cappadoce et Kahta,

 

Bonjour. C est ici une brève mise à jour. La fin de notre séjour en Cappadoce s est bien déroulé et nous sommes repartis très vaillants, passant allègrement les bosses avec ma foi bien du coeur à l ouvrage. L hospitalité est de pire en pire dans le mieux et on ne peut plus s arrêter dans un village sans qu on apporte des quantités de victuailles que nous ne pouvons même pas toutes ingurgiter. Sans compter les invitations dans les intérieurs pauvres ou riches, modestes ou luxueux, vieux ou tapissés de partout. Comme ça on aura un bon échantillon de l habitat de cette région. Nous sommes donc repartis en direction du sud est, Elbistan, Golbasi, etc. Quelques cols à passer, quelques belles descentes aussi. Les premiers jours la chaleur fut supportable, on pouvait même rouler sans problème en journée ce qui nous a évité quelques levers trop encore un col !matinaux. Mais nous avions parlé trop vite : c est une canicule particulière qui s abat sur le pays depuis trois jours, avec alerte orange et tout le tra la la. Comme nous sommes encore très au sud je vous laisse imaginer ce que ça peut donner ... Résultat : Michel a commencé à se sentir un peu malade des intestins qui partent en flotte et dans ces cas là on faiblit vite. On a une pharmacie alors on l utilise mais comment être surs que ce ne soit que du à la chaleur. Ce n est pas de la vraie tourista. Après deux jours ou il ne fait que vingt à trente kilomètres on arrive à Kahta et c est bien le cas de le dire. Nous sommes partis à 6 heures ce matin mais à sept c est déjà intenable. Nous nous dirigeons de suite à l hôtel climatisé et ensuite à l hosto ( car les soins y sont gratuits) afin qu il voit un toubib qui lui file des antibiotiques tout simplement. Pour ma part j ai eu de sérieux coups de pompe aussi mais pas de problème à proprement parlé. Voila. Ca devait arriver, c est pénible. On est coincés par la chaleur, il faudrait se barrer de là mais on ne peut pas rouler. Conclusion : demain nous prendrons un bus pour rallier le mont Nemrut dont je vous posterai quelques photos dans la galerie, ce qui nous mettra à 2000 m d altitude et 100 bornes plus haut en latitude en y espérant un peu de fraicheur. Nous nous remettons donc de nos émotions sous la clim. Michel va déjà beaucoup mieux. Ca fait partie du voyage, on gère au jour le jour et on a du modifier notre itinéraire une centième fois mais il n en sera que mieux bien sûr !!! Et la prochaine fois des photos du Mont Nemrut et les fameuses têtes.....

 

Mont Nemrut, Euphrate, Monts Kackar.

 

Bonjour,

Nous sommes le 30 Août,

Toujours sur la route,

Malgré les joies et malgré les doutes,

Et depuis longtemps sans pâté en croûte....

Et tout d abord des nouvelles du grand : il va bien, il s est remis très vite. Nous sommes partis dans un minibus de Kahta après bien des maux pour charger dedans tout notre barda. En compagnie de quatre autres touristes. Le but pour eux est de visiter les sites avoisinants et de finir par le mont Nemrut. Pour nous c est une des solutions pour voir aussi ce qu il y a à voir mais surtout pour monter en haut de cette montagne sans exploser pour pouvoir basculer de l autre côté et nous éviter ainsi un long détour sous le cagnard et espérer trouver de l autre côté une fraicheur relative. Le minibus nous pose au parking, nous déchargeons bagages et vélos et remontons ces derniers sous l oeil surpris des autochtones. Ils ont fait le voyage en kit les vélos... Et c est là que commence l expédition Nemrut. En fait il reste un kilomètre à faire à pied, en montant des ... escaliers de pierres dans la montagne !! Avec notre chargement c est presque titanesque. On pousse, on sue, on porte, on décharge et pour finir on se fait aider par une bande de jeunes tout contents de participer à notre truc de fous. Nous sommes en haut et immortalisons le moment avec les jeunes. Et ca nous rappelle le passage du col du Mont Cenis ouh la la comme c est loin déjà tout ça. Alors c est quoi ce mont Nemrut ? C est un gros tas de cailloux a 2150 m d altitude ou un roi mégalomane de l époque pré romaine fit tailler deux plates formes dans la roche pour y installer des statues colossales de lui même et de dieux qu il considérait comme sa famille. Entre les 2, il fit élever un pic artificiel de 50 m de haut de rocs concasses. Des séismes ont décapité les statues, les corps se tiennent en rang et leur tête gisent à leurs pieds. On monte aussi au Nemrut pour le panorama eh bien ce jour là et à cause de la poussière c était un point de vue ... Certains me comprendront et les autres .... cherchez un peu.... point de vue !!! Ce soir là nous avons dormi au sommet à la belle, à la fraiche et encore pas de chance on a pris la flotte qu on n avait pas vue depuis la Bulgarie !!! Pas beaucoup mais quand même...

Prochaine étape : la mer noire. Rejoindre Malatya fut éprouvant : mauvaises routes, montagnes russes, villages très reculés, complètement paumés, atmosphère bizarre, on n est pas vraiment à l aise, il y a de la poussière, le ciel est nuageux. Nous traversons ensuite des paysages complètement déprimants, rien que de la terre labourée, des collines, le fil et les poteaux électriques, fidèles compagnons, et la route, le vent qui soulève la poussière. Après un super pique nique au bord de l asphalte les pieds dans les piquants on se pose dans une station vraiment service, perdue et isolée, rase campagne. On met alors à notre dispo un petit local, une douche des toilettes, de l eau, chaises et tables et agréable compagnie. Thé et repas ...Merci Mustafa et Hassan.... Oh Merci pour ce réconfort. Et encore des Alevis .... İl faut faire la distinction entre kurdes et Turcs, qui sont deux peuples différents et aussi entre sunnites et Alevis qui sont deux confessions différentes. Il y a des turcs sunnites, des turcs alevis, des kurdes sunnites et des kurdes alevis. Les alevis sont presque tous enseignants et ont un niveau d érudition qui n a rien à voir avec les autres : c est parce qu ils lisent beaucoup m a t on dit. İls sont très progressistes, ne se disent pas musulmans mais Hommes du monde. C est un plaisir que d avoir affaire à eux.

Le lendemain encore une morne journée grise et poussiéreuse et des grosses bosses sur des routes très rugueuses. On s use, on le sent bien, il y a de la saturation dans l air même si pour l instant chacun se tait parce que ça ne sert à rien de se plaindre. Puis on arrive dans les gorges de l Euphrate, j en ai rêvé, le nom est magique, comme Tigre, Bramapouthre, Indus, Amour, Volga et d autres. Mais l Euphrate est comme l air : chargé de poussière, un fleuve de boue au fond de gorges impressionnantes. La dimension des éléments n est plus humaine pour des cyclistes, il n y a rien, il n y a personne d autre que les militaires qui gardent les rares ponts qui enjambent le fleuve. C est pour nous à chaque fois cependant l occasion de discuter cinq minutes, de boire le thé si gentiment offert. Une auto toutes les heures. Et une zone où, on le sait, subsistent quelques soucis entre Kurdes et Turcs. Les militaires sont extrêmement prévenants, nous proposent à manger, sont souriants... Le terrain pour nous : trois kilomètres de bosse à 10 % suivis de deux kilomètres de descente à 15 % où on freine sans cesse au bord des précipices sans parapet et on reprend au départ, on répète le petit jeu, 6, 7 fois et toujours la poussière et toujours rien et toujours personne. Le moral est au plus bas. İl faut s accrocher, on n est pas sortis, il reste 200 bornes.... Tout un programme !!!

O surprise, à Kemalye on nous fait découvrir un canyon gigantesque, sur l Euphrate. On pose les bagages vers les militaires qui gardent le pont (ils ne sont là que pour ça) et on va visiter en aller retour et en vélo ces 16 kilomètres de piste dont la moitié est en tunnels, le tout taillé dans la falaise : impressionnant. Ca nous remonte un peu le moral avant d attaquer le col suivant. Mais le lendemain ca recommence : c est une histoire sans fin et même si les paysages traversés sont grandioses on a du mal à comprendre où on est et ce qu on fait là. Il fait bon être deux. On met pied à terre dans les rampes, c est trop dur. On rejoint enfin l Euphrate avec sur sa rive ...... la voie ferrée. 11 kilomètres et une heure et quart plus loin nous sommes confortablement installés dans un wagon direction Erzincan 116 bornes plus loin. Le tracé de la ligne est une petite merveille, on passe dans les gorges et les canyons alors que la route contourne et évite ces endroits de fous. Les lignes ont été construites par les Allemands qui étaient payés au kilomètre, elles passent toutes dans des endroits fabuleux, faisant les pires zigs et les pires zags sur la carte. Visite touristique ...

A Erzincan le ciel est noir et ça souffle mais fini la poussière. Nous nous attaquons à la traversée des Monts Kackar, barrière terrible avant la mer noire. Nous avons retrouvé le moral et des pentes que nous négocions sur le vélo sans problème. Tout roule jusqu à ce qu on se retrouve dans un fond de vallée sur une piste à pousser le vélo pendant 4 kilomètres pour passer un col a 2300 m. En haut il y a une bifurcation mais aussi l orage, on descend au hasard : mauvaise direction et au lieu d aller droit sur Trabzon en passant au monastère de Sumela (but de notre passage dans ce coin), on se retrouve à 30 bornes de Trabzon et à 100 du monastère. L atmosphère est presque tropicale, on a descendu des kilomètres et des kilomètres de chemin de bois, Michel a crevé. On a traversé des villages où on ne s arrête surtout pas, les regards sont vides de tout, on a l impression d être chez les dégénérés, excusez moi, aucune expression, à part parfois de la peur. Dans ces endroits hyper reculés, on est en droit de se demander s ils ne se reproduisent pas entre eux ... Certains gamins sont limites agressifs, on file, on descend, on prendra des photos une autre fois .... Descendre, descendre. Des à pic, la piste vertigineuse, c est Indiana Jones, l heure qui tourne, c est irréel, et beau en même temps...

Nous sommes à Trabzon, à l hôtel, nous sommes bien et le moral est au beau fixe. Demain nous irons en minibus visiter le monastère de Sumela avant de rejoindre Trabzon et de retraverser ces pittoresques Monts Kackar par une plus grande route. La carte IGN dans cette partie du pays n est pas très fiable, d où les soucis, et pas d indication sur les pistes qui devraient être des routes. Ces endroits nous ont laissé une impression de 'trop grand, trop fort', on se sentait oppressés, le gigantisme des éléments, trop vulnérables aussi peut être. On a été vigilants. Ce qui est sûr c est qu on a vraiment une santé de fer, Michel a bien récupéré. Et ce qu il faut noter c est qu à chaque fois, on est tombés sur des gens supers. On s arrête en catastrophe parce qu il pleut à verse dans un abri de jardin chez un privé et celui ci arrive en nous tendant la main et nous souhaitant la bienvenue et c est comme ça 9 fois sur 10. Il n y a qu au fin fond de ces montagnes déchiquetées avec des vallées comme des gouffres qu on s est sentis mal à l aise même s il n y a rien eu de vraiment concret. Des impressions bizarres ressenties au même moment par nous deux. Ce qu on retiendra de cette remontée vers le nord, c est cette démesure, ces plateaux interminables, ces collines sans fin, ces gorges immenses, ce paysage ou l on se sent vraiment trop petits et ce vide, ce blême, ce livide dans certains regards. Nous sommes des extra terrestres, certains vont même jusqu à reculer à notre approche. Même si on a des engins bizarres on n en a pas moins deux bras et deux jambes ... Des regards ou sont mêlés l ignorance, la pauvreté, la peur. Des pauvres gens dans tous les sens du terme : éteints. Je ne savais pas que la Turquie renfermait au coeur de ses terres une nature aussi rude, aussi dure et des gens qui y vivent.... Je ne pourrais pas. Pas étonnant qu ils soient à moitié fou pour certains. On est passe au plus profond des montagnes et des vallées, ca me laisse vraiment une forte impression. Tout ça à quelques dizaines de kilomètres de l effervescence de villes ou bien sûr, la nuit tombée, clignotent les enseignes de McDo, Fanta et Coca, et ou les ' Natacha' venues de Georgie et de Russıe tentent de vendre leurs charmes comme elles peuvent. Peu de femmes portent le foulard ici, c est plutôt décontracté. İl y a des ordures partout, pas grand chose d entretenu, tout est en travaux, la frénésie du béton. Nous sommes à l Est, nous sommes en voyage et nous n avons pour le moment pas du tout envie de rentrer.

Voila les nouvelles du jour. Pour nos visas iraniens ça suit son cours, nous aurons les fameux numéros du ministère des affaires étrangères de TEHERAN dans la semaine. Resteront à faire alors les démarches à Erzurum où nous serons dans une semaine.

Alors pourquoi ne pas avoir shunté ces parties difficiles ? Parce qu on ne savait pas que ce serait comme ça. Parce que si à chaque fois que c est trop long, trop dur ou trop moche on shunte ... je ne sais pas, il me semble que ça fait partie du périple. On a vu des choses, et quelque part on se dit qu on a vraiment de la chance d avoir la santé, le moral et la possibilité de traverser tout ça à la force des cuisses : on n a pas le droit de se plaindre, c est notre choix et ce sont des grands moments qui rempliront le carnet de souvenirs ....

A la prochaine.....

 

De Sumela a Erzurum via Kars.

 

Bonjour,

On avait oublié combien il est pénible d attendre pendant 3 heures qu un minibus démarre même si la conversation avec un couple de touristes saoudiens fut très riche et intéressante, on avait oublié le plus que mauvais son de la musique à fond dans les transports en commun, on avait oublié qu il fallait bien fixer toutes les règles du jeu lors de la négociation du prix, on avait oublié comment c était de se poser le derrière dans un véhicule pour se faire emmener, moutons parmi d autres, sur des sites touristiques où l on nous regarde arriver non pas avec nos vélos mais avec nos portes monnaie. On a retrouvé ça subitement pour la visite du monastère de Sumela qui , à notre avis, est un bel attrape nigauds. Certes le monastère est classé au patrimoine mondial de l Unesco, mais on ne visite pas grand chose, on ne peut pas dire qu on le voit. Seule la chapelle couverte de fresques colorées est ouverte au public. De plus le temps était pluvieux et nous n avons pas pu profiter des paysages environnants. C est comme ça. Cette journée de repos nous a fait du bien.

Nous avons quitté Trabzon (ancienne Trébizonde) sur la mer Noire sous la pluie par 60 bornes de 2 x 2 voies et les camions qui nous aspergent sur leur passage. La côte n est pas belle, et les deux vallées perpendiculaires que nous avons vues non plus. Béton, ordures, ruines, travaux abandonnés, pas jojo tout ça. Par contre celle dans laquelle nous nous sommes engagés pour retraverser les monts Kackar nous a laissé une bonne impression. Nous étions vers Rize, et Rize, ce sont les cultures de thé et cette vallée là en particulier. Nous n en avions jamais vu. Plus à l Ouest nous avons vu des kilomètres de trottoirs le long de la voie express recouverts de noisettes en train de sècher..... A Malatya c était des abricots. Vous savez , tous ces merveilleux fruits secs qu on trouve dans nos supermarchés en France .... Bon, voilà donc d où vient le thé qu on nous a fait déguster depuis notre arrivée dans ce pays.

Au fur et à mesure qu on monte la végétation change et le taux d humidité aussi. Les cultures de thé laissent la place progressivement à la forêt qui elle même s esquive pour ne laisser voir que l herbe rase puis plus rien. Au passage du col a 2640 m l air est enfin sec, le beau temps est là, conditions idéales, nous respirons mieux. A noter quand même que ça monte sans arrêt de 0 à 2640 m d abord très gentiment pour finir à 9 ou 10 % sur les .....12 derniers kilomètres. Nous avions fait étape à 550 m et avons fait les 2100 m restants le lendemain, dure journée mais magnifiques paysages et une descente inoubliable pour rejoindre la rivière Coruh que nous suivons le lendemain sur 80 bornes. Superbes canyons, vallée encaissée ou large, cultivée quand il y a de la place, de toute beauté tout le long, route asphaltée ou piste défoncée, très peu de circulation.

Nous avons alors décidé de ne pas rejoindre Erzurum directement mais de passer par Kars pour jeter un oeil à l extrême nord-est du pays et aux vallées georgiennes (appelées comme ca car faisant partie de la Georgie à un moment dans l histoire). Nous irons ensuite à Erzurum en train pour récupérer nos visas. Un choix que nous n avons pas regretté, même s il a fallut encore passer à 2400 m après être redescendus à 520 m. Le nord-est de la Turquie c est un réseau de vallées très encaissées, très belles, dans tous les sens, mais qui en fin de compte débutent presque toutes au Sud sur les hauts plateaux , à plus de 2000 m. Donc nous avons fini par déboucher dans un de ces endroits, où à l issue d une longue remontée de vallée, le paysage soudainement s ouvre à l infini sur ces steppes immenses ou, quand les gamins nous suivent sur un bout de chemin, c est à cheval et au galop. O qu ils sont beaux ces petits cavaliers si libres dans cette immensité, à bride abattue.... Il y a des images d Asie centrale qui reviennent..... C est magique. Les gens nous récrient presque tous ou font signe quand ils sont trop loin. Je ne sais pas ce que nous représentons à leurs yeux, avec nos vélos et nos gros bagages attachés dessus, nous sommes aussi des nomades. Et nous filons sur ce bandeau d asphalte noir posé sur le terrain, à travers les paturages à l herbe rase, à perte de vue, douces collines, la steppe comme on l a rêvée, comme on l imagine, avec un ciel bleu et quelques beaux moutons blancs pour qu il soit encore plus beau. Un monde pétri de rudesse, des étendues désoleés, curieux mélange d austérité et de majesté. Des grands, grands moments de bonheur, on en pleurerait presque tellement c était ça qu on voulait. On réalise la chance qu on a même si on l a un peu provoquée. On en prend plein les yeux et plein le coeur. J imagine les hivers avec les fricasses à tout péter, les vents venus du nord balayant cette steppe .... Ca doit être glacial et je me prends à rêver de passer six mois avec une famille ici, de Août à Février. Il fait frais, c est limpide et c est vraiment trop beau. Les gamins cul nu dans les villages avec leur tignasse ébouriffée nous interpellent de leur petite voix haut perchée 'hello, hello', et ils répètent ça jusqu à ce qu on soient hors de portée même si on a déjà répondu 10 ou 15 fois. Les plus grands osent un 'Where are you from' ou ' What s your name' mais quand on leur répond et qu on ajoute 'and you, what s your name', peu savent de quoi il retourne. Peu importe ils ont parlé à l étranger qui leur a répondu, vous imaginez leur bonheur, c est l évènement de la journée. On entend leurs rires qui s évanouissent quand on s éloigne.

Les gens sont pauvres, très peu ont des autos et ils effectuent une partie des travaux des champs à la main. On les voit partir faux sur l épaule avec leur petit matériel dans l autre main même si on voit aussi certaines exploitations importantes où là, ils ont du matériel moderne. Les tas de bouses soigneusement empilées attendent l hiver devant les bicoques à côté des tas de foin, les troupeaux d oies traversent la route, comme les moutons ou les vaches, pas de barbelés ici.

La circulation se résume à des camions et du transport en commun, nous sommes très loin de l Ouest, loin aussi de la Turquie touristique. Nous sommes au royaume des nomades et des bergers, à part l agriculture : rien.

