2014 - À vélo couché de Dunkerque à Gibraltar


 

Salut à vous !

 

Ouais ouais... je sais, tout juste rentrée que je vais repartir déjà.

 

Quatre mois tout de même que j'aurai passé ici. Pas une paille. Ou alors une grosse.

 

Le temps de penser à d'autres choses, et pas que ça.

 

Je n'ai pas chômé. J'ai emmené des gens se promener, des petits et des grands, sur les Monts Jura, autour du Mont Blanc ou autour de chez moi, j'ai fait du vélo de route, même pas couché, histoire d'aller taquiner les nombreux cols environnants, du trail, de la rando en Gruyère et quelques excursions en bus, au micro. La saison n'est pas terminée, encore de la rando-balnéo dans le Chablais en perspective, des vacanciers à la maison... Je me suis gavée de lecture, me suis maintenue dans une condition physique acceptable et ai lutté contre la prise de poids, sans y réussir totalement...

 

J'ai écrit en partie le texte du futur film de Damien Artero sur mon itinérance hivernale et solitaire, un exercice nouveau qui m'a donné du fil à retordre et sur lequel il faudra encore travailler. La sortie n'est pas prévue avant début 2015.

 

Et puis j'ai écrit un bouquin aussi, comme ça, à titre accessoire et histoire de digérer mon grand dessert glacé. L'écriture est achevée, je cherche un éditeur, Phébus ne faisant plus dé récit de voyage contemporain, ai quelques contacts, le manuscrit partira demain... Il ne reste qu'à croiser les doigts en attendant la réponse...

 

Ah ben non, justement, c'est là que ça coince.

 

Je ne vais pas attendre en me tournant les pouces, je risquerais de trouver le temps long entre l'été et l'hiver, je vais aller tourner les jambes, partir faire un tour à vélo. Oh, pas loin. Et sans préparation aucune. Un truc débonnaire, sans logistique, ni visa, ni billet d'avion, ni démontage et emballage de vélo, sans netbook, le plus légère possible. Ben ouais tiens, pour une fois, juste mettre trois culottes et deux tee shirts dans les sacoches, une rustine, un cahier, un lecteur mp3 muni d'un vrai casque, de la lecture, un maillot de bain et hop.... Ouais, j'oubliais, aussi la tente, un matelas, un sac de couchage, une pompe, une paire de tongues, des lunettes de soleil, de quoi cuisiner un peu, l'attirail au complet en fin de compte.

 

 

25 août à 7 h 10 pétantes, je devrais être sur le quai de la gare de Frasne avec mon vélo couché sous le bras. 7 h 15, le train se mettra en branle, direction Paris, puis après un changement de gare (je n'ai encore jamais roulé dans Paris à vélo couché, je me vois bien sur le Champ de Mars ou le parvis du Louvre, juste pour le fun) et quelques heures d'attente, j'en prendrai un second à destination de Dunkerque. Et là ?

 

Et là, ben l'itinéraire est simple, suivre la route vers le sud en gardant l'eau salée le plus près possible à main droite, et ce jusqu'à Gibraltar. Avec trois mois devant moi, je pourrai prendre le temps, de discuter avec les gens, qui pour une fois, parleront en partie la même langue que moi, de me baigner, de visiter les plages du débarquement, d'aller pêcher en haute mer si l'occasion se présente, de profiter des couchers de soleil sur la crête des vagues, des déferlantes sur les remparts de St Malo ou de la Rochelle, des criées sur les ports, des plages infinies quand la mer se retire, des phares comme jalons sur mon itinéraire...

 

De l'Espagne puis du Portugal, tenter d'étirer l'été le plus loin possible, de faire en sorte que l'hiver ne me rattrape pas, jusqu'au rocher anglais en face de l'Afrique. Ce ne sera finalement pas sans similitude avec ce que j'ai fait cet hiver, je parviendrai pareil au bout d'une route, au bout d'un continent, sur un rocher qui dominera la mer et soumis aux assauts incessants des vagues, avec un moyen de locomotion à propulsion musculaire...

 

Des vagues et des lames, oui.

Du vague à l'âme, non.

 

Je crois que j'ai envie d'entendre des histoires et des chansons de marins, de pêcheurs, de bateaux, de saouleries... À moi d'aller chercher tout ça.

 

D'ici là, il faut juste que j'apprenne l'Espagnol et le Portugais, que je change les portées de roulements du moyeu de ma roue avant, et, et... et dire qu'il y en a qui sont persuadés que je passe mes journées à ne rien faire ! Et puis s'il y en a parmi VOUS qui habitent sur la côte atlantique, bretonne, d'algarve, d'émeraude... je suis preneuse de contacts pour une halte, un bon moment, une nuit au sec. Vous pouvez me joindre par ce site, rubrique "Me contacter".

 

Ensuite et si j'y arrive, j'aviserai... Je dois être rentrée le 27 novembre au plus tard. Trois mois devant moi et des kilomètres en accordéon, tout repliés et qui vont se déplier juste devant mes roues...

 

D'ici là j'espère, le blanc immaculé aura remplacé le vert fluo de cet été bien arrosé, et il sera temps de retrouver les plaisirs de la glisse, de l'hiver et du silence...

 

Et c'est le cas de le dire, je vous tiens au courant...

 

Et c'est reparti !

 

Bonjour,

 

À quelques jours seulement du départ (j'ai l'impression de ne faire que ça depuis quelques années : partir), c'est le temps des listes des choses à faire, qui deviennent de plus en plus précises au fur et à mesure que les heures s'évanouissent avant de tourner la clé dans la serrure.

 

J'ai passé pas moins de deux heures et demie, allongée sur le siège du dentiste ce matin, afin de m'affranchir de tout souci pour les mois qui viennent, j'ai payé mes impôts, pffttt !, Damien Artero est passé et nous avons enregistré le script du futur film. Il a tous les éléments en main pour travailler pendant que je vais me promener.

 

J'ai trois jours encore pour acheter une bâche (pour mettre sous la tente), des cadenas pour mes sacoches, un short et un grand linge microfibres en prévision des heures de plage, enfin... peut-être.

 

J'ai reçu ma liseuse et me suis assurée de son contenu, y ai ajouté les dossiers de Courrier International que je n'ai jamais le temps de lire au fur et à mesure, ai imprimé mes cartes afin de pouvoir prendre les toutes petites routes qui longent un maximum la côte. Bref, je crois qu'il ne me reste plus que les sacoches à faire et ça ne prendra pas des plombes.

 

Je pars sans netbook ni appareil connecté mais tacherai de mettre à jour ce site aussi souvent que j'en aurai l'occasion, restez connectés et si vous habitez au bord de l'eau salée entre Dunkerque et Gibraltar, n'hésitez pas à me contacter, une douche chaude, manger assis, dormir dans un lit... font parfois du bien.

 

 

Si j'ai déjà des projets pour le retour ? Oui, faire du ski !

 

À la prochaine

 

 

Dunkerque - Granville

 

Bonjour,

 

Allez partie ! De Bois d'Amont à Chapelle des Bois par le Risoux comme mise en bouche, ou plutôt en jambes avec tout le paquetage, il y a plus doux !

 

Et puis lundi matin, Fanny m'aide à monter mon vélo dans le train et la mécanique se met en branle, direction Paris d'abord, où Patricia m'attend sur le quai et m'aidera considérablement à tuer les cinq heures que j'ai pour me rendre de gare de Lyon à gare du Nord. Et re-train. Dunkerque : c'est ici Zarko qui est sur le quai, sous des trombes d'eau. Ah oui ! Contente d'être dans un lit ce soir. Zarko : un personnage, me  raconte sa vie tandis que son épouse Monique me fait visiter Dunkerque, qu'il lui arrive de montrer aux touristes. Je suis entre de bonnes mains. Mais il faut partir, entamer la route...

 

Au moment de faire les premiers tours de pédale, la pluie se remet à dégringoler. Après avoir fait le tour de ville, du marché aux poissons, pris un café, Zarko me remmène à la maison, il pleut trop... Je ne partirai que l'après midi. Donc géographiquement, Dunkerque n'est ni sur l'Atlantique ni sur la Manche mais sur la mer du Nord. Ciel gris,mer grise, humeur grise aussi, qui fait caméléon avec le reste en fait. Je campe entre Cap Blanc Nez et Cap gris Nez. Et je passe en Manche, pour un moment.


 

Bien, je ne vais pas vous faire une description de chacune de mes journées. J'ai d'abord eu une météo capricieuse, jusqu'au Havre, avec un vent de face à décorner les boeufs, et de jolies bosses pour les jambes encore faiblardes. Qu'est ce que j'ai vu ? La plage du Touquet sous l'eau, les falaises d'Etretat dans un bon crachin, des petits ports jolis entre deux averses, Saint Valérie en Caux, Dieppe, des falaises blanches entrecoupées de valleuses, j'ai mangé des kippers, j'ai été invitée spontanément aux Grandes Dalles par Christine, j'ai passé le POnt de Normandie un dimanche matin après un samedi soir bien festif chez Pierre et sa compagne au Havre. J'ai été, s'il vous plait, à Deauville et toute la clique, et puis j'ai longé et visité les plages du débarquement. Je suis passée donc d'un côté de l'eau (haute Normandie) aux plages de galets, à l'autre côté de l'eau (basse Normandie), aux immenses plages de sable. J'ai appris chez Thierry et Cathy ce que sont les coefficients de marée et les marnages... Ah oui, les mots ici sont différents, il faut dire que chez nous, pas tellement l'occasion d'user de tels termes... pas adaptés à la situation !