Dans certaines bourgades, les femmes portent presque toutes le foulard tandis qu à d autres endroits, comme à Kars, pratiquement aucune. Nous ne nous sentons pas vraiment étrangers, les gens cherchent le contact que ce soit en ville ou dans les hameaux et quand on s arrête quelque part c est l attroupement pour essai des vélos. On a des bravos et des encouragements et s il y en a un qui parle deux mots d anglais il fait le traducteur pour tous. Ils sont extras et sur la route à part les bus qui sont toujours pressés, ils ne nous serrent pas dans les talus. Pas de frayeur ni d inquiètude. On est pris en photo avec les téléphones portables omniprésents de nombreuses fois par jour.

Depuis plusieurs jours, c est le ramadan. Dans les bleds paumés le petit market est souvent fermé à moins que l on ne l ouvre pour nous. Sinon il faut être vigilant, nos ravitaillements ne pouvant alors se faire que dans les bourgades déjà plus importantes. Ceci dit on ne se fait pas de souci, si nous venions à manquer de victuailles ce ne serait pas pour longtemps. Ce qui nous gêne surtout dans cette histoire de ramadan c est qu il ne faut plus compter boire de petits verres de 'cay' le long de la route avec les habitants..... D ailleurs les rassemblements uniquement masculins devant les cafés sont beaucoup plus mornes, ça ne boit plus, ça ne mange plus, ça ne fume plus.... sauf à Kars bien sûr.

A Kars, ils ne semblent pas trop respecter ce mois de jeune, tous les restaurants et échoppes sont ouverts. A Kars il y a des Azeris, des Turkmenes, des Kurdes, des Turcs, des Russes.... un parfum encore d Asie centrale. Orhan Pamuk y a planté le décor de son célèbre roman 'Kar' (neige) mais ce que je vois ne ressemble pas a ce que j avais imaginé. İl est vrai que ça se passait en hiver, dans le froid et la gadoue, je le relirai.... A Kars, quand on est à la citadelle, en hauteur sur la colline, le regard embrasse toute la ville et l immense steppe ondulante et verdoyante à perte de vue. A Kars, du même endroit quand il y a l appel à la priere on entend tous les muezzins, de toutes les mosquées donc de tous les quartiers, en même temps et on est loin des polyphonies corses, c est même une cacophonie absolument extraordinaire. Pas un ne crie la même chose en même temps, les voix s entrechoquent et l on croirait plutôt qu ils se sont coincés les doigts dans la porte. On n a encore jamais entendu, ou que ce soit, un muezzin qui chantait bien. Nous n avons certes pas les mêmes références mais la star'ac ça va pas faire ....

A Kars nous avons mis les bicyclettes dans le train pour aller à Erzurum. C était ce matin. 250 kilomètres, 5 heures 30 de voyage, on a le temps de photographier le paysage au passage, à cette vitesse les images ne sont pas floues. Les trains turcs sont très confortables, on a la place pour trois fois nos jambes, ça change des TGV francais. Bon vu la lenteur des engins il vaut mieux être bien installés.... Et le prix est vraiment dérisoire ...En tous cas c est super beau tout le long et nous restons scotchés contre la vitre pendant tout le trajet.

Eh bien voilà, comme vous pouvez le constater, après quelques passages et moments un peu difficiles nous sommes repartis d un bon pied. Nous avons l aval de Teheran pour nos visas et passerons la journée de demain probablement en grande partie au consulat pour avoir le fameux tampon. Ca ne devrait théoriquement pas poser de problème. J ai fait des photos d identité avec le foulard hier à Kars.... Nous quitterons Erzurum à vélo pour le dernier tronçon en Turquie, qui nous verra passer au pied du Mont Ararat et au bord du lac de Van : encore de belles choses en perspective.

La rubrique 'Nous suivre' 'En chiffres' a été complétée ainsi que le chapitre des finances. Que ce soit pour la galerie, les chiffres et tout, la séparation entre Ouest et Est de la Turquie se situe à la fin de la Cappadoce.

Nous avons la pêche et à part un bon morceau de comté ou un peu de cancoillotte, rien ne manque, allez, une bonne saucisse de Morteau pas trop grasse...

Et merci à ceux qui nous envoient des messages d encouragements ou des messages tout court, nous les lisons avec attention et toujours avec plaisir.

Ciao à bientôt ....

 

Erzurum- Dogubayazit

 

Bonjour,

C est une très rapide mise à jour aujourd hui parce que la précédente n est pas si vieille !!!! Donc juste pour dire que nous avons battu je pense un reccord pour l obtention du visa iranien. Rien n était gagné d avance car pendant le ramadan le consulat n est ouvert que le matin et on se voyait donc bien partis pour rester ... un jour au moins. On avait tout préparé : photocopie des passeports et photos d identité avec le voile pour moi. On est arrivés tôt vous vous en doutez pour passer dans les premiers. Le type au guichet a d abord vérifié cette histoire de numéro de Téhéran : c est bon tout a été transmis. İl nous distribué les formulaires à remplir en double exemplaire où ils vont jusqu à demander le nom du père et tout un tas de trucs. Il nous donne les coordonnées du compte bancaire où il faut aller porter les 120 euros et nous dit que si dans une heure on est de retour avec tout on aura notre visa ce matin. Commence une course folle, le consulat est complètement excentré, on saute dans un bus presqu en cours de route et on court à la banque où il faut prendre un ticket comme à la boucherie. Pendant ce temps je remplis les papiers. Ca va assez vite, on remonte au consulat en courant et il faut qu on repasse à midi pour récupérer nos passeports .... tamponnés de deux jolis visas si précieux !!!

On est repartis dans la foulée de Erzurum et avons suivi tout le long la rivière Araxe jusqu à ce qu elle fasse la frontière avec l Arménie. Il n y a pas de trouble pourtant l armée est présente un peu partout. Nous avons fait trois belles et assez longues étapes, passant entre les gouttes des orages. Beaux paysages, un peu de poussière parfois.

Hier, et c est le second motif de cette petite mise à jour nous avons passé la barre fatidique et toute symbolique des 10 000 kilomètres. C était à l heure du repas de midi donc on s est payé le plus grand restaurant du monde, en terrasse s il vous plait, d ailleurs il n y a qu à voir la photo ci dessus..... Bon ça ne nous a rien fait de particulier même si on est bien contents quand même que nos compteurs ne soient pas repassés à zéro. İls ont cinq chiffres on est donc tranquilles jusqu à 99999 km, il y a de quoi voir venir !!!

Aujourd hui nous sommes au pied du Mont Ararat mais ici il ne faut surtout pas dire comme ça car Ararat est un nom arménien. İci on dit 'Agri dagi'. On s est fait reprendre une fois il y a très longtemps mais on a bien retenu la leçon .... Donc ci dessous une photo du fameux Ararat qui culmine à 5137 m ou quelque chose comme ça, de toutes facons aujourd hui il a mis un bonnet et il y a deux heures en arrière on était sous la flotte. On a même ressorti les coupe vents .... ça faisait si longtemps !!!!

 

 

 

Nous allons rester à Dogubayazit jusqu à demain matin et visiter les deux trois choses qu il y a à voir. Le cadre est magnifique. Nous sommes à 35 km de la frontière iranienne mais nous avons le tour du lac de Van à faire avant de repasser ici. En effet, nous ne pouvons pas passer la frontière ailleurs. Pour ceux qui suivent en détails, nous passerons par Muradyie et Tatvan puis Van ou nous prendrons probablement un bus pour remonter ici.

Voilà vous savez tout, que des bonnes nouvelles. Et l Orient se fait de plus en plus sentir ....

Ciao à vous.

 

Lac de Van et Kurdistan.

 

Les mille et une nuitsA Dogubayazit nous avons visité le palais des mille et une nuits dans toute sa splendeur, dominant la ville et la steppe sous un ciel d un bleu incroyable. Un endroit magique où l on serait bien restés des heures..... C est la forteresse qu Ishak Pasa, un chef kurde, avait fait construire au 18 ème siècle, on s y croit, à déambuler entre ces murs de pierre dont la couleur incite à la rêverie et à l oubli. De retour en ville nous sommes subjugués et attirés comme des aimants par cette masse imposante qu est le Mont Ararat. Pas un nuage ne gêne à sa vue et on le regarde encore longtemps dans le rétro en quittant l agglomération. Nous repasserons a Dogubayazit , nous reverrons nous espérons et l un et l autre .... Il y a des photos dans la galerie, meme si elles ne donnent pas l effet recherché. C est trop grand....

Même s il y a un moment que nous rencontrons des Kurdes, ici, il n y a pratiquement plus de Turcs. Nous sommes en plein Kurdistan et pas si loin de la frontière Irakienne. La situation est assez calme en ce moment et d ailleurs si nous n étions pas au courant du conflit qui concerne ces deux peuples nous ne nous rendrions compte de rien. Nous avons (eu) quelques difficultes avec les gosses d une dizaine d années qui visiblement ont une agressivité assez marquée envers le touriste. Alors comment ça se traduit ? Ben on se fait balancer des cailloux et le ton des propos qui vont avec, même si nous ne les comprenons pas, n a rien d équivoque. Alors aucun de leur projectile ne nous a jamais atteint mais j en ai engueulé quelques uns parce que laisser faire n est pas une solution. Ce qui est encore plus étonnant et déroutant c est que la présence d adultes voire d enseignants n y change rien. Pourtant avec les adultes nous n avons jamais aucun souci, ils sont toujours aussi adorables. Apparemment c est comme ça dans ce petit coin de Turquie et ça ne concerne pas le Kurdistan en entier. Bon... Il fut donc inimaginable de tenter de planter la tente aux abords des villages donc soit c était vraiment dans des coins déserts ou alors les stations service. C est vraiment top les stations service, il y a de l eau, parfois même des douches, toujours des wc, de la compagnie et toujours ils nous invitent soit à manger soit à prendre le thé, nous avons passé des soirées mémorables derrière les pompes à essence.

Il y a même eu un soir, on était dans un jardin sur le terrain du patron de la station et on mangeait nos pâtes, la gamine des voisins nous proposent d aller manger avec eux, je lui explique que nous mangeons ici, je pensais qu elle avait compris. Elle avait tout juste tourné les talons que notre hôte nous propose aussi à manger, je fais la même réponse. Alors il y a eu malentendu et tous nous ont apporté à manger là où on était, ayant compris qu on voulait bien manger mais sur place. On a mangé trois fois, pates, riz et semoule, et nous avons bu le thé dans les deux familles et passé un très agréable moment avec eux tous.... On a bien géré le timing et tout s est fait dans l ordre et sans précipitation. Alors il faut juste ajouter qu ils viennent avec tant de gentillesse que ce serait un affont de refuser même si là en l occurence, on pensait avoir été clairs .... Bon ben on n a pas eu faim cette nuit là !!!

Il y a eu des jours le long de cet immense lac de Van grand comme une mer où il nous aurait fallut quatre bras et mains pour répondre à tous les signes. Les chauffeurs routiers sont vraiment adorables. Il y a des travaux importants à certains endroits donc de la piste, de la poussière, des trous et toujours ils sont patients et jamais ils ne nous serrent ou ne montrent des signes d énervement. Nous attendions d être presque sortis du pays pour pouvoir en juger mais on ne comprend pas, d un point de vue de cycliste, pourquoi c est soi disant dangereux. Que ce soit à l Ouest, au centre, au sud, au nord, à l est, partout, sur les grands axes ou les petites routes, nous avons roulé sereins et détendus par rapport à la circulation. Et ce n est pas rien.... En Iran je ne sais pas trop ce qui nous attend mais apparemment ce n est pas triste ... On va se gaffer, être encore plus vigilants.

D ailleurs on en profite pour parler un peu de l état des routes : dans l ensemble elles sont très bien, rien à voir avec la Bulgarie par exemple. Par contre, quand ils refont le 'macadam' qui nous convenait parfaitement, bien lisse et plane, ils mettent du goudron bien chaud bien puant et dedans le camion benne quelque chose qui ressemble à du balaste tellement c est gros. Pour nous c est d enfer !!! C est Parkinson avant l heure !!! On a même vu, dans le goudron chaud et non recouvert un camion, en côte, en travers et qui patinait tout ce qu il pouvait, provoquant un embouteillage. On se croyait dans la côte de la Main sur la RN 57, un jour de chute de neige ..... Et nous on essaie de se frayer un passage là dedans, l état des pneus et des godasses, on ne vous en parle même pas. Les joies du voyage. Et il y a donc des routes très rugueuses, par opposition à lisse, ou des routes très bosselées, par opposition à plane et des routes rugueuses et bosselées qui sont du pur bonheur .... Là où c est le mieux et c est toujours comme ça c est quand ça monte bien. Ce revêtement, on l a trouvé surtout dans les régions où il peut y avoir de la neige. Ca doit être costaud, et moins cher.... c est très rapide à faire !!!! Et c est chaque fois pareil dans ces moments là, c est seulement une fois qu on est passés qu on se dit : 'On est cons on aurait du prendre des photos' mais il est vrai que sur le moment on ne pense qu à sortir au plus vite de cette odeur qui prend les bronches, de cette chaleur ou de cette poussière...

L eau du lac de Van est très alcaline et au toucher c est comme s il y avait de la lessive dedans. C est du, je crois, au fait que le niveau ne se fait que par évaporation. Aucune rivière ne sort du lac. Le lac de Van doit son exıstence à l activité volcanique passée de la région. Toujours est il que c est très doux et très spécial mais il y a quand même des poissons. Nous nous sommes baignés, la température y était parfaite, le lac est tout de même à 1800 m d altitude .... Et puis se baigner dans la lac de Van a quelque chose de magique, c est tout et c est comme ça. L eau est très limpide, turquoise et nous avons pris grand plaisir à rouler sur ses rives même s il y a quelques cols à passer encore. Nous avons visité quelques sites en cours de route comme un cimetière seldjoukide avec des tombeaux particuliers et uniques ainsi que la petite église très jolie et très originale qui est sur l ile d Akdamar au sud du lac.

Alors le Kurdistan, littéralement la terre des Kurdes (stan veut dire terre) eh bien ca leur tient vraiment à coeur....Ils en parlent, ils nous en parlent. Quand nous étions beaucoup plus à l Ouest, une fois j avais demandé à un Turc comment était la situation au Kurdistan, il m avait regardée en questionnant - ou ? J avais répété : - au Kurdistan. Et là il m avait dit en me regardant bien : le Kurdistan n existe pas ! Ca remet en place. Alors on s est gaffé tout le long et ici bien sur c est l inverse, quand ils voient notre guide Lonely Planet marqué Turquie on sent bien et ils le disent ils voudraient bien ajouter : et Kurdistan. On ne fait pas de politique même si on sait qui est Oçalan.

Nous allons bientôt quitter ce pays dans lequel nous aurons passé quand même pas mal de temps, 11 ou 12 semaines, on y est entrés le 3 Juillet. C est un pays facile pour le voyageur, nous avons vraiment eu beaucoup de plaisir à y rester tout ce temps, on ne le dira jamais assez, le sourire des gens et leur simplicité tout le long et partout nous ont aidé à avancer. Rien à dire, l épicier méticuleux appuie sur les touches de sa calculette bien devant nous et lentement pour que nous puissions voir en même temps, pas d arnaque, et jamais on ne nous a rien demandé suite à un thé, un repas, une nuit chez l habitant. Nous nous sommes parfois faits prendre de court : nos courses étaient déjà payées .... C est hallucinant et très loin de l image qu on peut avoir de ce peuple vu depuis la France. Les paysages sont beaux et variés, les différences Est/Ouest arrivent en douceur, petit à petit et il faut vraiment faire un flash back pour se dire : 'Ah oui dans l Ouest ils n auraient pas fait comme ça'. Nous nous sommes sentis à l aise partout sauf dans un ou deux endroits très reculés mais ce fut très bref et il n y a jamais eu de faits vraiment désagréables. Le pire qu on ait eu ce sont ces gosses ces derniers jours mais ça reste très gérable.

Les chiens et notamment les Sivas Kangal, ne nous ont pas trop importunés. Pourtant on les craignait. C est vrai qu ils sont imposants et ce collier de clous énormes qu ils arborent est impressionnant. On en a eu parfois trois ou quatre aux trousses en même temps mais toujours ils se sont contentés d aboyer, jamais ils n ont tenté de nous attraper. Ce collier à l origine servait à les protéger des attaques des loups, la coutume est restée même s il ne doit pas bien rester des risques vu la population actuelle de loups.

Et puis une anecdote encore pour la Turquie et j aurais aimé mettre une image : les panneaux stop. İls sont comme en France sauf que Stop en Turc ça se dit : Dur. Donc les panneaux au milieu sont marqués : Dur. Je vous laisse imaginer dans les moments difficiles.....comme ça pouvait être encourageant !!!!

Nous allons donc passer en Iran, j ai acheté un foulard et ce qu ils appellent une tunique : un vêtement manches longues et qui descend bas et couvre les fesses parce qu il ne faut pas pouvoir deviner les formes. Oui je devrai pédaler avec mon buff sur la tête tout le temps sous le casque malgré la chaleur probable, oui je devrai mettre mon foulard dès que j oterai le casque, oui je pédalerai et suerai à flot sous mon pantalon et dans ma tunique mais c est comme ça, nous irons un peu moins vite, ce n est pas grave. On sait par d autres cyclos que les gens de ce pays sont supers et c est sans appréhension que nous passerons la frontière. Il n y aura à craindre que la chaleur et la circulation. Nous avons envoyé il y a quelques heures un colis pour la France contenant les objets et vêtements dont nous n aurons plus besoin, sandales, shorts, débardeurs, mon pavé de livre que j ai terminé à la hâte ce matin, maillot de bain, pantacourt, ça va m alléger et nous pourrons peut-être ainsi dans certains coins emmener plus d eau ou de provisions.

C est une page qui se tourne, nous entrons encore un peu plus en Orient, nous entrons en Perse avec tout ce que ça peut contenir de magie ou de rêve. Nous continuons notre chemin à la rencontre de nouvelles choses, nouvelles coutumes, nouveaux peuples, nouveaux ... tout. Ca fait quand même quelque chose, nous ne sommes pas indifférents ce passage et puis il va falloir se remettre au boulot au niveau du vocabulaire ....!!!

Ciao à vous.

 

 

Premiere semaine en Iran.

 

Cinq cents mètres avant la frontière, j ai ôté mon casque et mis le foulard par dessus mon tube. J ai ma tunique sur le dos et mon pantalon depuis le départ car nous avons dormi encore en camping sauvage station service, à six kilomètres de la barrière. On se tient à carreaux, veillant à respecter toutes les règles en vigueur. Nous sortons de la Turquie facilement et rapidement et derrière la barrière, là bas, à 400 m, c est l Iran. J aime bien les no man s land entre les postes frontières. Vous allez être déçus on nous a juste demandé l itinéraire projeté, on a menti pas mal, personne ne vérifiera, c est écrit dans le guide, donc il vaut mieux rester très classique dans ce qu on annonce. Paf, un coup de tampon, vous pouvez y aller c est terminé. Ah ! Déjà ! Nous aussi on serait presque déçus que ce soit si facile. En tout et pour tout vingt minutes et nous voici en Perse. On se sentait presque chez nous en Turquie, on avait acquis un peu de vocabulaire et d assurance, on avait des habitudes et des attitudes, c est fini, terminé, il faut recommencer l apprentissage et ce n est pas peu dire. Nous sommes en plein ramadan, en Iran, en vélo, le long des routes, petites si possible. Ici ils écrivent de droite à gauche en arabesques esthétiques auxquelles nous ne comprenons rien. En quelques jours nous avons assimilé les chiffres. Ici on paie en rials mais les prix sont affichés en tomans, un multiple. Et les nombres, eux, s écrivent ou se lisent de gauche à droite, la simplicité même. Bonjour les indications routières. Ici quand on boit le thé ce n est pas dans des petits verres fins et élancés mais dans des tasses et le morceau de sucre ne se met pas dans la tasse mais sur la langue et chaque gorgée vient arracher quelques particules et le faire fondre gentiment. Le morceau dure le temps d une tasse. Revenons à nos moutons ...