 

Et puis j'ai attaqué le Cotentin par la vélo route, ah, j'oubliais, avant, j'ai aussi pédalé en baie de Somme. Bon alors le Cotentin, en bas, ça va, c'est plat, ce sont des marais, mais en haut, c'est découpé, c'est tourmenté, c'est beau, mais ça use les jambes et le petit plateau, on s'y casse les dents parfois, dans les côtes, à se voir pousser la monture chargée en regardant les gouttes de sueur faire tâche sur le macadam... Mais qu'est ce que c'est beau, surtout avec le soleil revenu, et le vent plutôt favorable. Fidèle à mon idée de départ, je fais tous les tours, les détours et les contours, visite les caps et les phares, au plus près de la mer toujours, quitte à faire des kilomètres et me taper des dénivelées, m'approvisionne dans les petites épiceries au jour le jour, campe à l'abri du vent derrière les haies avec vue sur la mer. Barfleur, Cap Lévi, Cherbourg, sa rade et Napoléon, le cap de la Hague, et des belles plages encore. Me voici à Granville, pour une demie journée de repos qui sera trop vite passée...

 

Tout va bien je suis dans le rythme du voyage, me suis baignée dans la Manche, pas trop froide...

 

 

A bientôt.

 

 

Grandville-Lannion

 

Bonjour,

 

Ouh que Grandville est loin déjà ! J'avais dormi là bas chez un membre du réseau "warm shower", reçue très bien une fois de plus, avec visite guidée de la ville et soirée sympa dans un studio de la famille Dior, qui étaient, avant, des industriels. Le lendemain, j'ai attendu quelques heures à la pointe du Groin sud que la marée monte dans l'espoir de voir le mascaret mais je n'ai pas eu la patience de rester sur mon banc de bois face aux bancs de sable cinq heures durant, donc ai réenfourché ma bécane après avoir réparé une crevaison et suis allée au Mont Saint Michel, duquel je tournais autour depuis le début du jour. Et là c'était marée haute et l'affluence de monde était raisonnable. J'y ai rencontré deux cyclistes randonneurs anglais avec qui je me suis organisée pour laisser les vélos sous bonne garde pendant la visite du site. Nous sommes ensuite allés camper à deux pas de là, avec vue imprenable sur le rocher, par delà le Couesnon (rivière qui fait frontière entre la Bretagne et la Normandie), donc en Bretagne. Les moustiques ont écourté notre repas, tandis que le leur était des plus copieux !

 

Et puis par Cancale, la pointe du Groin, et en suivant scrupuleusement la côte, nous avons pédalé (toujours avec Tom et Andy) jusqu'à l'entrée de St Malo où je les ai laissé filer pour m'arrêter chez Armelle et Philippe, amis de longue date que je n'avais jamais vus dans leur élément naturel : la Bretagne.  A la campagne, à 10 minutes à pied de la plage, il y a pire ! Alors nous avons arpenté le sentier des douaniers pendant deux jours sur des tronçons très jolis, j'ai vu des (h)aveneaux, des bateaux à roulettes (si si, des bateaux avec des roues, pour avancer sur le sable à marée basse, et flotter quand l'eau est trop haute, aller dans les parcs à moules), un peu comme les bateaux des manèges. Des bateaux à roulettes, pffttt, ces Bretons sont capables de tout. J'ai vu aussi le Renard dans le port de St Malo (c'est un bateau), et la Biskine (un autre célèbre) à Cancale. Nous sommes allés à la pêche à pied, puisque c'était les grandes marées de septembre, les plus grandes... avec un marnage énorme, des kilomètres carrés de fonds découverts, des îles qui apparaissent et disparaissent au gré des marées, une amplitude, en hauteur, de 14.5 mètres, j'avais jamais vu, c'est impressionnant, entre 4 et 5 étages... J'ai appris multitude de choses sur les marées, bref je me suis régalée (pas des coques et palourdes que j'ai gagné au grattage (dans le sable), car je suis allergique donc n'en mange pas...). Les remparts de St Malo n'ont plus de secret pour moi, entre la tour Bidoine, le fort national, les plaques d'égout avec entre autre l'hermine, la tour Solidor qui fut prison et tout, les piscines construites par les Allemands pendant la guerre, les expressions de la région, les galettes, Saint Servan, l'usine marémotrice de la Rance, la maison qu'a habité Léo Férré, celle où Colette a écrit "Le blé en herbe", celle de Bouygues, de Pinault, de Nicolas Hulot et des autres... Ouh ce fut très riche. Les remparts de jour et de nuit, à marée haute et basse, ah, on m'avait dit repos ! Ca a failli !Trois jours de régal. Merci Armelle et Philippe, et à charge de revanche.

 

St Malo intra-murros, cependant, est une ville que j'ai trouvé grise, ruelles étroites entre des bâtiments hauts et austères, construits en pierre plutôt foncée, mais les remparts valent le coup d'oeil, et les cheminées de la ville sont à voir aussi. Alors, les coefficients de marée étaient au plus haut, 115 tout de même, mais la mer était d'huile, presqu'un lac, donc rien de spectaculaire, pas de grandes éclaboussures sur les quais. Moi qui rêvais de voir la mer littéralement monter à l'assaut des remparts, je devrai repasser...

 

Puis Delphine (avec qui nous avions roulé en Chine) m'a rejoint (venue de Paris à vélo en trois jours...), pour pédaler deux jours ensemble, de St Malo à St Quay Portrieux. Encore deux jours qui ont passé trop vite, une succession de montées raides, mais courtes, avec des descentes raides, mais courtes. Ah oui, sur une carte, en tirant au droit, parfois quelque chose comme quarante bornes à faire, mais en suivant tous les contours et nous rendant sur toutes les pointes, ça en fait cent cinquante... A Saint Quay Portrieux, j'ai laissé Delphine, après une dernière bière avec vue sur le port et la piscine qui se remplit d'eau salée à chaque marée, comme à St Malo. Elle devait filer pour prendre son train à Paimpol, tandis que j'étais hébergée encore, par Alain et Jacqueline, et chouchoutée encore. Je vais finir par lutter contre la prise de poids, même en pédalant ! Et puis ce fut pointe de l'Arcouest, le sillon de Talbert, la pointe du Château, et celles dont j'oublie le nom mais je les fais toutes ou presque, et des kilomètres tout repliés toujours, pour finir par arriver ici, à Lannion, où après une seule nuit sous tente, je suis de nouveau dans un lit et trop bien nourrie, chez Daniel et Mireille.

 

Sur les plages ici, il y a des algues vert fluo, dues à un excès de matières azotées, épandages de purain de cochon. Le soucis c'est que ces algues sont toxiques car elles sont à l'origine d'émanations d'acide sulfuré... Ben oui, comme partout, il y a parfois des dysfonctionnements. Autrement, je vois beaucoup de cultures, des choux, du maïs, des artichauts, des carottes, des salades, des chrysanthèmes et des hortensias.  Et quand je bivouaque, je tâche de me poser derrière une haie, pour me gaver de mûres.

 

Bref, que du bon, la mer turquoise, le ciel bleu, à peine brumeux parfois, du soleil, et du vent majoritairement dans le dos. Je ne vois pas que demander de plus, la Normandie s'est montré sous son meilleur profil et la Bretagne, pour l'instant, soigne sa cote et rivalise !

 

Voilà, la galerie photos est à jour.

 

Je ne sais pas comment je pourrai continuer à mettre à jour mais je ferai mon possible !

 

En chiffres : il faut absolument savoir que par la côte, la distance entre Dunkerque et le Mont St Michel est de 1000 bornes, et que le tour de Bretagne à lui seul en fait près de 1500. Voilà, donc j'ai quelque chose comme 1500 km au compteur. Il y a beaucoup de virages...

 

A bientôt

 

Lannion-Vannes

 

Ah ben voilà, j'avais fait un bel article, une heure de boulot, et au moment de sauvegarder, vlan, tout loin, à recommencer, le truc rageant qui te fait jurer comme un charretier, mais bon, je suis chez des gens... donc je recommence patiemment.

 

Après avoir été soignée, bichonnée, blanchie, nourrie et logée, photographiée même par Daniel et Mireille, me voici d'attaque pour affronter les raidillons tuants qui se succèdent à une vitesse vertigineuse. Ah c'est beau, pour sur, un coup au bord d'une jolie plage de sable, cinq minutes plus tard la grande bleue vue d'un peu de hauteur, et hop, toboggan, on recommence, petit passage à 15% dans lequel je capitule et marche en poussant ma monture...

 

Locquirec, Primel Trégastel, Morlaix. Ah Morlaix ! Il faut revenir chercher le pont jusqu'en ville pour ensuite rouler de l'autre côté de l'eau, j'ai eu presque envie de traverser dans la vase, c'était marée basse ! Et puis Morlaix m'a rappelé Morez, pas que pour le nom, mais aussi pour sa situation encaissée et ses viaducs en pierre. Et pointe de Carantec, et Roscoff. Je suis dans le Léon, la région des artichauts, et j'assisterai même un matin, alors que j'émerge de mon sommeil réparateur, à la récolte dans le champ à côté de ma chambre. Je n'avais jamais vu un pied d'artichaut, il n'y en a pas dans le Jura ! Allez , je passe vite, il a fallut contourner les abers, ces bras d'eau de mer qui rentrent loin dans les terres, aber Wrach, aber Benoit et enfin aber Ildut. Tiens, d'ailleurs Lanildut et la capitale mondiale du goémon, eh, pas rien hein ! A Lampaul Plouarzel, je suis accueillie au pied levé par Gaétan et Martine, membres du réseau warm shower, dans la nuit il pleut et le ciel est gris quand je quitte la maison qu'ils me laissent le soin de fermer, partis depuis longtemps au travail.

 

C'est sous un ciel gris, et avec une mer grise donc, que je passe le cap particulier de la pointe Corsen. C'est la limite exacte, la frontière entre la Manche et l'Atlantique. Et elle avait le bras long ! Quant à moi, je retrousse les miennes et m'attaque à l'océan, pas le plus pacifique. POinte du Van, le Conquet, Pointe St Matthieu, la plus au nord des trois pointes finistériennes, avec son phare qui se mélange aux restes de l'immense abbaye dominant les flots. C'est un lieu qui reste imprimé dans les têtes souvent, je pense. Très beau. A partir de là, je tourne, mais le vent, lui, pousse toujours vers l'Ouest, donc je le prends de face, et avec ça quelques gouttes à Brest.