Jusqu à Maku c est très roulant, nous essayons d accrocher quelques regards, quelques sourires. J ai ôté mon foulard et n ai laissé que le tube sous le casque. Ca ira comme ça, quand je m arrête je remets le foulard. Quand on remplit le formulaire de demande de visa on s engage à porter le foulard islamique. On est vendredi, jour saint, tout est horriblement mort mais on trouve tout de même du pain et une épicerie ouverte pour complèter nos courses et on roule. On roule en Iran .... Et eux aussi roulent ... mais pas comme nous, ils font de monstrueux écarts, prennent les sens interdits et remontent à contre sens, doublent n importe où. Ceci dit nous ne nous sentons pas particulièrement en danger car ils s écartent bien, à quelques exceptions près ou alors passent au ralenti pour mieux nous voir et ... nous photographier. Beaucoup de signes.

Les femmes sont en noir de la tête aux pieds, fantômes qui glissent dans les rues chaudes. Les villages sont très espacés et nous avons un peu souci pour l hébergement de ce soir mais Mamoud sur sa moto vient nous inviter à boire le thé alors même qu on comptait s arrêter à cette maison isolée demander de l eau et l autorisation éventuelle de planter la tente à proximité. Ismael, le père de Mamoud, est azéri, comme tout le monde ici et nous installe finalement dans une pièce inoccupée dont le sol est recouvert de tapis, comme toujours. Ismael parle un peu anglais, deux cyclos allemands déjà rencontrés débarquent plus tard et dorment dehors. Ismael fait du thé pour tout le monde et répond aux nombreuses questions, belle soirée. Ce n est pas vraiment sa maison mais un local sur son chantier de fabrication de moellons, sa famille n est pas là, il est architecte.

Le lendemain notre itinéraire quitte les sentiers battus, nous partons en effet en direction de la vallée de l Araxe (eh oui encore, pour ceux qui suivent) et rejoignons donc Jolfa où nous nous installons à l hôtel. En cherchant un café internet, je me rends compte que seuls ceux réservés aux femmes, bien sur, me sont autorisés, ce qui ne simplifie pas ma tâche. Je finis par en trouver un et rencontre une jeune de 27 ans qui me demande d emblée d assister à son cours d anglais dans trente minutes. J accepte avec plaisir et me retrouve à faire une présentation improvisée de notre périple, de nous de la France. Le prof, un homme, me bombarde de questions ainsi que la quinzaine d étudiantes, toutes en noir, de haut en bas. Ma tunique blanche n est déjà plus nette et mon foulard clair tranche, je me sens "plouc" mais elles me mettent à l aise en n accordant que très peu d importance à mon apparence. Les questions sont diverses et variées : est-ce que je souffre d avoir à porter le foulard, qu est ce que je pense du ramadan, quelle est ma couleur préférée ( je fais attention, le rouge est maudit, je ne sais pas la raison profonde, pose la question, mais les regards se baissent et je rentre bredouille), ma famille, mes revenus, nos métiers, est ce qu on a de l argent économisé, mon héros d enfance était-il un homme ou une femme. J essaie de répondre intelligemment, en faisant gaffe tout en restant honnête, le tout dans un anglais le meilleur possible. Je suis contente d être là, cette expérience me réjouit mais l heure a tourné et Michel doit se demander ce que je fais. Je quitte le cours et rentre à l hôtel.

A vingt heures ils ont le droit de manger, nous descendons dans un resto et là, en passant le seuil, on a du rester cloués sur place, le temps de réagir, la bouche et les yeux grands ouverts. De chaque coté d une large allée, il y a des rangées de tables, d un coté les hommes, chemisettes et couleurs, de l autre coté, en noir, les femmes. Passée la surprise on se rend compte que tous les regards sont sur nous, nous avançons et je cherche une place parmi les femmes. Une qui parle anglais veut m aider mais à ce moment là deux places se libèrent ailleurs et du coup ils nous installent ensemble, Michel et moi, à une table de femmes. On nous apporte rapidement le menu traditionnel du ramadan, riz, poulet ou viande hachée, tomate cuite, salade, yaourt, pain et un coca avec une paille... La jeune femme qui est en face de moi parle un anglais parfait, mon foulard glisse sans arrêt, je transpire comme une folle dessous, elle aussi me met à l aise en disant de ne pas m occuper de cette écharpe, qu elle est bien comme elle est. La conversation va bon train, Michel mange serein, nous avons bon appétit. Le riz ici se mange avec la cuillère, pas la fourchette, on imite nos voisins, épiant chacun de leurs gestes pour les copier. Les tables des hommes se vident toutes d un coup et les femmes qui s en vont, après avoir avoir distribué quelques friandises sucrées, le font par petits groupes. Elles saluent de manière religieuse le reste des présentes en leur serrant la main mollement mais longuement en se marmonnant mutuellement quelques phrases à peine audibles. Au moment de partir, après quelques photos, ma voisine me dit que nous sommes ses invités, que c est la coutume avec les étrangers. Je refuse mais devant son insistance, finis par accepter. Le patron aussi voulait nous offrir nos repas. Pour eux, nous sommes des envoyés de Dieu !!!! Nous remontons à la chambre complètement harassés,crevés, vidés par toutes ces émotions. Quelle entrée en scène dans ce pays !!! C est du délire complet. Les femmes, notamment celles, on le devine, appartenant à une classe moyenne à aisée sont d une élègance très raffinée. Sous le manteau il y a des broderies et probablement des dentelles et dessous chics.... Elles sont maquillées avec soin, le teint est nickel, elles ne montrent que leur visage, aux pieds, chaussures vernies ou talons aiguilles, noires toujours, démarche ondulante. Cacher les choses interdites pour encore mieux les laisser deviner.... Dans les classes moins aisées, sous le manteau, un chemisier quelconque, à rayures ou à pois, un pantalon comme un pyjama et des chaussures informes. Chez d autres encore, sous le manteau : le jean s.

Le lendemain nous partons tôt encore et cherchons des yeux la montagne qu a percutée l Arche de Noé avant de s échouer sur le mont Ararat. L Araxe sur sa rive nord, en quelques dizaines de kilomètres, voit défiler le Nakichevan, enclave azérie dans l Arménie, puis un bout d Arménie, puis le haut KArabagh, territoire peuple d Arméniens faisant partie de l Azerbaïdjan, ou c est toujours très tendu, puis l Azerbaïdjan tout court. Au sud de l Araxe, il y a l Iran. La géopolitique procure ici comme un frisson. De plus, nous sommes dans des gorges très encaissées ce qui ne fait que rehausser le tableau des sensations fortes. Coté iranien il y a une présence militaire mais les bidasses sont détendus et souriants, on engage souvent la conversation, il n y a pas de souci particulier. Par contre, de l autre coté, ça patrouille le long de la voie ferrée, coupée. Les petites cabanes très fréquentes, perchées sur quatre pieds dans la vallée ne sont pas des observatoires ornithologiques mais des miradors. Vouloir passer la rivière et longer la voie ferrée serait suicidaire le long du haut Karabagh, mieux vaut faire du tourisme tranquille de ce coté ci. De ce coté, les bases militaires, de construction récente, ont la forme de châteaux forts moyen-âgeux avec créneaux et tours de guet, c est assez marrant. Tous les 5 kilomètres hop, un fort, occupé bien sur. Les photos sont interdites presque tout le long mais bien sur nous en prendrons quelques unes en restant très prudents, que du paysage et un caravansérail.... La route n est pas très passante, c est tranquille, elle n est pas marquée sur les cartes sauf les plus récentes. Nous en avons eu connaissance par la carte que les cyclos allemands avaient. Au passage on visite une église arménienne imposante, en rénovation, on nous offre de l eau fraiche, du thé, pain et fromage ... Ca continue. Nous passons la nuit dans un petit village ou nous avons demandé un local, c est moins marrant, nous sommes un peu obligés de nous enfermer à clef car sinon, on serait 60 dans notre pièce. On ne peut pas leur reprocher d être curieux mais on est parfois obligés de mettre les hola ! Le lendemain nous comptons nous ravitailler à Khoda Afarin, il y a un gros point sur la carte mais rien sur le terrain autre qu un immense barrage en construction et deux ponts d époque séfévide qui aboutissent aux ruines d un village détruit du Haut Kharabagh. Un peu plus loin, alors qu on pique nique, une auto s arrête, les types habitent à Ahar, c est sur notre itinéraire, ils nous laissent un numéro de téléphone, nous sommes invités quand nous passerons dans cette ville. En attendant ils nous offrent le thé, là , au bord de la route, thermos, sucrier, verre en verre, rien ne manque. Photos.

Encore un peu plus loin toujours pas de magasin ouvert, on a assez à manger mais devant l insistance de deux types en auto qui nous prennent en photo, on charge tout et on monte. Ce jour là trois personnes différentes se sont arrêtées et nous ont donné des biscuits, des boissons fraiches, de la bière iranienne ( je ne décone pas), sans alcool, du jus d ananas et d orange, des délices quoi ..... Nos deux vélos dans le coffre d une voiture sans haillon , nos affaires et quatre occupants nous inclus, nous voici partis à Kaleybar. Nous franchissons trois cols à 2000 m dans de merveilleux paysages mais on est bien contents d avoir fait ces 65 kilomètres en véhicule.

A Kaleybar l hôtel est fermé pour cause de ramadan. Massoud, un étudiant en mathématiques parlant un anglais sans faute nous prend en main et nous installe dans la maison de jardin de la famille d un de ses amis. Le rêve : tranquilles au vert, de l eau de source, des tapis, du gaz, un frigo, la tv si on veut, et ils n acceptent rien, ni les uns ni les autres. Tout s enchaine très vite. A Kaleybar il y a une forteresse perchée, le fort de Baback, chef rebelle du IX siècle, héros de l azerbaïdjan turc, il est honoré pour avoir harcelé le pouvoir abbasside arabe entre 815 et 837. Personne ne sait s il était kurde, turc ,azéri ou perse mais les azéris ne voient pas de contradiction entre leur ethnie et leur identité iranienne ni entre leurs racines zoroastriennes et leur foi musulmane d ailleurs. Bref chaque année en Juin, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent autour de la plus grande forteresse de montagne de l Iran. Pour y accéder il faut monter 500 m de dénivelée, nous laissons les vélos et nos affaires chez MAssoud pour la matinée, il ne peut nous accompagner car pour lui c est la rentrée scolaire. Cette demi journée de marche nous a fait le plus grand bien, on a la vraie pêche au niveau physique.

En début d après midi, nous reprenons la route et arrivons, au bout d une étape particulièrement éprouvante à Ahar. Nous interceptons le premier type qui passe avec un portable et appelons notre contact. En l attendant c est une centaine de personnes qui se masse autour de nous, ils veulent se faire photographier avec nous, c est du délire complet. Je cherche Michel des yeux, qui lui me cherche pareil, on répond aux questions qui fusent de partout, c est de la folie pure. En même temps c est calme et aucun ne touche ni à nous ni à nos affaires. Le rond point se trouve obstrué, les automobilistes klaxonnent, nous sommes la cause d un véritable embouteillage..... Il faut préciser que tous ces gens sont là uniquement par curiosité ils n ont rien à nous vendre et dès que l on fait un pas en avant, ils nous laissent le passage. Des bons moments que ces bains de foule.....Heureusement l attente est courte et c est sous escorte au moins présidentielle ( une auto devant, un cortège de motos derrière) que nous allons jusque chez Ibrahim ou nous sommes reçus comme des pachas. Nous faisons les six heures dans une maison, mangeons avec les voisins, dormons chez les premiers. Une des femmes m introduit dans la pièce ou elle va faire sa prière et j assiste, assez médusée, à tout ce rituel assez long et compliqué. Assise en tailleur dos au mur dans un coin j observe en silence. Elle déroule son petit tapis de prière sur lequel elle en pose un plus petit ( 30 x 30 cm), en haut duquel il y a un carré de mousse qui sert a recevoir le front lors des prosternations, elle se lave les pieds et se passe les mains deux fois sur le visage. Elle se recouvre complètement d un drap qui ne laisse voir que le visage, elle s isole. Commence alors une suite de prières récitées debout alternant avec des prosternations. Quand elle termine, elle passe de nouveau deux fois ses mains sur la visage et range son petit matériel. La vie reprend, je lui explique le signe de croix, la génuflexion. Elles ne connaissent rien de notre religion puisque la leur est l Unique.... Les hommes sont partis, j en profite pour les prendre en photo sans leur manteau et j ai même l occasion de les voir sans rien sur la tête, ce qui change beaucoup une femme.... Michel est parti avec les hommes. Il y a un rassemblement : 20 hommes dans une pièce, 20 femmes dans une autre. Après de nombreux thés, la cérémonie commence. Prières, prières, chants, debout ou à genoux tournées vers la Mecque, ça dure plus d une heure déjà. Lors d une pause je m éclipse car je tombe littéralement de sommeil. Ca dure jusqu à minuit, les hommes ont éteint la lumière et on entend les pleurs, ils commémorent le martyr d Hussein dans un rituel et des gestes bien précis, chorégraphie parfaite ou ils miment la flagellation. Je ne vais pas refaire l histoire mais quand Mahomet est mort en 632 sans instruction concernant sa succession, certains ( futurs sunnites) adoptent comme prophète le beau père et ami de Mahomet alors que d autres ( futurs chiites), adoptent Ali, cousin et gendre de Mahomet. Les Iraniens sont chiites. Le fils d Ali, Hussein, fut tué en 680 dans des circonstances barbares. Le sunnisme c est comme les orthodoxes de l Islam. L histoire sanglante du chiisme a conduit à un culte très particulier des martyrs et des morts en général. Merci Lonely Planet pour ton aide .... Cette cérémonie est assez éprouvante physiquement et certains terminent en sueur et bien essoufflés. A la fin de tout, je descends aux toilettes, on m intercepte encore pour le thé. C est vraiment l immersion complète parmi la population iranienne, nous n assisterons pas à ça deux fois, c est une grande chance. Tout ceci se passe dans la joie et la bonne humeur, ils continuent à siroter du thé et à répondre a leur portable, les gosses font le cirque à coté .... On est un peu déroutés. Nulle part ailleurs dans la ville, on n entend d autre cérémonie de ce genre, oui parce qu ici il y a micro et haut parleur quand même. Pendant ce temps la nuit passe et la journée d hier aussi.

Et hier soir, après encore un bain de foule mémorable à Mesching Shar, nous avons dormi dans une maison qui jouxte une plantation de pommiers. Le type, le proprio n habite pas là mais comme il devait aller en ville, il nous a ramené, sans qu on lui demande rien, cadeau, du thon, des dattes, un melon énorme, un yaourt d un kilo et du pain, du meilleur car ici il y en a quatre sortes , ça va du bout de carton à la bonne galette. Ils mangent l un ou l autre suivant la circonstance et le moment de la journée. On est chez lui, seuls, il y a une liasse de billets sur une table basse mais la confiance règne. Et la question qu on se pose :

CA VA ETRE COMME CA TOUT LE LONG ?

Il ne passe pas bien des touristes là où nous sommes.

Voila ce que l on vit en Iran, le voyage a pris une autre dimension. J ai vu des femmes épanouies et hilares, on en a même vu quelques unes au volant et je me dis que s il y en avait plus il y aurait moins d accidents dans ce pays qui bat des records sordides en la matière. On sait la rigueur et la place de la religion ( ils ne pensent qu à ça toute la journée), on sait la condition des femmes et la loi .... Et quand on voit comme on est reçus, on a du mal à tout comprendre. C est vraiment déroutant. Le poster de l imam Khomeini est affiché sur la porte de notre maison de ce soir, à l extérieur. Celui de l imam actuel est à l intérieur et l une des premières choses que notre hôte a dit quand on a décliné notre nationalité fut que c est en France que l Ayatollah a été exilé politique : alors : Vive la France ..... Nous n avons pas de politique à faire, de leçon à donner ni à recevoir, nous sommes là en simples spectateurs, nous engrangeons à une vitesse pharamineuse des tas d informations qui viennent pour l instant simplement se stocker, se ranger dans notre cerveau. On va dire qu on se cultive. Nous appréhendions d arriver en Iran en plein ramadan mais c est finalement une chance. Nous voyons aussi que tous ne le respectent pas à la lettre et personne ne nous klaxonne quand on pique nique au bord de la route ni ne dit quoi que ce soit quand on boit un coca frais en ville. Il y en a même qui piquent en douce une ou deux noix décortiquées dans le petit filet accroché au caisson à Michel, ils ne se cachent pas de nous mais des autres. Mais l Iran, hors des sentiers battus, loin du tourisme, l Iran tel que nous le pratiquons depuis une semaine, c est quelque chose... Tous ces moments sont vraiment des moments forts. Malheureusement il y a des tas de choses qu on ne peut photographier pour vous montrer, par respect ou interdiction.

A part ça et pour terminer nous pédalons sereins et détendus. Nous risquons cependant de faire de plus en plus de véhicule pour diverses raisons : les distances très longues, la chaleur, le vent très fort, une jante à Michel qui se détèriore petit à petit (jusqu à quand avant de lâcher complètement) et une envie de pédaler qui s effrite un peu .... l effet Iran. Peut-être vaut il mieux ici, passer plus de temps avec les gens que sur les vélos .... On fait de la couture sur pneu à cause de sa jante, on a changé celui de la petite roue de mon vélo, on a passé les 11 000 km. Je transgoutte à grosses pires sous ma tenue de camoufflage, nous mettrons les voiles (dans tous les sens du terme) demain pour la Caspienne, nous sommes à Ardabil. Nous nous sentons en parfaite sécurité, nous n en avons pas encore eu l occasion mais maintenant que nous avons quitté les zones frontalières surveillées, nous n aurons aucun scrupule à faire du camping sauvage s il le faut, d ailleurs, les gens, la police, les étudiants, tout le monde a été surpris que je pose la question. Il n y a pas de problème et nous comptons bien mettre à profit les quelques semaines de voyage qu il nous reste pour vivre un maximum d expériences dans cet Iran mal connu.......

Un lecteur nous dit de faire gaffe aux crevaisons, ici, en Perce, enfin, c était pour nous chambrer .... Merci Jean Marie...

Ciao à vous à la prochaine....

 

Sur quel pied danser ? Iran second épisode.

 

La réponse à la question de l autre fois est NON, ce ne sera pas comme ça tout le long.

La Caspienne a vu arriver Michel en auto, après une crevaison et un déjantage (la roue, pas lui !) dans le brouillard et sous la pluie avec des camions qui passent sans cesse ... la joie, quand à moi j ai suivi derrière l auto, 25 km à tourner en ville. Pourquoi ? Ben essayez de trouver une bonne jante ou un atelier de réparation ouvert le vendredi au fin fond de l Iran. On en est même venus à se demander si on allait repédaler. Ibrahim a trainé Michel partout, un soudeur alu a torpillé la jante pour de bon, irrécupérable , en huit, un massacre, mais dans cette bourgade à la frontière de l Azerbaïdjan, on a fini par trouver LA jante, double paroi, profilée, une bonne ! Un exploit à part entière pour 9 euros, mais sans rayon, et là ce fut une autre histoire ... Le type qui l a rayonnée a fait n importe quoi. Quand Michel est rentré avec la roue on n a même pas pu la monter sur le vélo tellement c était pas rond dans tous les sens. Le moyeu n était pas centré, on a passé 4 heures à la clé à rayon et à l oeil pour essayer de limiter les dégats. Le moyeu a 32 trous mais la jante 36 .... Quand Michel refait quelques centaines de mètres à vélo il est déjà si tard et il pleut tellement qu on demande à Ibrahim et Samone s ils peuvent nous héberger une nuit supplémentaire. Ils nous ont gavé de gâteries pendant deux jours, salades, poissons, brochettes de boeuf, poulet, pâtisseries bien grasses, on va grossir en Iran si ça continue .... Ils nous ont emmenés, les soirs, dans des coins sympas ou ils se retrouvent souvent avec des amis, thé, vodka, kaylan (narguilé) sont au programme. Samone a 22 ans, d origine Perse, ne travaille pas, s occupe de leur fils et de leur appartement, elle consacre toutefois une partie de l après midi à la lecture du Coran. Ibrahim a 33 ans, il fait du business dans le textile et est d origine azérie. Ils ne font pas le ramadan. Dès qu elle en a la possibilité, Samone ôte foulard et manteau pour enfiler un vieux Jean s et des "Converse". Pour nous c est plutôt cool, ça change de ce qu on a connu à Jolfa et Ahar. Ils sont financièrement à l aise. Le soir elle me prête Jean s et tunique pour sortir. On était chez eux comme chez nous et il est difficile de s arracher pour partir sous la pluie dans l infernale circulation.

Si infernale d ailleurs qu on a décidé, à Anzali, d aller prendre le bus. C est dangereux de continuer et on ne respire que des gazs d échappement, ça commence à prendre aux bronches. On est acclamés pire que des coureurs du tour de France et sur 100 bornes on en fait peut être seulement 30 seuls. Autrement il y a toujours une auto ou une moto à notre hauteur et des questions qui abondent..... L Iran à vélo .... Ils sont curieux, ni agressifs, ni insistant. Le temps est maussade, pluvieux, voire tempétueux. Nous essayons le stop mais la mentalité a changé et c est en vain que nous restons au bord de la route, les pick-up et les camions ne s arrêtent pas, ne s arrêtent plus. Certains essaient de nous arnaquer sur le prix du pain, ou nous rendent service et ensuite nous taxent un max. On ne se laisse pas faire mais entre le boulanger qui arnaque et celui qui ne veut pas qu on paie, le réparateur cycle qui veut nous dépanner sincèrement et le mec qui nous emmène 60 bornes et nous demande ensuite le prix d une nuit d hôtel, on ne sait plus sur quel pied danser, ne savons plus s il faut faire confiance ou pas, nous nous méfions de gens probablement honêtes et vice versa. Bon, dans l ensemble ça se passe bien même si c est pénible. A Rascht on arrive de nuit, sous la pluie, pour tomber dans un hôtel glauque et bruyant ou la mégère me regarde pas bon sous son masque de Zorro. On s écroule de fatigue, plus nerveuse que physique sur un lit même pas digne de ce nom. Le lendemain, le chauffeur de l autobus pour Babol ne veut pas de nous, ou plutôt de nos vélos, on avait pris nos billets la veille. En plus il y a une histoire de petit tsunami à Babol, ce qui est fort possible vu l activité volcanique sous marine de la Caspienne.

La Caspienne, on a passé une nuit au bord, dans un bungalow, une nuit de tempête, la mer est grise. Depuis la route cotire on ne la voit presque jamais, comme la plus grande lagune du monde d ailleurs, celle de Bandare Anzali. C est galère. Après remboursement de nos billets pour Babol sans problème, on finit par sauter dans un bus pour .... Shiraz, à 1200 bornes de là. Et là encore il a fallut que je joue la grosse comédie pour ne payer qu une partie des 5 places que les vélos occupent alors qu ils auraient pu les mettre en soute. Encore une fois, on s en sort plutôt bien, bien, mais ce n est pas sans mal. Encore une fois on tombe sur des gens extras tandis que d autres sont beaucoup moins scrupuleux.

Le bus a roulé toute la nuit, et à 5 heures du mat on pose nos valises dans la ville la plus au sud de notre itinéraire. Nous remonterons petit a petit.... à vélo.... en passant par Yazd et Ispahan. On ne verra pas Ramsar, ce n est pas grave. On n était plus habitués à faire attention aux arnaques, c est bon maintenant on sait les prix, il faut deux jours pour se remettre dans le coup. Au niveau de la circulation, tant qu on était au nord sur les petites routes, c était le pied mais dès qu on tombe sur des axes "obligatoires", c est impossible. Ils font gaffe à nous mais du coup, en nous évitant, ils accrochent en face ou se rabattent in extrémis, on préfère fuir ça avant que ça ne finisse mal. C est l Iran, on était prévenus.

Ceci dit nous sommes donc à Shiraz depuis hier, ville calme et pleine de jardins avec quelques beaux monuments. A Shiraz on retrouve la magie des coupoles de céramique turquoise et des bulbes étincelants qu on avait vus à Samarcande ou Bukhara lors d un précédent voyage, sauf qu ici ils n ont pas la même forme. A Shiraz il y a des jets d eau et de la verdure, même des fleurs. A Shiraz il y a beaucoup plus de barbus enturbannés, très peu de femmes ne portent pas le manteau jusqu aux chevilles et très rares sont les foulards de couleur. Et je sens bien par les regards qui se posent sur moi que je n ai pas vraiment la tenue adéquate. Regards masculins ET féminins. S il y avait en général peu de ferveur au nord et le long de la Caspienne parce que c était des Azéris, il en est tout autrement ici. Nous sommes vraiment en Iran, certains monuments sont interdits aux non musulmans, Michel a réussi quelquefois à passer, je n essaie même pas, même si je pourrais très bien être musulmane.... Dans certaines mosquées réservées aux femmes, l une ou l autre d entre elles m entraine à l intérieur rapidement malgré le fait que je ne porte pas le tchador normalement obligatoire. C est assez impressionnant ce qu on voit, toutes ces femmes fantômes. Certaines me sourient, d autres me regardent avec dédain et mépris en me déshabillant des yeux, je suis pourtant en pantalon, porte ma tunique, certes blanche, et ne laisse dépasser aucune mèche de cheveux. Mais il faudrait du noir et un long manteau .... Chez les hommes on voit plus de barbus que de cheveux longs..... Par contre et en ville au moins, ils sont beaucoup plus calmes au volant et moins affolés sur le klaxon, ça repose....A Shiraz, notre chambre d hôtel est très sommaire mais propre et spacieuse et le patron est souriant. On est contents d être à Shiraz. On est contents de retrouver ces villes resplendissantes où à chaque coin de rue l émerveillement est renouvelé. Couleurs et formes. Les posters nous enchantent moins que la splendeur et les fastes architecturaux. Shiraz incarne le berceau de la culture persane et abrita, en son temps, nombre d artistes et penseurs brillants tels les poètes Hafez ou Saadi.... Shiraz fut capitale.

Aux alentours c est montagneux et désertique et les monts Zagros, s ils sont peut-être verdoyants au printemps ne le sont plus à l automne. Ici pour la première fois nous avons vu des burkas, seulement les yeux sont visibles. Je me demande comment elles tiennent par cette chaleur ... l habitude surement. Hier c était la fin du ramadan, ils passent la journée à manger et tout est fermé. Le bazar était vide, on voyait bien les voutes et les murs. Ici, il faut faire 6 magasins pour se concocter un repas, ça nous prend énormenemt de temps.

L Iran est un pays facile si tu dors toutes les nuits à l ô, que tu vas de ville en ville en bus, sans vélo à trimballer, que tu manges au resto tout le temps, mais ce n est pas un pays facile s il faut parfois camper, se déplacer à vélo et se nourrir autrement qu à coups de kebabs matin midi et soir. Nous allons bien, nous nous adaptons aux situations et ne sommes ni malades ni fatigues. Ce pays est usant dans le sens ou il faut faire attention tout le temps, non pas aux vols ou aux agressions parce que de ces cotés ci le risque est quasi nul mais à la circulation, à la chaleur. Les motos roulent dans les allées des bazars, on va dire que c est extrêmement vivant ..... c est carrément un beau bordel. Pour traverser une ville moyenne à vélo il faut regarder devant, à peine sur les cotés, et y aller franco, ne jamais s occuper de ce qui peut se passer ni de ce qui vient derrière, ne jamais hésiter. C est un peu stress même si on finira par s y faire. Quand aux trottoirs, il faut oublier, c est la voie des motos, des stands de tir à la carabine, des charrettes de pommes, des poussettes et des marchands ambulants. Le plus beau de ce pays reste à voir, Yazd, Persepolis, Ispahan. Nous savons que les étapes seront pénibles à cause de la chaleur mais il est encore plus pénible de trimballer des vélos dans des gares routières avec toujours l incertitude du départ même quand tout semble en ordre, c est trop aléatoire. Nous savons aussi que, au nord, loin du tourisme habituel, nous avons mangé notre pain blanc au niveau contact avec la population. Ce n est pas dans les villes ou les bus de 60 personnes débarquent qu on aura les meilleurs contacts, peut-être par contre sur la route... On verra. Mais nous sommes contents d être là où l on est, on continue à vivre intensément, à en prendre plein les yeux et la tête dans le bon sens du terme, l Iran est une experience à vivre et Inch allah ...

A la prochaine.....

 

De Shiraz à Yazd.

 

A chaque fois que je mets à jour en disant que nous avons galéré à peine, je me demande ensuite si c est bien de le dire car certains se font du souci. En fait, il faut bien se dire que tant que j écris c est que tout va bien puisque j ai du temps à y consacrer. Et puis ce blog se veut d être le reflet de la réalite alors ...... oui il y a parfois des moments un peu plus pénibles. L important est d être en forme, le reste, ce ne sont que des petits désagréments sans conséquence.

Enfin je dis ca, mais il y a trois jours en arrière on a retrouvé des grenades dans nos bagages ....

La route entre Shiraz et Yazd (ancienne Isatis du temps de Marco Polo) fut des plus agréables, à travers les monts Zagros. D abord, la circulation n a plus rien à voir avec ce que nous avons connu au bord de la Caspienne. En fait, quand nous étions là bas, les Iraniens étaient en vacances pour la rupture du jeune et ils sont un paquet à avoir des résidences sur la Caspienne, d où l affluence. Ensuite, toujours au niveau du trafic, il y a de grands tronçons où ils sont en train de construire une double voie mais celle ci n est pas encore ouverte à la circulation. Pour nous c est l idéal, il ne manque que les lignes blanches, nous avons eu de grandes portions d asphalte comme du velours, toute neuve jamais servie, juste pour nous, dix mètres de largeur, à une centaine de mètres de la route où ca circule un peu. Du vrai bonheur .....

Les Iraniens, quand ils sont en vacances, font du tourisme ( pas tous), et ils possèdent tous des tentes de type Quechua 2 seconds, celles qu on jette en l air et qui se déplient toutes seules. Et ils campent à peu près n importe où, sur les ronds points, dans les jardins publics, aux abords des sites touristiques, là où il y a un point d eau. Ils ont des gros réchauds et vivent là comme chez eux alors nous ne nous sommes pas démontés et avons fait comme eux. A Abarku nous avons dormi sur la pelouse du parc municipal, sans aucun souci, en pleine ville. Plutot cool. Bien sur certains sont venus voir nos vélos mais une fois la nuit tombée ( a 18 heures), c est fini, nous sommes tranquilles.

Nous avons visité entre Shiraz et Yazd quelques sites notoires notamment Persepolis, qui est classée au patrimoine mondial de l Unesco. Il y a de beaux restes certes mais c est surtout l ambiance du lieu qui nous a fait rester sur place de longues heures à flâner entre les colonnes et les magnifiques bas reliefs. Dans les parages il y a d autres sites et des tombeaux perchés hauts dans des falaises de toute beauté. Nous avons campé au pied pour être là au lever du soleil.

Sur la route, cette semaine, certains ont trouvé moyen de nous remplir encore notre caisson, de concombres, de pommes, de concombres encore, de conserves de légumes, de pain, et encore on refuse parfois certaines choses quand on sait qu on ne pourra pas tout manger. A Safa Shar, nous avons été invités à la maison et l après midi les gens nous ont emmené en auto visiter quelques charmants villages aux alentours. Le soir nous avons dégusté encore des plats typiques iraniens, tous plus succulents les uns que les autres avant de fumer une qaylan. C est extra.

La cuisine iranienne est savoureuse, à base de viandes, de laitages, de légumes, de pain, bref de tout, c est très équilibré et nous nous régalons. L abgusht , que nous avons mangé plusieurs fois est un mélange de viande d agneau, de tomates, de pommes de terre et d autres choses encore, le tout passé au pilon et réduit en bouillie . Pas très appétissant mais succulent. Le tout accompagné du bouillon dans lequel a cuit la viande qu on mange en mettant des bouts de pain dedans, une bonne soupe paysanne, rien ne se perd. Et puis des yaourts maison, le tout est mangé avec du thé. Ils terminent le repas par une espèce de petit lait un peu fermenté mais nous n y tenons pas trop. Et puis les petits desserts, les espèces de petites pastilles très fines de caramel, hummm...... Bref on va vraiment reprendre du poids ici et comme Michel n en avait pas perdu il y a des chances qu il rentre plus gros et gras qu il n est parti !!!!!

A Safa Shar, il y avait quatre filles dans la famille dont une travaillait, et une autre était à l université pour être prof de sport. Il y avait des photos plein sa chambre, là où nous avons dormi, et en fait dans les gymnases, pour faire du sport, elles sont en pantalon de survêtement et ne portent rien sur la tête. L ambiance était très décontractée une fois de plus dans cette famille et si nous n étions pas limités par le volume on repartirait avec à manger pour quinze jours.

A Pasargades, site historique, nous avons campé, avec l autorisation de la police et du conservateur, sur la pelouse à l entrée du site. Bien entendu nous avons eu droit au thé et quand Michel s est relevé dans la nuit pour pisser à deux heures du mat, ça lui a pris une demi heure car le policier de garde l a appelé pour tatouiller un peu et .... boire le thé. Non, franchement on prend notre pied. D ailleurs il faut qu on fasse proroger nos visas.

A l hotel à Shiraz, nous avons sympathisé avec la chambrée voisine et avons partagé une soirée ensemble. Pour finir ils ont essayé les vélos dans le couloir de l hôtel sous l oeil plutôt amusé du propriétaire. Trop cool. Des moments qui resteront. Et quand on a voulu se poser aux abords d un hameau tout petit il y a deux jours, on n a pas eu le temps de monter la tente, nous avons encore été nourris et logés, que dis je ? Et gavés....

Alors tout ça ça redonne vraiment envie de pédaler et c est dans la joie et l allégresse que nous avons franchi peut être notre dernier grand col, à 2500 m d altitude, celui qui nous a permis de quitter définitivement les monts Zagros pour descendre dans la partie complètement désertique de ce pays, là où se concentrent les plus belles villes, là où la majesté des bâtiments défie l entendement, là où on reste bouche bée, les yeux grands ouverts, comme des gosses.

A Abarku nous avons vu notre première glaciaire, énorme, voyez dans la galerie photo, et à Abarku les maisons n étaient plus en briques mais en pisé, en terre, avec ces teintes qui vont du sable à l ocre en passant par le rose, teintes chaudes et douces que j affectionne tant et qui donnent, le soir, au coucher du soleil, des choses sublimes. A Yazd, la première chose qu on remarque ce sont les tours du vent. Ce sont des systèmes sur les maisons traditionnelles qui permettent d amener de l air frais. L air chaud entre au dessus d un bassin d eau froide, se trouve refroidi et descend. Il y en a partout. A Yazd nous avons trouvé un hôtel qui pour une somme modique nous offre comme chambre .... le toit terrasse, avec vue sur la ville, calme et fraicheur assurés . Donc on dort à la belle et la température la nuit est carrément idéale, il fait chaud la journée et froid la nuit ... le désert.

Sur la route entre Shiraz et Yazd, nous avons traversé ou longé de grandes vallées énormes, bordées de montagnes rocheuses aux teintes chaudes, et parfois, quand il y a un peu d eau, de la verdure, quelle beauté et quel bonheur. Et puis nous avons aussi traversé 55 kilomètres de désert, du vrai désert, sans rien, pas un village, ni un hameau, pas une seule construction. L asphalte à perte de vue, nous étions sur notre route pour nous tout seul, les camions d une autre époque étaient cent cinquante mètres plus loin, nous klaxonnaient quand même pour nous faire signe mais nous ne respirions pas leur gaz. Bref vous l aurez compris on n a plus du tout envie de rentrer .....

Coté pratique, au niveau du décalage horaire, ici aussi il y a eu un changement d heure, à 5 heures il fait jour et à 18 heures il fait nuit. Je crois que nous n avons qu une heure trente de décalage avec la France mais nous sommes beaucoup plus à l Est, plus au sud aussi. Coté pratique toujours, dans l hôtel où nous sommes, qui est un havre de paix et de fraicheur avec son jardin intérieur arboré et garni de paillasses avec plein de tapis et de coussins, il y a des toilettes comme chez nous. Vous allez rire mais on ne savait plus ce que c était que de s assoir ..... Et qu est ce que c est confortable .....

Les supermarchés font 4 mètres carré au maximum mais ça y est nous avons tout compris et puis de toutes façons entre les fois ou nous sommes invités et avec tout ce qu on nous donne....Mais dans les boulangeries où on nous sert à un espce de guichet, l atelier étant juste derrière, il y a le guichet pour les femmes et celui pour les hommes.

Alors, et pour terminer, pour revenir à ces grenades qu on a mises dans notre caisson, elles étaient dégoupillées, prêtes à exploser tellement elles étaient ......mûres. En appuyant dessus d une certaine façon, on fait tout sortir le jus sans les ouvrir. Oh quel délice !

Voila, alors loin de la crise financière américaine, nous continuons à nous éclater. Nous allons partir en bus visiter le sud, nous repasserons par Yazd pour reprendre nos bagages et nos vélos qui pendant ce temps resteront à l hôtel.

Ciao et à la prochaine.

 

Une semaine de vacances.

 

Oui, une semaine de vacances parce que depuis la dernière mise à jour nous n avons pas retouché les vélos. Alors, il est bien entendu que c était des vacances pour eux parce que nous on a pas mal bougé, ..., pour revenir ensuite au même endroit.