 

J'arrive dans la ville en longeant l'enceinte de la marine nationale puis le port marchand. J'ai remarqué que dans les petits ports, il y avait des goélands et des mouettes, mais dans les grands ports, ce sont des grues... Brest et sa rade, bien sur, je passe rapidement, pousse à la pointe de Kerdéniel puis prends pied sur Crozon. Crozon ressemble à un trident inséré lui-même dans le trident breton, la langue fourchue entre les machoires du monstre. Oh les bosses ! 130 bornes pour venir à la pointe des Espagnols depuis Brest, que j'ai maintenant juste sous les yeux, par delà le fameux goulet de Brest. Puis Camaret et la pointe de Penhir... J'avoue que par moment, le découragement m'a fait des clins d'oeil, "Allez coupes, regardes, cinq bornes au lieu de trente cinq, faire le tour pour voir quoi ?" Je fais de la résistance et ne prends pas pitié de moi, je ne veux pas tricher. Je ne peux toutefois pas dire que je suis arrivée à doigts dans le nez les Douarnenez ! Mais c'est beau c'est vrai, et le bivouac que je plante à proximité de la pointe de la Jument remet de toutes les difficultés.

 

Dans le Finistère, le sable est blanc, les clochers en pierre des églises est en dentelle, les noms de direction sont bilingues. Encore et toujours des pointes, à force d'en faire, je vais finir petit rat de l'Opéra. pointe du Van, pointe du Raz, magnifique, mais ce qui me laissera encore une trace indélébile comme parfois savent en laisser des lieux qui provoquent une émotion particulière, c'est la baie qui se trouve entre les deux pointes : la baie des Trépassés. Le nom n'est pas gai, certes, mais c'était énorme. Dans la baie d'Audierne, j'ai trouvé de longues plages de sable et des vagues bruyantes qui viennent s'écraser sur les grèves. Pointe de Penmach, tiens, le compteur passe les 2000 bornes depuis Dunkerque. J'avais passé les 1000 au Mont Saint Michel. Pont l'Abbé, Concarneau, Pont Aven (oui, les galettes). Bon, à Concarneau j'ai visité la ville intérieure, fortifiée toujours par le même Vauban.  Alors si les ruelles pavées, les églises, les ponts de pierre, les échoppes de ce dont on n'a pas besoin pourront peut-être finir par me lasser, et même peut-être les ports, il y a une chose qui me semble inépuisable : c'est le plaisir que j'éprouve à retrouver le littoral après quelques kilomètres de séparation, cette immensité dont les crêtes à peine hérissées des vagues scintillent dans le soleil. Cette force aussi que dégage l'élément liquide, la puissance qui  se cognent aux rochers et explose en mille gouttelettes irrisées. Je trouve beaucoup de similitudes finalement entre cet océan là, et celui, blanc, que j'ai côtoyé l'hiver dernier.

 

A Lorient, de nouveau il y avait des algues vert fluo. Parce que les porcs, on n'en voit pas la truffe, mais les odeurs d'ensilage et de purain qui emplissent parfois l'atmosphère suffisent à renseigner sur l'activité des fermes qui jalonnent parfois ma route. Les bestiaux ne voient jamais la mer ! Après Lorient, sur un rond point, j'ai cru télescoper Stéphane, cyclotouriste savoyard, qui m'accompagnera jusqu'aux portes de VAnnes ce matin. Nous avons fait le détour par Quiberon, et contournant la pointe dans le sens horaire, je me suis soudain sentie déboussolée par le fait d'avoir l'eau salée à main gauche, une anomalie dans mon quotidien... Puis Carnac, où nous mêlons nos roues à celles de triathlètes ma foi, pas plus fringants que ça, puis la Trinité sur Mer, où le fric qui flotte laisse rêveur. Des beaux catamarans de course aussi. Et quand je vois tous ces ports remplis de bateaux qui pour certains ne sortent jamais en mer, qu'on sait ce que coûte une place de mouillage, je me dis que vraiment, la crise doit en faire glousser certains, qui n'imaginent même pas ce que c'est que de vivre d'un SMIC mensuel. Et toutes ces baraques maintenant fermées jusqu'à l'été prochain, aux parcs immenses où pas un brin d'herbe ne dépasse...

 

 Bon, à Locquemariaquer, nous avons pris un rafiot pour traverser les courants forts de l'entrée du golfe du Morbihan et ainsi nous retrouver à Port Navalo. Maintenant, je suis à Séné, chez Geneviève et Gérard, bichonnée encore. La lessive est faite, le site bientôt mis à jour, le problème de mon arceau de tente cassé résolu... Cet après midi c'était baignade et demain sera repos. Je ne remonterai sur ma monture que mercredi matin pour poursuivre, un peu moins vite, ma route vers le sud. La météo continue à annoncer du beau temps. Depuis le Havre, à part cette pisse de moineau à Brest, pas une goutte d'eau, que du beau. Que l'eut cru. La Normandie et la Bretagne ne m'ont pas déçue et se sont montrées sous leurs meilleurs profils.