Nous avons fait une petite escapade en touriste normal, mais encore indépendants, dans le sud, à Kerman, Mahan, Rayen. L Iran est grand comme trois fois la France, donc trés grand et quand il y a 20 cm sur la carte, ça fait plus de 400 bornes en vrai. Nous n avions pas, matériellement, le temps de descendre en vélo. Et puis le paysage , c est du désert, du désert, du désert. Et pas des belles dunes, non, du désert de petits cailloux. Alors même si on aperçoit des chaines montagneuses de chaque côté, c est tout de même plus agréable en train. Les trains Iraniens sont très confortables et terriblement peu chers, tu fais 400 bornes aller avec 2,5 Euros.... Et en première, avec des couchettes s il vous plait vue la durée du trajet, ils n ont pas voulu qu on prenne un billet en seconde. Nous sommes allés si loin pour voir la citadelle de Rayen. C est la plus grande du pays, en pisé, depuis que celle de Bam a été détruite entièrement par un séisme en 2003. Elle couvre 4000 mètres carrés, date d il y a 500 ans et la vue depuis ses remparts, sur le désert environnant était assez impressionnante : rien. En fait dès qu on prend à peine de hauteur, on a une superbe vue. Après les cités de marbre de la Turquie, les cités de pierre de Persepolis et environs, nous voici dans les vieilles cités de terre, beaucoup plus récentes. Les déserts dont nous vous parlons sont hauts en altitude, autour de 1700 a 2000 m voire plus. Il y fait chaud la journée et bien frais la nuit. C est pas mal. Même mi Octobre, il fait encore plus de trente degrés à l ombre en journée. A Kerman, nous nous sommes régalés au bazar, c est un des plus longs, l artère principale mesure plus d un kilomètre et est presqu entièrement couverte d une succession de petites coupoles qui doivent être magnifiques vues du ciel. Ce bazar est vivant : à Kerman, il y a un mélange de gens, entre les Baloutches, les Afghans et les Iraniens, l ambiance y est un peu plus colorée qu ailleurs. A Kerman on a vu un barbu tout enturbanné et la tenue complète avec aux pieds.....des claquettes rose pétant. Si si, il y a beaucoup beaucoup d images comme ça, il faut se poser dans un coin et regarder passer, c est mieux que la télé !!!

Dans la rue il y a des jeunes avec des coiffures absolument terribles, des mecs bien sur, les cheveux tout droits comme Desireless, surtout comme leur acteur préféré, qui fait la une des journaux people, même s ils sont rares. Dans les bus, les femmes montent derrière, les hommes devant. Un prépose descend à chaque station, se place devant la porte arrière et récupère les billets des femmes qui ensuite montent dans le bus, sans passer devant les hommes. A la bibliotèeque municipale, d un côté les hommes de l autre, les femmes, et c est partout comme ça, toujours cette séparation, ce qui ne les empêche pas de faire des gosses .....No comment. Alors on pense que la tenue vestimentaire et cette séparation des sexes n est pas le plus difficile à supporter pour les femmes. En effet, c est une institution et ça ne les empêche pas de rire, de faire les magasins entre copines, de s attarder dans les maisons de thé ou magasins de friandises, de papoter pendant des heures, pendant que leur mari sont au travail. Ce n est que la façade, elles conduisent et ont la possibilité de travailler. Ce qui est plus grave ce sont les lois. La parole d une femme vaut moitié moins que celle d un homme devant les juges. S il y a adultère, pour la femme c est lapidation. En cas de divorce, il est difficile pour une femme d obtenir la garde de ses enfants et les biens sont propriété de l homme. Et tout ça est beaucoup plus grave que ce qu on voit au premier abord en se promenant dans la rue. Les Iraniens qu on rencontre se plaignent souvent de leur manque de liberté, surtout que depuis Internet et les chaines satellites, ils ont accès a toutes les informnations voulues ou presque et ont bien pris conscience de ce qui se passe ailleurs.....

Beaucoup de femmes cherchent plutôt à accrocher nos sourires qu à baisser les yeux, même sur Michel. Et cette histoire de ne pas regarder les hommes quand on leur parle est fausse, ou révolue, on a vu des femmes tenir tête parfois à des hommes qui n étaient pas leur mari, et dans des lieux publics. Mon attitude envers le sexe opposé ne diffère pas beaucoup de celle que j avais en Turquie. On se méfie de tout ce qu on dit c est vrai. Il n y a pas de gendarmes visibles et pour cause, ils sont tous en civil. Il y a des sujets à ne pas aborder même si on y est conviés, on fait diversion, on répond à côté, on change de sujet. J ai failli monter l autre jour en haut d une mosquée. Il y avait une espèce de cérémonie : des femmes montent le vendredi matin et tournent autour de la coupole en lisant les versets du Coran, pour trouver un mari, vieille croyance et tradition ici a Yazd. L une d entre elles voulait que je monte voir, je me suis retrouvée drapée de la tête aux pieds mais le gardien n a rien voulu savoir malgré l insistance de ma complice.

Le coût de la vie est ici ridiculement bas pour nous. Ceci dit, je n ai pas l impression qu il y ait de grande pauvreté. Ils ont souvent une bagnole, et partout où nous sommes entrés, il y a la télé, le téléphone et ils ont tous et toutes des téléphones portables dont ils font un usage presqu abusif..... Une nuit d hôtel en double coûte entre 5 et 30 euros suivant le confort, les transports sont vraiment très peu chers, étant donne le prix de l essence à la pompe ce n est pas étonnant. La nourriture par contre n est pas donnée et ils ont souvent un jardin. Pour nous qui achetons tout, il est assez surprenant de constater que le prix de certains fruits est presqu aussi élevé que chez nous. Et un plat de résistance dans un restaurant vaut la moitié d une nuit d hôtel, et plus cher que 400 bornes en train. Ils touchent des salaires qui sont bas : un ingénieur touche entre 400 et 500 dollars mensuels. Un ouvrier environ 180. Alors on ne sait pas trop comment ils peuvent acheter des autos à 10 000 dollars.....

Parlons d autre chose encore : le zoroastrisme. Cette religion est une des premieres religions monothéistes et son emblème figure d ailleurs sur les bas reliefs de Persepolis. Il reste une petite communauté ici à Yazd, de 5500 personnes. Les femmes portent des habits brodés et colorés et ne portent pas le manteau mais seulement le foulard parce que c est la loi qui leur impose. Jusqu à il y a 50 ans en arrière, ils n enterraient pas leurs morts parce que ca pollue la terre, ils ne les incinéraient pas non plus, parce que ca polluait l air , ils les mettaient en haut de tours, les tours du silence, et attendaient que les vautours viennent s en occuper, ce qui ne devait pas mettre longtemps. Suivant par quel oeil le vautour s en prenait à sa victime, c etait de bon ou mauvais augure pour le défunt. Un gardien surveillait ça de près. Maintenant, ils sont enterrés mais sous une dalle de béton. Ce qui me fait rire c est que dans leur temple, une flamme brûle du bois depuis l an 470..... Bonjour la pollution !!!! Les rois mages de la Bible auraient été des Zoroastriens car les prêtres s appelaient des mages. Zarathrousta misait sur la différence entre le bien et le mal, entre le jour et la nuit, la vie et la mort et leur Dieu rassemblait en lui les deux, tout comme les humains. L emblème est l homme oiseau. Finalement .... Donc nous sommes allés voir ces tours, d une trentaine de mètres de diamètre, on dirait des centrales.... par la forme.... Et depuis là haut, car elles sont construites sur des collines, on a une vue superbe sur la ville ....

Bien, je vais couper court car il y a du monde qui attend. Nous devrions récupérer nos passeports avec la prorogation des visas demain midi et des que nous les aurons, nous remonterons sur nos vélos et filerons. Il y a plein de photos nouvelles dans la galerie et le point bleu n a pas bougé vu que nous sommes revenus au même endroit. Rendez àIspahan, perle de la Perse, pour la suite.

Chao à vous

 

 

De Yazd à Ispahan.

 

Quand t es dans le désert .... Depuis trop longtemps..... Allez il reste 50 bornes, à ce train là, dans deux heures on y est. Un peu plus loin, la pente se redresse à peine, il reste 30 kil, on n est plus qu à 15 à l heure, c est bon, dans deux heures on y sera. Mais il y a du vent qui se lève et ça monte toujours autant, il reste 20 kil et à 10 sur le compteur, il ne faut pas se décourager, dans deux heures on se pose. Mais on a fini à 8 à l heure et quand il ne restait plus que seize bornes, on en avait toujours pour deux heures. Et ça précisément, ce genre de situation c est à vous foutre le moral d un joyeux régiment en l air alors je ne vous cause pas de celui de deux pauvres cyclistes français perdus en Iran dans le désert !!!!!! Je ne vous en parle même pas ... ou presque pas. On a finit par arriver à Kharanaq ou karnaq pas je ne sais pas trop... C est vrai que ça valait le coup mais il nous a fallut bien de la patience. Et on y va de caravansérail, en minaret vacillant, en aqueduc et en ruines. Le minaret vacillant, il parait que quand tu t appuies contre, très fort, il se met, comme son nom l indique, à vaciller.... On y croit ou non, je ne reste pas en dessous, parce que s il vacille c est qu il ne va pas tarder tomber !!! A Kharanaq on a rencontré Mehdi, un Iranien qui avait appris le français avec un Français qui y a vécu neuf mois avant de se faire expulser, il parait qu il avait parlé de politique, et en plus il était écologiste.... Il est actuellement en Chine. On a appris encore beaucoup de choses avec Mehdi mais motus et bouche cousue...

Entre Kharanaq et Chak Chak on avait la route ou la piste (suivant les endroits) pour nous tous seuls et ça c était vraiment bien. Et le paysage était grandiose, du genre là bas quand on sera au bout de la ligne droite, on aura quinze ou vingt kil de plus au compteur, tellement c est E-NOR-ME. On a même fait des petits films qu évidemment vous ne verrez pas avant qu on soient rentrés parce que je ne maitrise pas pour les intégrer dans le site. Puis on a rejoint l axe principal, l autoroute, ou en plus du vacarme des moteurs on se tape celui des klaxons. Ils sont sympas, mais c est fatiguant tout ce bruit. Ardakan, Meybod, Na in, et enfin Ispahan. Nous sommes à Ispahan, nous n avons pour ainsi dire encore rien visité car sommes arrivés hier soir au terme d une étape de 130 bornes, avec une grosse envie d un bon plumard. Avant, le long de la route, nous avons dormi dans une cabane incongrue, ouverte, au milieu du désert, avec de l eau et des tapis s il vous plait, puis dans une mosquée où les habitants du hameau nous ont installés confortablement. Juste qu au moment de la prière ils sont tous venus dans notre chambre mais on ne va pas trop raler quand même.....ils nous ont amené du pain et des tomates et sont toujours aussi intéressés que nous le sommes pour ce qui est de nos modes de vie. On leur montre les photos de notre région, de notre village, de nos familles et ils y vont de leurs commentaires qu on ne comprend pas. Ils sont étonnes par le paquet de neige qu il peut y avoir, certains hivers. Ici il fait froid l hiver, on est à plus de 2000 m, mais comme il n y a pas de précipitation ....ca ne fait pas de neige. Et avons aussi dormi dans un hôtel de luxe pour le prix d un hotel pourri, bref on continue à multiplier les expériences et ça nous convient plutot bien. Nous avons croisé sur notre route un couple de cyclotouristes suisses qui vont à Bangkok et avons échangé quelques propos dans le souffle, le bruit, et les gazs des camions qui passaient à toutes pompes sur la voie express, charmant endroit pour échanger nos impressions... C etait assez marrant surtout que même dans ces conditions, c est toujours l euphorie quand on rencontre des congénères et qu on commence à parler voyage et projet bien sur mais aussi expériences vécues, anecdotes, mécanique et crevaisons ..... On a d ailleurs failli ne pas les voir car la bande de terrain entre la voie de gauche et la voie de droite peut faire trois cents mètres de large....Il y a de la place dans le désert, et nous on était le nez dans le guidon, enfin presque.... et s ils n avaient pas crié, on les loupait !!! A part ça Michel se fait emmener par les policiers pour aller chercher des tomates et du coca pendant que je cherche le reste. Policier qui voulait nous emmener jusqu à Ispahan dans son pick up. Merci ça ira comme ça ! Jamais vu un policier en service m emmener faire mes courses en France moi.....Je précise que l unique but était de nous rendre service. On aime bien les barrages de police sur la route, car en général ça signifie eau fraiche ou thé et causette... et poignée de mains pour Michel en repartant.

Nous avons encore passé un col à 2400 m .... mais quand est ce que ca finira ???? On monte toujours pas trop mal et notre étape de 130 bornes, on l a torchée en 5 h 15. Ouah !! Ca décoiffe !! Enfin pas pour moi parce que sous le casque sous le foulard je n ai pas vraiment les cheveux dans le vent...

Une petite précision pendant que j y pense sur les lapidations en cas d adultére : elles sont devenues rares depuis Internet, les téléphones qui photographient etc.... mais la peine de mort est toujours de vigueur bien entendu, et pour parfois pas grand chose. Alors pourquoi une peine si lourde ? Parce qu une femme qui commet l adultère détruit sa famille et ceci est considéré comme très grave.

Voila, nous sommes dans une des plus belles villes du monde, la perle de la Perse, pour quelques jours. Nous en avons rêvé. C est un peu magique. A tous les coins de rue ça brille, il faut regarder partout en même temps. C est très vivant, très grand (1,6 millions d habitants). Les plus beaux ponts et bâtiments sont éclairés la nuit il faut donc arpenter le jour mais aussi sous le clair de lune. Nous avons gouté dès ce matin aux "gazs", c est une espèce de nougat avec des pistaches, spécialite d Ispahan, mais il faut l avouer, moins bonne que le nougat de Montélimar. Nous sommes donc installés dans un petit hôtel qui n était pas mentionné dans le guide et tous nos voisins de palier sont des autochtones, ce qui signifie qu il faut que je mette mon foulard quand je vais pisser un coup ou me brosser les dents.... mais aussi qu il y a des chances qu on goute à des choses inconnues. Les hôtels qui sont dans le guide ont connu ces derniers temps une inflation encore pire que les autres, alors nous les évitons. De toutes facons , une fois dans le quartier des hôtels, nous n avons que l embarras du choix, il y a de tout, à tous les prix.

Nous avons pris la décision de monter ensuite jusqu à Téhéran en pédalant, il ne nous reste plus grand chose comme distance, entre 5 et 600 bornes mais pas mal de choses à voir le long de la route. Et pour terminer, nous avons passé les 12000 bornes dans un endroit merveilleux, très aride, montagneux, isolé, ambiance quoi ..... Le point bleu ne bougera plus car j ai eu des soucis avec le logiciel, ce n est pas grave, le texte qui y est lié, lui, change alors allez y quand même !!!!!

Côté pratique aussi, de gros chiffres pour la fréquentation de ce site. On ne sait pas qui y va régulièrement ni rien mais il y a presque 80 visites quotidiennes, 19000 visites depuis la mise en ligne. Alors ca vaut le coup de se décarcasser la moindre, et merci a nos lecteurs....inconnus.

Côté santé, tout va bien, sauf une dent de sagesse qui me fait souffrir à un tel point que je prends un cachet de temps en temps. Faut dire qu à mon âge, il serait temps qu elles se manifestent.....

Ciao à la prochaine.

 

De Ispahan à Kashan.

 

A Ispahan, ce qu il y a de bien, c est qu il n y a pas que des monuments religieux à voir. Ispahan est une ville traversée par un fleuve ce qui est rare dans ce pays aride, et sur la rivière, il y a des ponts, qui datent de l époque sévéfide, qui ont des arches à en revendre, un ou deux étages, et des lumières la nuit venue. Il y a de la vie sur les ponts et sous les ponts, les gens d Ispahan aiment venir y flâner à la tombée de la nuit. C est agréable. A Ispahan, quand on monte un peu sur la colline, on s aperçoit qu il n y a pratiquement que du vert, des kilomètres carrés de parcs et jardins publics très bien entretenus qui permettent de traverser la ville sans prendre un trottoir. Et du haut on cherche presque les bâtiments au milieu de la forêt... A Ispahan, dans les arrières boutiques du bazar il y a des artisans qui travaillent, ils sont repousseurs sur cuivre, miniaturistes, font des tapis avec des noeuds ou des tapis tissés, ou encore des tissus imprimés, ils soudent, ils découpent, ils tapent, ils sont joailliers ou faienciers, il y a de l activité... Nous avons trainé nos godasses entre palais et ponts, jardins et ruelles, monuments et allées du bazar. Ispahan c est la place de l Imam, la seconde plus grande place au monde, elle est bordée de deux étages d arcades et sur son pourtour on trouve quelques uns des fleurons des bâtiments islamiques, ça brille et c est grandiose. Alors si on n est pas vers les ponts au moment où la nuit tombe on est forcément à une maison de thé en hauteur au bout de la place de l Imam pour doucement voir les couleurs changer et les lumières s allumer... Les prix des entrées des sites en Iran sont dérisoires, souvent moins de la moitié d un euro, la culture accessible, c est bien, notamment pour les autochtones qui peuvent ainsi visiter leur pays et ne s en privent pas. A Ispahan, il y a aussi des enturbannés aux alentours des écoles coraniques. Il faut dire qu il faut vingt ans d étude du saint livre pour être ayatollah .... Pour aller visiter une bricole à la sortie de la ville, on a pris le bus. Je suis montée à l arrière, Michel à l avant, comme l exige la loi. A l arrière, petit à petit ça s est rempli jusqu à ce qu aucune femme ne puisse plus monter. Elles restaient alors sur le trottoir alors qu à l avant il y avait de la place à revendre ....

En partant d Ispahan nous sommes passés a Abyaneh, petit village hors du temps perché à 2300 m d altitude, classe au patrimoine de l Unesco. Des maisons en pisé les unes au dessus des autres, un village de vieux aux habits traditionnels. Ce qui est scandaleux, ce sont les dépotoirs à chaque coin de rue, l Unesco injecte des fonds pour le maintien en état et la rénovation mais c est dégueulasse.... Ca laisse pas une bonne image. Aux environs d Abyaneh, on a campé, au milieu des ordures aussi bien sur, et on a fait du feu car il faisait frais, en faisant attention de ne pas foutre le feu à l Iran car nous étions tout près de Natanz.....

Nous sommes à Kashan et le temps y est très gris, nous tuons le temps aujourd hui car il faut arriver à Téhéran un vendredi, jour férié pour éviter au possible l infernale circulation. D ailleurs vendredi jour férié on a un peu du mal à s y faire et ça fait toujours bizarre de les voir aller à l école ou travailler le Dimanche. C est comme les calendriers, ils en utilisent trois différents. Le calendrier solaire persan pour tous les jours, le calendrier lumaire musulman pour la religion et le calendrier grégorien (le notre) pour les relations avec l étranger. On a du mal avec les dates de péremption sur les yaourts.... Alors on mange toujours des SSS, comprendre des sacros saints spaghettis... On a été trois jours en rupture de stock de cacao pour le petit dej... mais c est bon on en a retrouvé...Primordial le petit dej ... Ici, ça s'appelle Ovaltine ...Et pendant qu on est dans ce genre de choses : ma dent de sagesse est enfin sortie. Mais j ai eu mal, très mal, plusieurs jours et plusieurs nuits surtout, alors je me demande si ça en vaut la peine....

Maintenant un peu de culture et d infos.

Maintenant les femmes ont le droit d être dans la rue avec un homme qui n est ni leur mari ni leur frère, elles ont le droit de chanter, mais de se produire uniquement devant un public féminin, n ont pas le droit de danser. Il n y a pas si longtemps qu une fille victime de viol était mise a mort .... Les antennes paraboliques sont théoriquement interdites mais apparemment tolérées, plus de 10 chaines d opposition émettent en farsi notamment depuis les US, ce qui fait changer pas mal de choses. Ils ont accès depuis peu donc aux chaines américaines ou françaises d où leur intérêt à apprendre des langues étrangères... En ce qui concerne Internet, pour les hébergeurs, il est interdit d héberger des sites jugés antiislamiques mais le net reste le principal moyen d expression des voix dissidentes.