 

A part ça, je mange du kouign-amann pour combler les petits creux, c'est efficace, mais toujours pas de fruits de mer ! Je rencontre des gens qui aiment et sont profondément enracinés dans leur territoire. La saison touristique touche à sa fin, l'effervescence retombe, les campings ferment les uns après les autres, je vais bientôt pouvoir y installer mes bivouacs, hé hé, mais l'eau est toujours bonne est la baignade d'actualité... Oui, il y a pire !

 

A bientôt.

 

 

Des nouvelles en vitesse

 

Bonjour,

 

Juste quelques nouvelles en vitesse. N'ayant rien pour accéder au net, il faut que quelqu'un me loge et en plus que je lui squatte son ordi deux heures... Bon pas simple. Alors depuis Vannes, j'ai occupé ma journée libre à faire le tour de l'île d Ars avec mes amis de St Malo venus ici pour l'occasion, et puis j'ai fait du vélo, si si, beaucoup de vélo. A plat surtout. J ai traversé des marais salants, ai visité les îles de Noirmoutiers, de Ré, d'Oléron, plus ou moins appréciées d'ailleurs, j'ai roulé sur une route submersible, à prendre de préférence à marée basse donc, puis traversé des pinèdes, me suis baignée dans les rouleaux de plus en plus  forts au fur et à mesure que je descends vers le sud, ai bouffé des centaines de kilomètres de piste cyclables dans les Landes, ai pris le bateau à Royan et pour traverser le bassin d'Arcachon, suis montée sur le gros tas de sable au Pyla, ai fait quelques belles rencontres aussi, à Oléron, à Aytré, j ai vu les surfeurs a Biarritz, et ai fini par arriver à Hendaye, aujourd'hui, à la mi-journée.

 

Avant Royan, j'ai explosé mon pneu arrière donc j'ai fait du stop avec tout mon barda jusqu'en ville puis me suis faite reposée à mon point d'arrêt, pas question de tricher ! Quoi d'autre... je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire. L'océan m'enchante, toujours cette force et cette puissance, ce grondement sourd à plus d'un kilomètre, ces vagues qui se préparent, enflent, puis forment le rouleau qui s'abat et vient s'écraser sur le sable... De l'eau jusqu'aux genoux au départ, la vague submerge et me pousse sur la grève, trop forte. Des paysages et des couleurs sans cesse renouvelés. Je suis repassée à quelques endroits où j'avais passé des vacances étant gamine, la tempête de 1999 a décimé les arbres du camping du pin sec, mais les blockhaus sont toujours sur la plage, taggués, un peu plus ensablés, un peu plus penchés. Bref, je trouve vraiment du beau dans cet itinéraire qui m'enchante et qui prend de l'allure au fil des jours.

 

Le plus dur est surement de voyager seule. Les discussions avec mes congénères sont superficielles, toujours les mêmes, les lieux communs, les questions débiles...Toute cette foule... d'incompréhensions ! Vous rendez-vous compte, elle fait du vélo tous les jours, elle va a Gibraltar, elle fait du camping sauvage et en plus elle n'a pas de GPS. Je ne vais pas développer ici et aujourd'hui mais je note sur mon cahier, le soir. J'ai croisé d'autres bargeots de mon espèce, et à chaque fois ce furent de véritables bons moments. Mais bon, c est tout de même pas toujours facile d'être seule dans tout ce monde. Enfin, ça va quand même hein, et puis je le savais un peu avant de partir. Ah, il parait qu'en Espagne il faut que je me méfie, parce que c'est chaud... Ah ben tant mieux, ce sera donc moins froid ! Bon je pourrais aussi parler des campings-carristes et de tout ce qui est fait pour eux, quand nous, voyageurs suant et non polluants devrions débourser entre 10 et 20 euros pour poser une tente et prendre une douche... Alors oui, je campe sauvage, je me baque à poil dans l'océan et ça va bien comme ça.

 

J'ai donc passé la frontière il y a quelques heures, je ne l'ai même pas vue, ah l'Europe ! Et j'ai attaqué les montagnes avec un premier col à 455 m, à gravir en 7 bornes, ça montait bien, peut-être ce sera le seul ? En tout cas, la route montait à flanc avec vue plongeante sur l'océan et c'était, il faut le dire, de toute beauté. La côte basque espagnole a l'air vraiment jolie et c'est encourageant, ça va changer du morne plat des Landes, qui, soit dit en passant, ont permis a mes jambes de récupérer des efforts bretons.

 

Et puis voila, bien sûr, ça ne pouvait pas arriver vingt bornes plus tôt, non... Je bascule derrière ce col, à peine entrée dans ce pays dont je ne parle pas la langue, et mes roulements de roue arrière se mettent à faire un bruit de roulement de tambour, je descends jusqu'au premier village, décharge le vélo, démonte la roue sur le trottoir et constate les dégâts. Le sable et le sel ont mis la mécanique à rude épreuve et il est temps de faire quelque chose. Bien sûr, il est 17 heures et je suis à la porte de San Sebastian, une bien bonne grande ville, un dimanche après-midi... Merci une fois de plus le réseau warm shower, j 'ai un contact ici à Lezo, je tente le coup, appelle, "allo, je suis ici, un peu plantée, j'aimerais dormir chez vous et réparer mon vélo..." C'est pas tout à fait ça mais ça y ressemble ! Et voilà comment je me retrouve douchée, mon linge propre, mon vélo nettoyé, remonté, regraissé, installée chez un gentil cycliste espagnol. Et du coup, si quand les incidents surviennent ça peut faire passer une mauvaise heure, ce qui suit peut être bien réconfortant pour le moral...

 

Bon, j'avais prévu de pédaler 3136 bornes avant la frontière, je me suis juste plantée de 400 bornes, j'en ai fait 3500 déjà, et j'espère que j'aurai moins d'erreur sur la suite... La météo, eh ben, même si j'ai pris des sacs d'eau la nuit dernière (ma tente n'a pas laissé passer une seule goutte), j'ai pédalé sous le soleil tous les jours depuis le Havre, oui quand même, et je devrais avoir encore quelques jours devant moi avant une possible détérioration. Il fait carrément bon, je ne mets pratiquement jamais le tee shirt a manches longues, quant aux pantalons, polaires etc, j'en suis à me demander si je ne vais pas tout renvoyer...

 

Voila, c'était juste pour donner quelques rapides nouvelles, qvec un clqvier espqgnol, donc excusez le mqnque d qccent et les fqutes de frqppe...

 

A bientôt

 

Ca avance.

 

Salut,

 

Oui, je sais, je n ai aucune régularité, bon, je fais comme je peux. Et ça va être rapide encore cette fois ci, le reste et les photos viendront dans un mois...

 

Une fois passée San Sebastien, j'ai rencontré Davide, un jeune italien d'à peine 20 ans, sans itinéraire précis, un max de temps devant lui, 45 kg de bagages sur son vélo, et un objectif : Lisbonne. J'y dis "ok, j y vais aussi, par la côte", je lui ai proposé d'essayer de faire la route ensemble, et nous y sommes toujours et c'est parti comme ça jusqu a Tarifa (Gibraltar). Voila donc c'est une première nouvelle, je ne suis plus seule et c'est bien agréable, c'est plus sécurité. C'est lui qui m'attend plus que l'inverse sauf par vent contre mais la différence est moindre et les avantages d'être deux sont plus nombreux que les contraintes. La côte atlantique horizontale cap à l'ouest de l'Espagne a mis les jambes a très rude épreuve, pays basque, cantabrias, asturias, galicia ne furent qu'une succession de montagnes russes terribles, courtes mais raides et à fréquence élevée mais on en prend plein la vue. Côte découpée, très verte, rocheuse, entrecoupée de plages extraordinaires et de villages colorés au fond de ces petites baies sauvages. Les grandes villes par contre, très industrielles, avec de gros ports, Santander, Bilbao, A Coruna, j'en oublie.  L'objectif était alors d'arriver à avancer assez pour ne pas se faire prendre par une météo capricieuse, tempétueuse parfois, pluvieuse d'autres fois. Nous avons bien tiré notre épingle du jeu. La tactique, étant donné l'absence d hospitalité, fut de squatter les maisons en construction les jours de grand vent, la crise en Espagne a eu donc du bon pour nous, il y a beaucoup de projets inachevés, et sinon, bivouac sauvage, si possible près de l océan, l'eau est toujours bonne et nous nous baignons le plus régulièrement possible. Quelques endroits particuliers resteront marqués dans les esprits, comme Cabo Vilan, Finistere, Bilbao, A Coruna, et je n'ai pas la carte sous les yeux mais c est BEAU.

 

On en a vu des vagues et des rouleaux et cela fascine toujours autant, le vacarme qui accompagne aussi... ce grand lac qui n'en finit pas !

 

Et puis il y a deux jours, après une traversée très hasardeuse de Vigo par viaducs autoroutiers et tunnels, nous avons passé un pont sur le fleuve Minio (orthographe !!), bref, on a vu la pancarte "Portugal". Nous y voici donc, allez, une occasion encore pour une bière (elles ne coûtent pas grand chose ici), après celle des 3000 km de Davide et de mes 5000. Et au Portugal, les habitants semblent bien moins moroses, en tout cas il y a de la couleur, des plages de folie et des douches sur les plage, la météo nous annonce encore 10 jours de beau...