Alors il faut replacer un peu les choses : il y a longtemps, les femmes iraniennes jouissaient d une liberté très supérieure à celle des femmes des pays voisins, traditionnellement. La conquête arabe et l islamisation est venue changer la donne et imposer des contraintes et des lois très dures. Au début du siècle, avec la dynastie des shas, ont commencé à se profiler des réformes et des avancées, qui aboutirent au droit de vote pour les femmes en 1962, à l âge minimum du mariage pour les filles à 18 ans etc. Les femmes travaillent alors, conduisent, ne portent pas le hidjab et sont libres. A la fin de cette époque il parait qu il y avait déjà même quelques boites de nuit. Aujourd hui c est seulement dans les rêves... Mais là dessus, il y a le retour d exil de France de Khomeyni, qui, étonnant un peu tout son monde sauf les Iraniens, prend le pouvoir et impose la charia. C est la révolution islamique. Les femmes se retrouvent comme emprisonnées et soumises à des lois de nouveau très dures, l âge minimum du mariage est abaissé à 9 ans pour les fillettes, port du hidjab obligatoire, j en passe et des meilleures, des vertes et des pas mûres.... Alors les Iraniens votent et ont le choix entre plusieurs candidats alors pourquoi ça ne change pas ? Il y a eu il y a une décennie en arrière, un "réformateur" comme président, Kathami. Pour pouvoir être candidat à la présidence il faut passer le conseil des gardiens, ils sont douze et sont nommés par les instances religieuses du pays..... Khatami était un peu réformateur mais quand même ayatollah, dans la droite lignée, un peu moins mauvais que les autres. Il a été élu haut la main mais n a pu faire passer les réformes voulues. Mais il y a eu des progrès quand même à cette époque. Les électeurs ont cependant étés très déçus des peu d avancées qui eurent lieu et aux dernières élections, la plupart ne se sont pas rendus aux urnes, préférant rester à la maison plutôt que de vôter pour des gens qui ne leur conviennent pas. Le résultat fut un retour aux lois islamiques.... Les futures élections auront lieu au printemps mais il n y aura toujours pas plus de vrai réformateur dans les candidats toujours triés et choisis par le conseil des gardiens... Quand il y a des mouvements notamment chez les étudiants, ils en pendent deux ou trois pour donner l exemple, ça calme les autres....Aucun candidat ne peut être vraiment réformateur à cause de ce conseil des 12, et les jeunes universitaires n ont pas vraiment d espoir que ça change fondamentalement... C est bizarre, on a l impression qu ils veulent tous que ça change et que ca "évolue" mais à côté de ça il y a quand même beaucoup de monde qui adule Khomeyni et ils sont nombreux à se rendre dans les mosquées, les hommes ont presque tous les chapelets à la main dans la rue et ils marmonnent leurs prières à longueur de journée, surtout les anciens. Sur certains véhicules on peut lire " Only God". Certains monuments et sites étaient jusqu à il y a quelques mois en arrière interdits aux non musulmans, mais ça aussi ça change et souvent ils nous prêtent à nous les femmes des tchadors à l entrée des plus grands sites religieux pour qu on puisse les visiter. Et ça vaut le coup d oeil .....

A part ça on a l impression qu on vit bien en Iran, je n ai pas une tenue vraiment conforme mais on me fout la paix, les gens sont calmes et souriants, on a déjà parlé de leur hospitalité, ça continue, l autre jour on nous a encore donné du pain, ou de la pommade pour mes lèvres gercées, des pommes... Les gamins et les ados sont bien élevés, pas chiants, intéressés et curieux mais pas lourds, pas crampons. C est un pays agréable et très plaisant à visiter, même en velo .... On a du mal à vraiment cerner les choses, alors on se laisse vivre et on regarde et on écoute et on essaie de comprendre mais il ne faut pas se faire d illusions, nous sommes à cent lieues de leur culture et ne pouvons avoir qu un oeil d étranger, de touriste, sur cette société si riche, si étonnante, si déroutante.... On est quand même très loin des clichés trop faciles que véhiculent certains médias, l idée que nous nous faisons de ce pays depuis la France ne correspond pas à la réalite sur place.

J arrête là , nous sommes donc à Kashan, il parait que les rois mages seraient d ici, et Zoroastriens, on l a déjà dit la dernèere fois je crois. Nous allons remonter tranquillement sur Téhéran en passant par Qom, seconde ville sainte du pays, plus de 10 000 étudiants religieux. Va y avoir du turban dans la foule....

Ciao à la prochaine.

 

Welcome to Teheran.

 

 

L automne est maintenant bien installé dans ce pays où on a pourtant eu si chaud il n y a pas si longtemps en arrière... Le ciel est bas et gris. Ah tiens ! Ca y est c est l heure de la chansonnette, trois fois par jour, ça rythme les journées. Donc je disais bas et gris, c est un peu tristounet. De Kashan nous sommes montés a Qom dans la journée, avons trouvé un hébergement pour locaux. Qom est le pays du turban, des écoles coraniques, des étudiants religieux et des Sohun. Toutes les femmes portent le tchador ( drap qui recouvre tout sauf le visage) et pas seulement le hidjab (foulard que la loi oblige toutes les femmes à porter). Les hommes aussi sont vêtus d on ne sait combien d épaisseurs de tissu. Ca fourmille de mollahs et c est une ambiance assez spéciale. En plus le centre ville est hyper vivant en fin d après midi et toute cette agitation nocturne (pour ici) a presque de quoi surprendre. Les chiites les plus fervents des pays voisins et du monde entier passent forcément un jour ou l autre à Qom, en pélerinage au mausolée de la soeur de l Imam Reza.... Alors c est vrai qu il y a un ensemble magnifique, ça vaut presque la place de l Imam d Ispahan ou la place du Registan de Samarcande, avec des vraies mosaiques, pas des carreaux peints, pas juste de la céramique, des minarets partout, une coupole énorme en vrai or, et une autre qui était en réfection. Ca brille, il y a on ne sait combien de salles de prières et de cours. On s y est perdus.... Nous nous sommes pointés par hasard à l heure de la prière du soir, fallait juste qu on se gaffe de pas se faire renverser par les fidèles qui déboulaient en courant parce qu ils craignaient de louper le début de la séance. Et c est bien connu, quand on loupe parfois les deux premières minutes du film après on ne comprend rien.... Normalement, les non musulmans ne sont pas autorisés à pénétrer dans le complexe mais après que j aie enfilé un tchador, on est entrés sans problème. Les gardiens ont des espèces de plumeau arc en ciel qu ils agitent pour rappeler à l ordre les gens comme nous, qui prennent des photos et vont où il ne faut pas. C est très élégant et plus discret que le sifflet. Nous, on a toujours du mal à lire les écriteaux en persan et on a tendance à ne pas voir non plus les pictogrammes .... Le lendemain, pour visiter de jour, on n a jamais pu rentrer, même bien déguisés...alors on s est vengés sur les sohun, c est de la confiserie, spécialite de la ville, rien a voir avec la religion toutefois, c est bon, il y en a partout alors on a "gouté" ces friandises dans toutes les échopes, faisant mine de comparer sans jamais rien acheter, comme des vrais gros cons. ... A Qom, il y avait des Afghans plein les rues et des Pakistanais plein l "auberge" mais on n a jamais pu savoir ce qu ils faisaient ici, ils se disaient touristes, mais ça ne collait pas vraiment. Peu importe c était bien.

 

Entre Qom et Téhéran on a dormi entre le lac de sel, où on enfonce tout de même jusqu aux genoux, et l autoroute. Il faut dire que depuis Kashan on est sur l autoroute. Le réseau routier se résume souvent à la route principale, le reste ce sont des pistes. Sur ce tronçon il y a la nationale à côté mais tous les poids lourds l empruntent et sur l autoroute il n y a "que" les voitures et les bus alors c est là que c est le moins dangereux car on a la bande d arrêt d urgence pour nous, et en plus on respire moins de gazs qu à côté des camions. Sur la voie d arrêt d urgence, on en a vu qui buvaient le thé, se démontent pas, mettent le tapis sur le macadam au cul de l auto, d autres qui déchargeaient un salon complet, canapé et fauteuils, en raz désert et encore certains qui réparaient leur auto... Assez marrant. A part une fois où on s est demandé pendant trente secondes ce qui allait se passer, la police nous a toujours fait de grands signes d encouragement et de bienvenue.

 

L arrivée sous le soleil et un vendredi à Téhéran, on ne pouvait pas mieux rêver. On a fait des bouts à pied entre les bagnoles arrêtées, d autres bouts sur les trottoirs, ou à contre sens, et plus rarement correctement .... Après avoir fait 10 bornes, pas moins, en trop parce qu ils ont du mal à comprendre et nous aussi, on a fini par trouver la gare mais pour apprendre qu il faut aller acheter nos billets pour Istambul dans une agence en ville... Depuis, le problème est résolu, nous avons nos billets, et ça n a pris qu une demi journée. On est installés dans une auberge à l Iranienne, en compagnie de Pakistanais, d Irakiens venus se faire opérer en Iran, de Baloutches, ( on est entouré de gens très dangereux alors ......), d un Hollandais à vélo, de Japonais, d autres Francais et d un Lituanien. Il y a de la couleur et comme beaucoup se font à manger sur place, c est assez animé pour que les soirées se prolongent assez tard dans la nuit. C est cool. On aurait presque pu avoir une invitation irakienne, gite couvert, piscine et tout ....

 

Téhéran c est le gros foutoir, et en plus ce qu il y a dans le guide et les plans, à peu près tout est faux, les musées ont disparu ou déménagé, les cafés Internet ouvrent et ferment sans arrêt, les connections sont catastrophiques et paradoxalement, ils ne courent pas les rues par ici. Téhéran n offre pas grand chose à voir à part un ou deux monuments et un ou deux musées intéressants. Les joyaux de la Couronne ou le Golestan sont des musées comme on ne les aime pas, où sont exposés les trésors du pays, de la caillasse qui brille. Il y a un beau musée d art contemporain. Celui des photographes iraniens malheureusement n existe plus. Nous trainons donc nos godasses entre bazar et ruelles puantes, flânons sous la pluie sur les places et les boulevards complètement engorgés de véhicules en tous genres qui crachent tous plus noir les uns que les autres et qui font un vacarme assourdissant. Nous attendons, visiblement en vain, un jour de beau temps pour aller randonner à quelques encablures sur les contreforts des Monts Elborz mais à part une journée, il a plu tout le temps. Nous l avions consacrée aux bâtiments de la ville et à filmer la circulation démentielle.

 

En voulant aller voir l ancienne ambassade américaine dont les murs sont recouverts de fresques bien évocatrices et pas du tout ambigues quant à leurs relations avec les US, nous sommes tombés sur une manifestation anti US. La manif se composait essentiellement de jeunes femmes qui arrivaient par classes entières, bien encadrées, et qui ne savaient pas trop, dans le fond, ce qu elles venaient faire ici. C etait plus un divertissement qu autre chose même si elles tenaient en l air des pancartes marquées " Down with USA" ou " Down with Israel" ainsi que des caricatures de Bush. On s est noyés dans la foule qui ne bougeait pas du tout, passant très facilement pour des officiels avec mon appareil autour du cou.... Et la je me suis franchement très bien amusée quand les habituelles questions ont déboulé :

 

What s your name ?

 

Nathalie

 

Where are you from ?

 

From US

 

Les visages se fermaient un peu et elles baissaient les yeux. Suivait alors un silence un peu géné, mais c est tout, pas d autres questions, rien, et je ne sais pas ce qui se passait dans leur tête à ce moment là mais à mon avis pas grand chose part un truc du genre " ah ben merde alors c est la meilleure celle là". Je démentais ensuite pour ne pas laisser le doute et le malaise s installer afin que la conversation puisse reprendre mais comme je l ai dit elles étaient là en récréation... Je ne m attendais bien évidemment pas à une réaction virulente à mon égard mais peut-être à une réaction quand même, ou quelques questions... mais rien. Décevant. A noter qu à l avant de la manif il y avait des jeunes gens et à l arrière les femmes, comme d habitude. Il y avait des chants et on entendait des "allah akbar" (orthographe...) et je me demande ce que ça venait foutre là et comment on ne peut avoir qu un enfermement dans cette religion à opposer à la soif de puissance, au liberalisme ou au capitalisme americains....Bref comme d habitude on a l impression que lavage de cerveau, récupération, propagande et pensée unique composent le menu quotidien des habitants de ce pays toujours aussi charmants et agréables par ailleurs. Il y avait des ados en treillis, bien encadrés aussi et des forces de l ordre non pas équipées de matraques mais de petits mocassins et de costards nickels. Une manif très gentille quoi, de toutes façons s il y en a un qui bouge un peu trop ....La date de la manif n a rien à voir avec les élections américaines, elle correspond à l anniversaire de la prise d'otages, employés à l ambassade, en 1979, pendant 444 jours par 400 gardiens de la révolution, sous Khomeyni. En plus, des hélicoptères US, venus en aide aux otages s étaient scratchés dans le désert vers Tabas et il parait que les images diffusées sur les chaines françaises sont restées dans toutes les têtes... Michel s en souvient, j étais trop jeune. Les otages avaient finalement été libérés. Bon, nous on était juste allés voir les tags et on a assisté à ça, ça nous a occupé un moment.

 

Téhéran, mégapole, la rue principale fait 24 kilomètres de long et se termine pratiquement dans les montagnes dont les sommets sont déjà bien recouverts de neige, il faut dire que ca culmine à 5671 m tout de même. Hier et aujourd hui, nous somnmes allés quand même en rando histoire de se mettre un peu moins de gaz dans les bronches… C est resté couvert pourtant ce matin on y croyait bien vu qu il y avait quelques centimètres carrés de ciel bleu dans le kilomètre carré de gris. On a marché dans la neige et sous la neige, jusqu à trois milles mètres d altitude. Ca surplombe complètement Téhéran, on domine vraiment la ville, malheureusement la visibilité était médiocre. Ca ne fait rien on a bien pris l air.

 

Ca nous fait un peu bizarre de se dire qu on ne va plus pédaler cette année, et on est déjà loin, dans cette grande ville, de l ambiance qu on a eu ailleurs, dans les hameaux, les villages, les bourgades, ici, nous sommes des quidams, des touristes comme les autres, et puis et on regrette déjà ce temps, on allait où on voulait quand on voulait, quand on voit la galère que c est pour tenter d organiser notre retour. Jusqu a Istambul pas de soucis, ensuite il est impossible de savoir si les trains ou les bus prennent les vélos, les connections coupent sans arrêt et c est vraiment très lent. Nous avons donc pris la décision de rentrer en train tout le long ce qui nous évitera au moins d aller se perdre de nouveau dans les gares routières pour au final essuyer des refus par rapport au transport des vélos. On verra donc au fur et à mesure, on va trouver, on n est pas à un jour près... Istambul, Budapest, Vienne.... sont des belles villes et même si on doit y rester un jour en attendant un prochain train, c est loin d être une catastrophe.

 

A part ça on se promène dans les rues de Téhéran comme dans celles de notre village, il faut juste faire attention en traversant, c est une prise de risques à chaque fois, je n exagère pas. La tactique c est d attendre qu un petit groupe se forme, et quand ils y vont, on se lance courageusement avec eux, on s en sert un peu comme rempart. C est tellement l anarchie et puis les bagnoles ne s arrêtent JAMAIS pour laisser passer un pièton même s il est à cinquante centimètres du capot, hallucinant, c est comme ça , c est la loi de la jungle ou du plus fort.... Le Sud de Téhéran, en bas, à 1100 m ce sont les anciens quartiers, les quartiers pauvres mais aussi historiques, c est là que nous logeons. Les quartiers nord, 25 km plus loin et 700 m plus haut, sont les endroits huppés, avec des gratte ciel et des boutiques de luxe. Voila, c était aujourd hui notre dernier jour plein ici. On avait commencé à s habituer aux métros, bus et minibus, mais c est terminé, il va falloir aller se débrouiller maintenant dans d autres gares, d autres villes.

 

Et à la prochaine, parce que même si le voyage à vélo est terminé, le voyage tout court, lui, ne s arrête pas là....

 

Retour vers le futur

 

Le voyage en train que je vais vous raconter n'a rien à voir avec celui de Grand Corps Malade ......

Le retour de Téhéran jusque dans le haut Doubs est un voyage dans le voyage. Je pourrais faire un condensé, un résumé mais je ne peux résister à la tentation de rentrer la moindre dans les détails tellement c'est quelque chose. Prenez un siège en première ou une couchette car le texte sera long, toutefois pas autant que le voyage....

Ca a commencé dans une auberge de jeunesse de Téhéran et s'est terminé à la maison.

Nous avons débuté par une grosse prise de risques en enfourchant nos engins pour rejoindre la gare ferroviaire de Téhéran, terminal 2, celui des lignes internationales. On a beau tendre le bras pour bifurquer sur la gauche, autant cracher en l'air, autant pisser dans un violon, rien à faire, il faut s'arrêter sur le bord et traverser à pied, en courant à côté du vélo.... En fait au bout d'un moment, on le range le long du corps, le bras, car on a peur de se le faire arracher par les véhicules méchants, la tôle hurlante.... Je ne déconne pas...Les motos nous suivent et les types nous parlent, regardant plus ou moins devant eux et faisant bien sûr des écarts impressionnants. Nous sommes très concentrés, la moindre erreur d'appréciation, d'inattention, nous enverrait inévitablement au tapis, ou dans le vent.... Nous sommes arrivés vivants.

Le terminal 2, on dirait un hall d'aéroport, une file interminable de gens est là, qui se meut avec lenteur. Les bagages sont impressionnants, nous voyageons légers à côté de ces gens chargés comme s'ils déménageaient... Apres deux heures de queue, c'est notre tour, vérification des billets et attribution des places dans les compartiments des trains iraniens et turcs du trajet jusqu'à Istambul, à 2967 km de là. Puis ils mettent des étiquettes sur les vélos que nous ne récupèrerons qu'une fois arrivés dans la mégapole mi-européenne mi-asiatique, dans quel état ?????. Avant d'embarquer, contrôle des passeports. Puis on y va : on cherche en longeant le quai, notre voiture. Un contrôleur souriant nous y attend et nous indique le numéro de notre compartiment. On monte et on découvre ce qui va être notre espace vital pour plus de 75 heures, nous découvrons aussi nos compagnons de voyage et en l'occurence, nous voyagerons avec un jeune couple iranien. Elle, un peu midinette comme ça, 23 ans, coiffeuse. Lui : cheveux longs, casquette vissée sur le crâne, plusieurs boucles d'oreille, proprio d'une salle de billard. 28 ans. Ca se présente plutôt bien, on va pouvoir discuter, on se devine d'emblée sur la même longueur d'onde. Elle parle quelques mots d'anglais, lui non. Le train démarre à l'heure. Nous sommes partis, il est 19 h 40, nous sommes jeudi.

Au bout de quelques kilomètres, elle déballe à manger et commence par nous offrir un petit quelque chose avec insistance. C'est bon. Nous sortons nous aussi nos provisions histoire au moins de leur faire voir qu'on a ce qu'il faut, sinon, ils sont capables de nous nourrir tout le long. Puis dans notre 1,8 m par 1,8 m nous nous installons tour à tour pour dormir. Dans la nuit à plusieurs reprises, je sens que le train est arrêté. Il n y a qu'une voie, parfois on croise un autre train alors il faut s'arrêter et attendre qu'il soit passé, et ça peut prendre des heures ....

Lorsque on ouvre les yeux le lendemain matin, nous sommes à Tabriz et, sur le quai, où nous restons plus de deux heures avant de repartir, nous faisons la connaissance d'un Portugais d'âge moyen avec qui le courant passe bien. Le paysage que l'on traverse est plat, presque monotone, presque désertique, ce terrain inculte où poussent juste quelques touffes d'herbes éparses et coupantes. Le train avance très lentement, peut-être 40 à l'heure en moyenne. A cette vitesse là, on n'attrape pas mal à la tête. Pas de risque ici, et puis on a le temps de prendre des photos, même si les vitres sont sales. Bientôt le paysage prend du relief et nous rappelle que nous vivons en trois dimensions. Les gorges, les montagnes, les prairies, les canyons, les villages perchés ou encaissés, c est superbe, nous sommes complètement à l'ouest de l'Iran. D'ailleurs tiens, Salmas, poste de douane. Premier épisode.

Tout le monde descend du train et nous sommes priés de nous diriger vers un guichet à l'intérieur d'un bâtiment. Là, dans la queue interminable (un seul guichet pour tout le train), nous faisons connaissance avec d'autres voyageurs. L'ambiance est très décontractée, c'est la bonne humeur partout, presque l'euphorie. Nous achetons, avec nos dernières livres turques, des biscuits en pagaille histoire d'avoir quelque chose à offrir à nos voisins. Au premier guichet, tampon sur le passeport. Puis il faut aller à un second guichet. Là, les Iraniens ont mis un billet de 50 000 rials dans le passeport, c'est le tarif légal du passage. Nous devons laisser nos passeports à l'employé. L'attente s'éternise, les mecs sont devant un match de foot dans le hall. On noue d'autres contacts. L'employé arrive alors avec la pile de passeports, monte deux des marches d'un escalier dans le coin du hall, et commence à faire l'appel .... Un par un, nous irons rechercher notre carnet .... En remontant dans le train, on nous redemande encore nos pièces d'identité et une fois dans le train, nos billets. Les paysages entre les douanes irannienne et turque sont à couper le souffle. Tous les passagers sont massés dans l'étroit couloir, les nez contre les vitres qui s'embuent... Douane turque, tout le monde descend, la queue, et surprise, alors que nous sommes sensés être enfin revenus dans un pays laïque, que voyons nous ? Une file d'attente pour les hommes, l'autre pour les femmes. T'y crois pas, ....en Turquie....Ataturk doit se retourner dans sa tombe. Bon au moins il y a deux employés. Une fois que tout le monde a son tampon sur son passeport nous remontons dans le train après un ultime contrôle des passeports et des billets. On pourrait croire que c'est fini, nous avons passé quatre heures à la douane irannienne, trois côté turc,mais non, le douanier monte dans le train pour jeter un oeil aux bagages de compartiment. J'imagine que dans le wagon bagages, il y a aussi du monde qui s'affaire. Quand nous repartons, la nuit est descendue, nous a enveloppés, et il fait très froid, en dessous de zéro, les étoiles nous guettent, nous sommes en altitude dans une région très montagneuse. Il faut dormir.

A minuit, nous arrivons au bord du lac de Van, il faut descendre du train, monter dans le bateau, le wagon des bagages est arrimé dans le bateau lui aussi. La traversée nous prend quatre heures, descendre du bateau, nouveau train, turc cette fois-ci. La foire d'empoigne. Il y a des numéros de places attribués mais certains ont peut-être eu moins de chance que nous et font tout pour ne pas se retrouver avec les mêmes personnes pour la suite, ils se ruent dans n'importe quel compartiment, jouant du coude et poussant bien fort. Nous montons ensemble avec nos compagnons et prenons le premier compartiment vide, le notre étant déjà occupé..... On croit qu'on va repartir mais à 8 heures nous sommes encore là, le soleil est déjà haut quand le train démarre. Nous retrouvons les grands plateaux vallonnés, la steppe, voyons les gens travailler dans les champs et les gosses balancer des caillasses sur le train .... ou faire des grands signes en espérant attirer notre attention. On voit dans leur regard qu'ils cherchent quelqu'un qui leur réponde. Parfois aussi les adultes font signe. C'est beau, c'est magique, nous sommes samedi matin. Les langues se sont déliées et bientôt tout le monde se connaît. Le wagon restaurant est plein. Certaines femmes m'appellent par mon prénom, j'ai du mal à les reconnaître parfois, hier elles étaient couvertes .... aujourd'hui elles boivent une bière en tee shirt au bar, dans un jean's moulant et déchiré.... Métamorphose. Quelques-unes gardent leurs vêtements habituels mais franchement elles sont rares. Pour certaines, c'est la première fois depuis l'âge de huit ans qu'elles marchent dans la rue, sur le quai, à l'extérieur, tête nue, et ça doit faire quelque chose quand même....C'est l'euphorie et toute la journée on passe de compartiment en compartiment, on papote avec tout le monde, on regarde des photos ici, boit le thé par là, parle de voyage ailleurs. La journée passe très vite mais le train va toujours aussi lentement. Ce n'est pas dans ce train que j'avancerai dans mon livre.... Et c'est une nouvelle nuit qui commence.

A Kayseri, sur le coup des 6 heures du matin, c'est la moitié des passagers qui quitte le train. La plupart sont des Iraniens qui fuient leur pays et viennent demander leur asile en Turquie et Kayseri est le bureau le plus proche. Je comprends enfin pourquoi ils étaient chargés comme s'ils déménageaient..... Parmi les gens qui restent il y a une jeune femme et une famille entière qui eux, ont décroché le gros lot : un visa d'un an pour la France !!!

Comme beaucoup de compartiments se sont libérés, nous avons déménagé dans celui d'à côté pour avoir et laisser plus de place mais elle vient toujours nous apporter un petit quelque chose quand ils mangent. On a des leçons à prendre !!! Dans un autre compartiment, il y a de la musique, deux frères qui ont apporté leur instrument traditionnel.... concert en cabine, et en plus il chante, c'est le défilé dans leur chambre !!!

Nous sommes Dimanche matin, .....et toujours dans le même train. Les paysages sont plus monotones, de toutes façons on est tellement occupés à discuter à droite et à gauche qu'on ne les voit plus passer. Et pratiquement tous les passagers sont au wagon restaurant. Ce voyage va être trop court, jamais nous n'aurons le temps de nous dire tout ce que nous aimerions échanger.... On est devenu une bande d'amis, une grande famille, il y a vraiment quelque chose de magique, de poignant, c'est fort, nous sommes toujours en voyage et on voudrait que ça ne s'arrête jamais. Ce soir personne ne se couche, c'est la dernière nuit, nous aurions dû arriver à 15 h 45 mais nous avons beaucoup de retard. Tellement de retard que quand nous arrivons à Istambul, à 23 h, après échanges d'adresses avec des gens de partout, embrassades émues et tous les "Bonne chance", il n'y a plus moyen de passer côté européen, plus de bateau, alors nous dormons dans nos duvets sur le carrelage froid du hall de gare de la huitième plus grande ville du monde, en compagnie d'autres voyageurs de notre espèce, de Pologne, d'Allemagne et d'ailleurs, et en toute sécurité. Cool.

Lundi matin, aux aurores, nous mettons les vélos sur le bateau pour passer en Europe puis nous nous rendons jusqu'à la gare. Nous pouvons rejoindre Budapest par Bucarest ou par Belgrade mais on nous conseille Bucarest, à cause des douanes serbes qui sont problématiques .... Nous repartirons d'Istambul à 22 h.

Alors à 9 h 05 exactement et pour deux minutes, les klaxons de tous les trains à quai se sont mis à hurler, nous crevant les tympans, les autos se sont arrêtées de rouler, les passants de marcher et tout le monde est venu devant le visage en relief d'Ataturk qui orne la gare d'Istambul, pour deux minutes de recueuillement. Il y a 70 ans très précisément, à cette heure, le grand homme s'éteignait et laissait orpheline une Turquie pleine d'espoir.....

Nous laissons nos vélos sous bonne garde et partons retrouver pour une journée l'ambiance magique d'Istambul où les bateaux passent toujours le Bosphore, où le pont du Galata est toujours envahi par les pêcheurs, où le vieux tramway circule toujours sur Istiklal Caddesi, où les minarets sont toujours pointés vers le ciel, où les bazars fleurent toujours bon les épices, où Sainte Sophie et la Mosquée bleue dominent toujours le quartier Sultanahmet avec une harmonie et une magie incroyables. L'exposition Dali est fermée le lundi, nous nous cognons le nez contre la porte. La circulation est fluide et on a l'impression que tout va au ralenti depuis que nous avons quitté Téhéran .... Istambul.... au ralenti.....

21 heures, nous sommes à la gare, le train est là, nous cherchons le contrôleur. En fait le train est composé de plusieurs wagons de nationalités différentes et dans le wagon turc le responsable est turc, dans le wagon bulgare, il est bulgare,dans le wagon roumain, il est roumain. Nous changerons de locomotive à chaque frontière. Nous sommes dans le wagon aux couleurs de la Turquie : quelle chance !!!! Il n'y a pas de place nulle part pour mettre les vélos, on attend les instructions comme deux c.... sur le quai. L'employé turc, le seul habilité à organiser son wagon, fait ce qu'il peut pour regrouper les gens dans les compartiments, nous mettre seuls dans le notre et nous aide à percher les vélos sur les couchettes supérieures, je ne vous dis pas le sport .... Ce sont des compartiments à six couchettes mais ils ne font toujours que 1,8 m par 1,8 m. Et en plus il ne nous demande pas d'extra mais nous prévient que les passages de frontière risquent d'être épiques. Ces Turcs sont vraiment trop sympas. Dans bien des pays on serait restés sur le quai avec nos engins ....

Le train démarre. Nous, on se couche, un peu crevés après le programme des jours précédents. A 3 heures du matin, on nous réveille, il faut descendre du train, attendre une heure dans le froid, douane turque, pour faire tamponner encore nos passeports. Nous nous recouchons, le train repart. Une demi heure plus tard, on nous réveille à grands coups donnés dans la vitre, j'ouvre, je prends la lumière de la lampe dans la gueule, "passeport" me hurle t-on dans les feuilles. Douane bulgare. Le type bombe le torse et j'ai presqu'envie de lui demander de répéter car je n'ai pas entendu.... mais je la ferme, on ne plaisante pas avec la Gestapo. Il jette un oeil à la photo, me refout la lampe dans la tronche pour vérifier que c 'est bien moi, fait pareil avec Michel, ferme fermement le compartiment et se casse. Je me recouche. Dix minutes plus tard, on retape au carreau, j'ouvre. Un autre type aboie "billet", je lui tends les deux billets, Michel ne prend plus la peine de se lever. Et là, le type voit les vélos et hurle un truc que je ne comprends pas mais je réponds "bicyclette", et là il hurle "10 euros" en tendant le doigt vers le premier vélo et "10 euros" en tendant le doigt vers le second. Je tente une protestation, montre les billets turcs concernant les vélos mais il me rit au nez "Bulgarie, Turquie finish, 10 euros, 10 euros", je proteste toujours. Alors il dit "No euro ? Bicyclette Svilengrad", c'est la ville voisine, autrement dit il menace de débarquer les vélos si je ne paie pas. Je m'écrase, sors 20 euros mais avant de lui donner, j'exige un billet, un reçu, quelque chose qui justifie .... Echange de paperasse, argent contre reçu. Il se casse avec autant de délicatesse que le premier, j'ai envie de l'assommer, de lui crier ma haine, de le traiter de tous les noms, de porter plainte pour non respect de la personne, je ne sais quoi, mais j'ai aussi envie de finir mon voyage ......Bienvenue en Europe ......On a eu l'éphémère impression d'être soixante ans en arrière, dans un wagon pour Auschwitz....Il y a des gens qui ont été marqués par l'ère du communisme....Heureusement qu'on n'a pas commis de délit, qu'est ce que ça serait ??? Ce train n'avance pas plus que le premier mais moi j'avance bien dans mon bouquin. Le ciel est bas, le temps est gris, c'est plat. On roule toute la journée. Nous sommes mardi. Au cours du trajet deux contrôleuses bâties comme des haltérophiles, aussi aimables que leurs congénères masculins et accueillantes comme des portes de prison sont venues contrôler les billets et n'ont jamais oublié d'essayer de nous taxer un max pour les vélos, mais j'ai un recu .....alors allez vous faire f...... Je connais quelqu'un qui aurait dit qu'elle se sont faites opérer du sourire et que les fils n'ont jamais été retirés. Nous ne connaissons pas les gens des autres compartiments mais ils ont le type bulgare ou roumain, ce ne sont pas des Turcs, et l'ambiance est à la déprime alors on reste dans notre chambre et on tire les rideaux, en se demandant si ces gens savent rire, ou sourire.... La sortie de la Bulgarie s'est bien passée, comment seront les Roumains ?

Douane. Passeport, nous ne descendons plus du train, ce sont eux qui montent. Un peu plus décontractés que leurs voisins, le douanier nous souhaite même "bon voyage" en français. Vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien, comme ça met du baume au coeur, serait-on revenu au pays des gens normaux ?

Le Danube est large et le train met un temps fou pour l'enjamber sur ce pont de ferraille à côté de la centrale nucléaire avec ses tours qui finissent presque dans les nuages tellement le ciel est triste. Bucarest est tout près et nous y arrivons rapidement, enfin...., trois heures, les contrôleurs roumains ne sont pas passés. A Bucarest, nous devons descendre du train, récupérer nos vélos, prendre les réservations pour le train pour Budapest en Hongrie, mais j'ai déjà les billets. On a une petite heure pour faire. L'employé turc qui est toujours là, nous aide à sortir les vélos et c'est lui qui m'avait renseignée des horaires pour Budapest, c'est comme ça que je sais qu'on a une heure devant nous. Je ne pense pas qu'on aurait pu prendre le train en Bulgarie, il fallait un Turc pour nous dire de charger les vélos sur les couchettes !!!! Bon type, comme ses compatriotes.

Bucarest : trouver le guichet international, me renseigner du prix pour les réservations, aller faire du change, repasser au guichet pour récupérer les places, monter sur le quai, trouver le contrôleur, voir avec lui pour charger les vélos dans le train, probablement discuter le tarif et s'installer. Une heure. Ca s'est super bien passé malgré la terrible appréhension qu'on avait à cause des vélos. Mais le type est presque sympa et la solution est vite trouvée, ce ne sera toutefois pas gratuit et cette fois-ci, pas de reçu, mais quand on marchande avec le sourire et avec un type agréable, ça change les choses. Je peux vous dire qu'on a poussé un grand ouf de soulagement. On est bons jusqu'à Budapest, on est mardi soir, il fait nuit. Pas de couchette ici mais c'est très confortable, il y a un Polonais, Michael, qui nous accompagne toujours, depuis Téhéran.

Budapest, mercredi matin, 8 h 30, avec une heure de retard nous entrons en gare. Mission : trouver un train si possible pour la Suisse, sinon pour Vienne, le plus tôt possible. Dans l'ordre j'ai fait : guichet d'information pour me renseigner sur les possibilités. On me dit qu'il est impossible d'embarquer des vélos dans un train, avec le sourire et en Anglais. Je dis qu'il faut bien trouver une solution , que je ne compte pas m'installer en Hongrie, avec le sourire également. En cherchant un peu, elle me dégote un train, qui s'arrête à toutes les gares, qui va à Vienne, avec un changement en cours de route, il part dans une heure et met 3 h 40 mn. C'est parti. Guichet des billets internationaux, je demande le prix pour le tronçon autrichien, pour nous et les vélos, puis il faut aller faire du change, revenir au guichet, filer ensuite à l'étage inférieur pour le tronçon hongrois, demander le prix pour nous et les vélos, remonter au rez de chaussée pour faire du change, redescendre prendre les billets, liquider la monnaie restante en achetant une petite friandise à mon époux, se rendre sur le quai et charger les vélos. Ce sont des gares de capitale donc c'est grand, il y a de la distance entre chaque guichet et on fait des kilomètres. Peu importe, nous sommes dans le tacot qui va nous conduire dans la capitale autrichienne, je ne sais pas si vous avez remarqué mais on se rapproche gentiment de notre but.

Pas de contrôle à la frontière, espace Shengen. Je demande à la contrôleuse si elle connait les horaires des trains en partance pour la Suisse mais c'est non. Je ne sais pas pourquoi je lui ai demandé aussi s'il y avait plusieurs gares à Vienne, un pressentiment, ou peut-être parce qu'on arrive à la gare sud, ce qui sous-entend .... Bonne nouvelle, nous devons aller à la gare ouest, 20 minutes par l'autoroute, ça nous fait une belle jambe, je sens la galère arriver à grand train..... Elle me dit qu'il faut prendre le métro, avec les vélos, me fait un plan, m'indique les stations et les numéros, va jusqu'à me vendre les tickets. Epique, de la gare sud on descend trois ou quatre étages, avec les vélos chargés c'est pratique ..... On monte dans un train type RER, les portes se ferment et on les bloque, la marche est haute, les vélos sont lourds, on est coincés dans les portes, ca se rouvre enfin, on jure un peu quand même, nous y voici, le train démarre, bondé ..... Deux stations, nous descendons, encore deux étages plus bas, ça va être super à remonter tout ça !!!! On est dans le U-Bahn, heureusement les portillons ne sont pas comme à Paris.... Je peux vous dire qu'on est tout à fait décontractés, très à l'aise, pas regardés du tout, essayez juste d'imaginer, 14 heures à Paris, deux cyclistes étrangers avec des vélos tout aussi étranges, qui débarquent dans le métro.....la gueule enfarinée. Un peu incongru non ? C'est un peu l'équipée de sauvages. Bon, au moins, le métro, il n'y a pas de marche, c'est à niveau. Quatre stations, puis il faut remonter à la surface, ascenseur obligatoire, on montera un par un, le vélo debout sur la roue arrière, le pédalier en l'air, ça rentre, ouf !! Plus loin, escalator, des Français qui nous croisent nous souhaitent juste bon courage, je n'ai même pas vu leur visage !!!. On y est !!!! P....c est pas trop tôt, on commence à fatiguer et à en avoir raz la casquette, on est mercredi, il est 14 heures. Le stress du tronçon suivant s'installe.

Guichet d'information : je me renseigne pour les trains en partance pour Bern, Lausanne et Feldkirch, petite bourgade située à la frontière suisse mais toujours en Autriche. Pour Lausanne et Bern, ça fait sept heures d'attente ici et on arrive demain matin dans l'une ou l'autre de ces villes où on pourrait trouver un train pour Pontarlier ou Frasne, ce qui nous ferait arriver chez nous en vélo, on aimerait bien. Pour Feldkirch on part dans une heure trente, et on y est à 22 h 40 ce soir. Tous les trains sont équipés pour embarquer les vélos contre quand même petit supplément. Je me dégonffle complètement, craque pour la dernière option, solution de facilité, prends les billets, pas besoin de change nous sommes en zone euros. Et je cours téléphoner à mes parents pour qu'ils viennent nous chercher ce soir à Feldkirch, nous serons à 300 bornes de chez eux.... Bien sur ça ne répond pas , je balance des messages partout.

Feldkirch, mercredi 22 h 40, le train entre en gare, mes parents sont sur le quai, contents de nous retrouver, contents qu'on ait bonne mine. A 4 h du mat, après un petit morceau de comté et de saucisse de Morteau, on se couche dans un bon lit. Nous rentrerons chez nous le lendemain, c'est à dire Jeudi. Nous en avons déjà terminé !!!!!