 

Porto. Oui, je suis a Porto, enfin une connexion internet... La ville est séduisante, étonnante, colorée, étagée, fluviale, toute en pente, toute en ruelles pavées et ça tire dans les mollets mais peu importe demain le terrain sera plat, enfin on espère. Les deux ouvrages de monsieur Eiffel permettent de passer le Rio Douro au niveau de l'eau ou cent mètres plus haut, l'estuaire est à 5 km du centre ville. La température est idéale, short et chemisette sans manche, un petit brin d'air juste comme il faut, bref l été continue. Seul changement notoire : l'heure. Une heure de décalage au Portugal en général plus le changement d'heure été/hiver et nous voici décalés de deux heures dans nos habitudes, il faisait jour de 8 à 20 heures, il fait maintenant jour de 6 à 18 heures. Nous avons pour seule horloge le soleil.

 

Voila, nous faisons route vers Lisbonne et Gibraltar approche à vitesse grand Ve, une vingtaine de jours de vélo si tout va bien.

 

A une prochaine.

 

Fin du voyage

 

Voila c'est fini. J'ai longé le grand lac pendant quelque chose comme 80 jours, à vélo couché, et je n'en ai pas vu la fin, j'ai désespéré, mais j'ai insisté. J'ai bien fait d'y croire, parce que j'ai pris un virage, c'était vers Tarifa, à la pointe extrême sud de l'Espagne et par la même occasion de l'Europe continentale, et là, il n'y avait plus qu'un petit lac... avec de l'autre côté une autre terre, un autre monde, l'Afrique, là, à 14 km devant. Tu parles ! De l'eau partout encore ! J'ai capitulé à Algeciras quand j'ai vu que le petit lac s'élargissait et que l'Afrique s'éloignait et suis rentrée marcher dans la neige qui a blanchi les sommets jurassiens pour voir quoi... ? P****, un lac !

 

Je n'ai pour ainsi dire rien visité. Je ne me suis pas beaucoup arrêtée. Trois jours à St Malo, un à Vannes, un sur la côte Nord espagnole, un à Porto et un à Lisbonne. Pas de repos vraiment. Pour quoi faire du repos ? J'étais en vacances. A l'océan. Aucune question à me poser sur l'itinéraire, où est l'océan ? Et quelle déception le soir quand je regardais la carte pour le lendemain en constatant que j'allais pédaler trop souvent sans le voir. Quel plaisir et quel bonheur quand par delà les arbres ou une crête, quand au détour d'un virage, quand entre deux falaises, entre deux villages, tout à coup, il apparaissait. Cette étendue d'un bleu profond, à l'infini. Quelle paix ! Quelle invitation ! Des échappées magnifiques, des coups d'oeil furtifs ou au contraire des kilomètres à le longer, parfois vent dans le dos, hum, quelle plénitude. Je glissais, comme au raz de l'eau sur mon vélo couché, avec à force de tourner la tête vers la droite, comme une crispation dans le cou. C'est qu'il est impossible d'en décrocher le regard... Il attire comme le Nord attire l'aiguille aimantée de la boussole. Et quand c'était possible, le bain. Les plages sont désertes à cette saison, apparaissent plus grandes encore. Poser le vélo à vue, poser les habits et le casque sur le siège, ôter les chaussures, avancer à poil dans le soleil sur le sable fin avec l'air qui caresse la peau, température idéale. Puis dans l'eau. Cinq minutes. Ressortir, laisser sécher, renfiler habits, casque et chaussures, repartir. Quelle vie !

 

Merci à mon compagnon de route Davide, guitariste italien de 20 ans pour qui c'était le premier voyage. Nous avons fait la route ensemble depuis la frontière franco-espagnole jusqu'à Tarifa, soit 5 semaines et demi, 3100 km. Nous fonctionnions sur le même rythme, de journée ou de pédalage, et étions venus chercher l'un comme l'autre du calme. Bref, la même conception du voyage nomade à roulettes. Sans que la présence de l'autre ne soit pesante, on s'avoue tout de même à la fin et mutuellement que sans l'autre il eut été difficile d'aller au bout... En fait juste une présence, histoire d'avoir quelqu'un à qui expliquer les bienfaits de la solitude ! Sans que rien ne soit dit, savoir qu'on est deux.

 

Bien sûr il y eut des moments moins plaisants mais c'était globalement un voyage facile et les images et souvenirs qui restent, quelques jours seulement après être rentrée, sont des images de vagues, de plages, de jolis bivouacs, de rochers, d'écume... L'océan fascine.

 

Mon voyage était beau, varié, l'océan pour fil conducteur, longer la côte au plus près. Jamais pareil, des galets, du sable, des criques, des baies, des havres et des valleuses, des abers, des marais salants, des falaises, des rochers gris, rouges, noirs, blancs, jaunes, des plages... hum..., des couleurs, d'huile ou en furie, des vagues et des rouleaux, des bateaux... Des caps, des pointes, des péninsules, des finistères.... Des ports, petits ou gros, des oiseaux. Des ponts. Les grandes marées à St Malo. Un vacarme... ou un clapotis, un fracas, parfois juste du silence, un grondement, une présence. Des phares et des sémaphores. Iroise, Granit Rose, Algarve... Et des gens qui travaillent, qui en vivent... C'était vraiment beau.

 

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A bientôt