Ce trajet en train a été une expérience à part entière et on peut en tirer toutes les conclusions possibles quand au confort, au prix, à la facilité d'embarquer des vélos etc.....Vive l'Iran et la Turquie.... A bas la Bulgarie. On ne trouvait même plus le temps long, on a vécu une semaine dans les gares et les trains. On a roulé 119 heures. On gardera un souvenir impérissable de notre passage en Bulgarie et du Bosphore Expressi entre Istambul et Bucarest, et un tout aussi inoubliable souvenir du Trans Asia Express entre Téhéran et Istambul mais heureusement pour d'autres raisons. A noter que tous ces trains qui portent le nom d'express justement n'en portent que le nom. Je tiens à insister sur le fait que dans ce que j'ai raconté là, il n'y a pas d'exagération. J'espère juste que nous n'avons pas eu de chance et qu'ils ne sont pas tous et toujours comme ça, je parle des employés bulgares. Nous avons eu de tout, des compartiments à 4 ou à 6, des couchettes ou des sièges, et on est passé d'un extrème à l'autre au niveau de l'ambiance, ou de la vitesse. C'était comme un monde irréel, un mirage, on flotte, on est fatigués, on se laisse porter, on voit au fur et à mesure, les gares s'enchaînent, on passe une frontière tous les jours mais on voit les choses changer petit à petit, on ne se fait pas parachuter, et on a le temps de se dire qu'on rentre, le temps de bien se mettre ça dans le crâne, chasser le vent qui y avait pris place pour le remplacer par les préoccupations qui reviennent en masse, qui se bousculent pour entrer. On rentre, en parlant déjà dans la voiture...... du prochain épisode, du tronçon de l'année prochaine, du rêve suivant......C'est génial !!!

Ce n'est pas la dernière fois qu'on écrit, il y a encore deux ou trois choses qu'on aimerait partager alors même si le voyage est terminé pour cette année, on compte sur votre fidélité.

 

Alors à tout bientôt.

 

Difficile reprise ?  (écrit le 26 Novembre 2008)

 

Bientôt deux semaines que nous sommes rentrés. Ca file à la vitesse de la lumière. Le sentiment est assez étrange. Nous avons l'impression de ne pas être partis.... Peut-être rien n'a changé ou si peu. Les choses, les activités ont repris là où on les avait laissées, comme on les avait laissées.... Le retour est doux, pas douloureux. Il faut dire que nous aimons nos boulots. D'ailleurs Michel en a retrouvé, déjà, il y a des métiers qui ont cet avantage d'être demandés.... Je reprendrai la saison dans peu de temps. La neige est déjà là, et sur les sommets jurassiens, on ne devrait pas revoir le sol avant Avril.

Le retour est doux aussi parce qu'il y a juste à tourner la clé dans la serrure, ouvrir le gaz et remonter les disjoncteurs, quelques coups de fil, des invitations en pagaille et c'est reparti. Pas le souci de retrouver un logement, des autos....

il y a des détails cependant qui nous font prendre conscience de la longueur de notre absence : c'est la petite fille des voisins qui trotte maintenant, c'est l'hiver qui est là déjà, la neige a tout recouvert, l'impression que le Jura vit perpétuellement en hiver.

Nous allons depuis 10 jours d'invitations en réceptions, avec plaisir, même si pour l'instant nous n'avons envie de voir que les plus proches, les vrais amis. Et puis entre les articles pour diverses associations ou le bulletin municipal, deux diaporamas à faire, les 6500 photos à trier, les vélos à remettre en état, et le prochain épisode à préparer, il n'y a pas de quoi s'ennuyer, il y a du pain sur la planche !!!

Je n'aime pas les conclusions parce que si on fait une conclusion c'est que c'est terminé. Alors on va dire qu'on fait le point sur ce premier tronçon. Et pour abréger, simplement dire que c'était GENIAL, pas de grosse galère, pas de souci de santé, pas de raz le bol, pas de coup de blues, rien que du bonheur ou presque, pas de souci de sécurité, de vol. Rien ne nous a manqué, ni pour le moral ni en matériel. Nous nous complaisons dans cette vie de nomade, de voyageur au long cours. Allier l'effort à la découverte en rencontrant et vivant beaucoup au contact des populations ne permet pas de sombrer ni dans la routine ni dans l'ennui. On en redemande. J'ai du mal à exprimer toute la joie, tout le bonheur, toutes les connaissances, tous les bienfaits, tout ce qu'apporte ce type de voyage.

C'est aussi la réaction des gens qui nous fait prendre conscience de ce qu'on a fait parce que pour nous, il n'y a pas d'exploit, dans le sens où on a avancé, jour après jour, sans se prendre la tête, au gré du vent et des envies, on a mené notre bonhomme de chemin et puis c'est tout. Les kilomètres s'empilent sur le compteur tandis que les images s'accumulent dans notre tête....

Sept mois, c'est long et c'est court. Nous aurions continué avec plaisir et on envie ceux qui filaient vers l'Est, c'est presque dommage de couper en morceaux. Mais d'autre part, on commençait parfois à mélanger des petites choses. on ne se souvient plus si c'est en Macédoine ou en Bulgarie qu'il a eu ci ou ça, on ne sait plus si tel monument ou telle famille était à Veliko Tarnovo ou à Malko Tarnovo. Ce n'est pas grave mais ça veut peut-être dire qu'il faut faire un break pour digérer déjà cette partie avant de continuer, avant de remettre les voiles.

Alors on ne sait pas toujours, tous ces jours, si on a rêvé ou si c'était la réalité, ce qu'on sait en revanche c'est qu'on a encore des rêves.... qui vont bientôt se transformer en réalité. Nous n'avons qu'une envie : repartir..... D'ailleurs les préparatifs vont bon train (oh non pas encore du train !!!), les guides de voyage arrivent, les cartes sont commandées, les vélos sont à la révision et beaucoup de choses (assurances, avion, visas, itinéraires, ...) sont claires dans la tête. Quelques adaptations à faire sur notre matériel pour plus d'autonomie car nous serons, en 2009, dans des endroits plus isolés, sur des terrains plus montagneux, en haute altitude, entre le Kazakhstan et l'Inde ou le Népal .....

Nous vous tiendrons régulièrement informés de l'avancement des préparatifs....

Chao

 

 

FORMALITES

De tous les pays traversés lors de la première étape, seul l'Iran nécessite un visa. En Turquie et en Bulgarie, ainsi qu'en Albanie, le passeport suffit tant qu'on ne dépasse pas 90 jours.

Pour l'obtention du visa Iranien, il faut une invitation. Et pour obtenir cette invitation il y a plusieurs possibilités :

- soit vous connaissez quelqu'un en Iran, qui peut se porter garant, vous fournir une adresse et aller au ministère des affaires étrangères avec toutes vos photocopies de passeport à Téhéran pour obtenir le numéro qui constitue en fait l'aval de Téhéran.

- soit vous avez juste une adresse mais la personne ne peut ou ne veut pas se charger d'aller à Téhéran donc vous fournissez tout ça à l'ambassade et ce sont eux qui font le nécessaire. Le travail supplémentaire est payant.Comptez entre 30 et 40 euros par personne.

- soit vous ne connaissez personne et vous faites appel à une agence de voyage qui vous fera tout ça très bien mais bien sûr c'est une prestation, qui peut doubler le prix du visa lui-même.

Une fois ce numéro obtenu, vous pouvez obtenir votre visa en quelques jours voir quelques heures à partir d'à peu près n'importe quel consulat d'Iran, il suffira juste que votre garant ou l'agence qui vous a aidé ait bien envoyé le papier au bon consulat . . . La durée de validité du visa est de trois mois. Vous aurez au max un visa d'un mois, renouvelable deux fois.

Ne connaissant persone en Iran et vu les démarches à faire, je me suis permise en temps qu'accompagnatrice, de demander à un voyagiste de me donner l'adresse de leur réceptif local, qui nous demande 40 euros chacun pour faire le nécessaire et envoyer éventuellement le tout au consulat d' Erzurum en Turquie. Ca nous fait une connaissance dans ce pays, qui parle très bien français de surcroit et ce sont des professionnels, on n'a pas trop envie de jouer avec ces choses là.

Apres coup, ca s est tres bien passe, le consulat d iran a erzurum en turquie avait recu notre numero et en trois heures on avait notre autocollant dans le passeport, apres avoir lache 60 euros chacun sur un compte precis.

Nous allons maintenant voi pour les prorogations

Pour les personnes qui arrivent en avion , il est apparemment aise et rapide d obtenir des visas touristiques d un mois directement a l arrivee a l aeroport, ca coute 50 euros par tete.

Prorogation des visas iraniens

Il est tres facile de faire proroger les visas. Il faut se pointer deux jours avant l'expiration du visa courant au poste de poilce ou au bureau des étrangers suivant les villes. Il faut deux photos d'identité, remplir les formulaires, 20 dollars par personne et je ne sais quoi mais rien d'extraordinaire. C'est facile et normalement c'est toujours accordé. Plus facile à faire à Ispahan, Yazd, Shiraz qu'ailleurs.

 

Jusqu'à la frontière iranienne, nous n'aurons pas trop de soucis malgré les différentes monnaies. En effet, dans tous ces pays nous pourrons utiliser notre carte bancaire ou éventuellement des chèques de voyage. De plus il y a des distributeurs automatiques de billets donc tout va bien. Nous partons avec deux cartes bancaires valides, une Visa et une Mastercard, on ne sait jamais, si on se sépare ou si on en égare une. Une troisième, non valide, sera la plus facile à voler. Par contre à partir de l'Iran ça se corse. Les cartes bancaires, chèques de voyage et tout ce qu'on peut imaginer sont complètement inutiles. Il faut avoir du cash. Heureusement quelques banques dans les plus grandes villes acceptent de changer des euros ou des dollars.

Voici les taux de change en vigueur dans les différents pays au moment de notre passage :

France et Italie : zone euro

Croatie : la kuna est indexee sur l euro donc le taux est fixe, il est a 7,4 kn pour 1 euro.

Montenegro c est l euro.

Albanie on ne sait pas on n a pas fait de change.

Macedoine c est le dinar et pour un euro on a 61,4 dinars.

Bulgarie : c est la leva : pour un euro on a 1,95 levas. Et la vie coute deux fois moins cher que chez nous, enfin ca depend quoi !!!

Turquie : c est la YTL c est a dire la Yenı Turquish lira ou en francais la nouvelle livre. Bon ils comptent encore souvent en million et une boite de thon a 5 millions ca fait bizarre. Bon on a 1 YTL pour 0,54 € Celui ci a enormement devalue depuis notre arrivee dans ce pays.

Iran : c est le rial qui est utilise mais les prix sont affiches en tomans. Un toman egale dix rials donc par rapport aux prix affiches il faut tout multiplier par dix. Dans un euro il y a environ 13500 rials, donc 1350 tomans. Et dans un dollar il y en a environ 10 000 (rials). Il faut arriver avec du cash en dollars ou en euros, ensuite pour le changer il n y a pas de probleme, les bureaux de change ne prennent que de tres tres faibles commissions. Les billets commencent a 500 rials, imaginez les liasses que ca peut faire. Les billets tres courants sont les Khomeyni, ils valent 20 000 rials. Il y en a aussi des 50 000 rials ce qui fait des liasses beaucoup moins importantes a trainer.

 

BUDGET

 

Pays Héb.
Nour.
Com.
Trans.

Ent.

sites

Rép.
Doc.
Divers
Pharma
 Cad. Total

Nbre

jours

Moy.
 France   24                 24 7 3.5
 Italie  97  190 14 68              369  12  30.75
 Croatie  50  287  29  90 34            490  22  22.27
 Monténégro    33       5          38  3  13.3
 Albanie    15      20   5        40  2  20
 Macédoine    41  6    2            49  5  10
 Bulgarie  50  288  15    8  4  3 14      382  25  15
 Turquie  344  998  79  96  142  14    45 18    1736  78  22.25
 Iran  193  276  18  44  13  13  2  7   7  573  50  11.45
 Retour        542              542  6  90
 TOTAUX  734  2152  161  840  219  36  10  66  18  7  4243  210  20.20

 

DETAIL DU VOYAGE RETOUR

Téhéran Istambul : 106 Euros

Istambul-Budapest (Hongrie) : 250 Euros

Budapest-Vienne : 63 Euros

Vienne-Feldkirch : 123 Euros

Total : 542 Euros dont 62 pour les vélos

 

Moyenne de 20.20 euros pour deux personnes/jour. A cela il faut ajouter les frais de visas iraniens, les prorogations ( en tout 200 €) et tous nos frais bancaires pour les retraits effectués hors Europe (120 €)

 

 BILAN MATERIEL

- Le vélo Dragon

Pas vraiment d'ennui. Quelques crevaisons. Un déraillement qui a envoyé la chaine entre la cassette et la roue, ce qui a eu pour effet de péter deux rayons qu on a fait réparer rapidement, en Turquie. On a changé les pneus avant et arrière une fois, ils avaient quelque chose comme 12 ou 13 000 kilomètres.... Avons aussi changé un câble de dérailleur arrière suite à casse. La languette du support du galet de renvoi de chaine a cassé, on a accroché le tout avec des petits colliers blancs, ça n'a pas rebougé. Le joint du galet de renvoi de chaine a été changé plusieurs fois,ça prend deux secondes, il suffit d'en avoir... La béquille pourtant soudée a rendu l'âme le jour de notre passage en Albanie, soit assez tôt quand même. Et il faudra trouver un système pour l'année prochaine parce que ça manque.... Ca a prit pas mal de jeu dans l'axe de la fourche arrière, il faut remplacer les pièces.Sur ce point, après démontage il s'avère que les bagues bronze ont été emmanchées plus qu'en force puisque la bavure de soudure n'a pas été limée. Résultat de cette mécanique  très propre !!!!! : l'axe monté lui aussi en force alors qu'il devrait tourner n'a jamais pu remplir son office, et c'est au niveau de la fixation de la fourche sur ledit axe qui a fait l'effet de pivot. Il en résulte une usure anormale dans les trous de fixation de la fourche arrière ..... Nous avons refait le boulot proprement, comme il aurait du être dès le début ....

 

- Le vélo Condor

Pas d'ennui à part une jante  qui s'est découpée comme une boite de conserve, sur le bord. Méfiez vous des jantes avec témoin d'usure. En fait le témoin d'usure sert d'amorce de rupture ..... Elle a commencé à se "défaire" sur le côté à l'endroit où les patins de freins viennent frotter. Puis un bout de quelques centimètres est parti, puis l'espace a grandi, et jusqu'à ce que ça fasse déjanter. Nous avons retrouvé une jante en Iran. Quelques crevaisons. On a changé les patins régulièrement, ainsi qu'une fois les câbles de freins. Un maillon de chaîne tordu.... Changement du pneu avant une fois et du pneu arrière deux fois. Gaines et cables de freins à refaire complètement.

 

Par prévention, sur les deux vélos, nous allons changer toute la transmission. Les cassettes et les chaînes sont très usées. Nous allons aussi changer les deux petits plateaux, les tubes dans lesquels passe la chaîne, eux, sont nickels. Les roulements de la roue avant sont nazes. Nous avons remplacé les pièces de l'axe de la fourche arrière.  Les mousses des sièges commencent à s'effriter, à changer aussi, comme mes poignées de guidon, en mousse. La direction est en état, comme les jantes. A changer aussi : les roulettes du dérailleur arrière. Je crois que c'est tout. Et la roue arrière complète à Michel évidemment. En tout pour les deux vélos je pense qu'il faudra compter environ et quand même 450 à 500 euros.

Nous partirons l'année prochaine avec plus de maillons rapides et des roulements même si nous n'avons manqué de rien cette année. Nous sommes globalement contents de nos montures, et osons avoué qu'en sept mois, elles n'ont jamais vu un coup de chiffon. Nous avons juste huilé les chaînes.

Les sacoches sont solides mais pas imperméables et les housses de protection pour la pluie sont trop légères et volumineuses et pas pratiques. Conclusion : ça va cette année on n'a pas eu beaucoup de pluie mais pour 2009, soit on fait faire des sacoches imperméables, soit on protège bien à l'intérieur, mais on ne repartira pas avec ces housses qui ne servent à rien et qui prennent de la place.

C'est donc un bilan un peu mitigé en ce qui concerne les vélos. Cette histoire de bague bronze pétées lors du montage, c'est vraiment de la mécanique à deux balles, du travail de cochon !

 

Camping, vêtements, et le reste.

Le réchaud fume parfois un peu noir, ça dépend de la qualité de l'essence qu'on met dedans et si on le met au ralenti ou non. Au ralenti jamais de fumée. Les tasses ont fini par se percer les deux au niveau de la poignée et une tasse qui fuit, ça remet en cause le voyage..... La bâche sous le tapis de sol de la tente, c'est génial pour l'isolation, le confort, l'humidité, a saleté, tout. C'est indispensable. La tente est nickel, pas un poil de jeu, pas une couture défaite, pas une fermeture éclair qui coince, rien. Et pourtant elle n'était pas neuve, elle a déjà vécu. Volume super sauf peut-être un peu en hauteur où 20 cm de plus seraient appréciables surtout si on doit rester toute la journée dessous. Les casseroles, on avait tout ce qu'il fallait, ni trop ni trop peu. Les vêtements pareil. La documentation et les cartes pèsent lourd et occupent du volume mais on a besoin de ça, certains font sans, c'est bien, on aime les avoir, on les a renvoyé au fur et à mesure. Appareils photo et matériel informatique : pas eu d'ennui, tout a bien fonctionné. On a pu communiquer et renseigner le site assez facilement. Le panneau solaire n'a servi à rien, on l'a renvoyé, de toutes façons il ne va pas. Le filtre a eau n 'a servi que deux fois mais c'est indispensable, difficile de faire un bilan, pas assez servi. La pharmacie, elle est prête pour l'année prochaine vu qu'on n'a pratiquement rien utilisé.

L'année prochaine, je n'emmènerai pas de sandales mais une polaire supplémentaire et un collant, un bonnet, un nouveau et bon sac de couchage, un matelas autogonflant pour une meilleure isolation et des surgants.

 

Matériel audio et photo

Les appareils photo (finalement on avait pris un compact numérique et un bridge plus sophistiqué) ont bien fonctionné. Pas de soucis, ni avec les appareils ni avec les cartes mémoires, ni le lecteur de cartes, ni les clés usb ni rien. Donc on renouvellera l'opération à l'identique l'année prochaine. Nous n'avons pas fait assez de petits films, il faudra y penser l'an prochain... Le dictaphone non plus n'a pas beaucoup voire pas du tout servi.  Mais nous le reprendrons quand même. Le lecteur MP3 lui, a beaucoup été utilisé, et c'est un véritable bonheur que de se mettre entre les deux oreilles un truc bien planant, quand on allume un feu et qu'on est au milieu de nulle part, ou aussi pour moins entendre la pollution sonore de la ville, des voisins dans l'hotel ou .... Nous n'avons jamais roulé avec car il faut s'enivrer de l'instant présent et rester concentré. La musique c'était le soir après l'étape....

 

CHIFFRES

 

Pays  2008

Nbre jours

 Nbre jours

roulés

Kilomètres
Déniveléé +

Temps de 

pédalage

 Km/jour Den +/jour
Temps/jour
 Moyenne
 France  7  7 375 5355 24 h 30 53 765 3 h 30  15.3
 Italie  12  11  944  3935  45 h 39  86  357  4 h 10  20.74
 Slovénie Croatie
 22  18  1368  16000  81 h 19  76  889  4 h 31  16.8
 Monténégro  3  3  200  3000  13 h 19  67  1000  4 h 26  15
 Albanie  2  2  182  1625  10 h 36  91  812  5 h 18  17.1
 Macédoine  5  5  348  3200  18 h 37  70  640  3 h 43  18.7
 Bulgarie  25  24  1894  20400  105 h 00  76  850  4 h 22  18
 Turquie  78  71  5280  54350  303 h 05  74  765  4 h 16  17.42
 Iran  49  29  2345  14550  117 h 30  81  500  4 h03  19.91
 TOTAUX 203
170
12936
122415
718 h 48
76
720
4 h 14       
 18