Décollage imminent


Salut,

Thomas Pesquet vient de s'envoler loin, en tout cas à plus de 10 km. Avait-il rempli son attestation ? Quoi qu'il en soit, à la vitesse où il a pris la tangente, il a du se gausser en voyant depuis le hublot, le brigadier-chef Joseph Longtarin brandir son carnet de contraventions.

Pourquoi je dis ça moi ?

Ah oui, j'ai un peu l'intention de faire pareil, d'ici à quelques jours. Enfin... ça va partir moins vite, dans une tenue plus légère et moins volumineuse, bien qu'avec la météo annoncée, y'a pas loin que je me voie obligée de ressortir la doudoune que j'ai rangée il y a cinq jours, d'ailleurs je l'emmène. Parce que jusque là, la bise nous a bien mordu les joues comme dit mon ami Paco, et certains sous-bois haut-jurassiens ne sont pas encore prêts à laisser apparaître l'herbe, les skis sont tout juste remisés, les skieurs les plus motivés tournaient encore la semaine dernière dans le Risoux. Revenons-en au fait : j'ai jamais été fortiche dans les décollages, plutôt du genre terre-à-terre. Donc je vais partir moins vite que Pesquet mais tout de même ventre-à-terre, arc-boutée sur ma fidèle et tant-aimée monture. Oui oui, on s'attache beaucoup à ces bouts de ferraille qui nous transportent à l'autre bout du monde ou de la France, qui nous font découvrir et traverser en silence et le nez au vent, tous ces merveilleux paysages, nous propulsent d'un village à l'autre, d'une curiosité à une cascade, d'une belle rencontre à une autre, avec lesquels on fait corps plusieurs heures par jour (the fun is between your legs), qu'on bichonne, qu'on couve du regard d'un oeil attendri, qu'on écoute, qu'on époussette amoureusement, qu'on ausculte avec attention et à qui on parle parfois... quand il n'y a pas d'oiseaux, hein !

Bien, donc s'il fait beau les 4, 5 et 6 alors je partirai le 3. Mai. Mais si le ciel n'est pas conciliant et qu'il fait un temps de chien les 3, 4 et 5 alors je partirai le 2 ou alors après le 6. Vous suivez ? Bref, je suis dans le flou et c'est bien ainsi. L'avantage quand il n'y a pas de fusée à prendre, ni de train d'ailleurs, c'est que je peux attendre une fenêtre météo favorable au coin du fourneau. Parce que l'idée de partir sous la pluie ne m'enchante que moyennement, je n'ai pas de carlingue pour me protéger des intempéries.

J'attends encore quelques petites livraisons... Un filtre pour mon appareil photo parce que je vais essayer de vous gâter. Oh, je ne serai jamais photographe mais j'ai potassé un peu la technique et la notice de 309 pages de mon apn (sissi, c'est la vérité, 309 pages de fonctions intéressantes dont j'ignorais jusqu'à l'existence, des menus beaucoup plus nombreux et variés que ceux que je confectionnerai pour me sustenter..., tout ça pour un compact) et j'aimerais vous offrir des images un peu plus qualitatives. Et puis des culottes (pas pour vous offrir), euh oui... sans couture. Pas pour qu'elles soient invisibles sous mon ample short issu d'un pantalon recyclé et raccourci mais parce qu'il y avait une petite gêne au point de contact entre ma noble personne et la selle de ma monture. Non, ce ne sont pas des détails. Et puis un verre de protection pour l'écran de mon appareil photo. Voilà.

Sérieusement... je ne suis pas tout à fait prête. Si j'ai changé les pneus et chambres de ma bicyclette verte ce matin, il reste à clarifier dans ma tête quelques points concernant des travaux qui seront effectués dans ma mansarde pendant mon absence et pour lesquels il faut que je déménage mon séjour, que je vide la bibliothèque. Somme toute pas de quoi fouetter un chat, fin de semaine je serai dans les starting-blocks.

J'ai reçu tout mon matériel à tester (et bien commencé déjà) et bien allégé mon paquetage. Le poids du matériel que j'embarque sur mon vélo n'est pas un souci, par contre c'est une autre affaire pour celui que j'aurai sur le dos à partir de début juin. Hier matin j'ai tout pesé, jusqu'au billet de 50 balles, la pièce de 2 euros et celle de 20 cts qui traînent dans le porte-monnaie que j'emmènerai. Je suis parvenue, sans eau et sans nourriture, à un poids total de 11,7 kg sac compris. Tout de même. Que Diable pourrais-je encore bien enlever ? J'ai traversé le Caucase avec 9 kg... Je sais, je sais, nous n'avions pas de smartphone, pas de chargeur solaire ni de batterie externe, pas non plus de réchaud, ni gamelle et tout ce qui va avec, ni carburant, ni crocs pour le confort du bivouac, et une pharma pour deux, pas de footprint sous la tente... Je fais dans le confort encore mais bon... 4 mois de marche en montagne en autonomie c'est pas anodin... à mon âge ! Ce poids de 11,7 kg est un maximum (sans eau sans nourriture) dans le sens où c'est celui que j'aurai sur le dos quand je ne marcherai qu'avec mon petit short et mon tee-shirt sur le dos, avec ma bouteille d'essence pleine, et mon porte-monnaie aussi !!! Quant aux vivres, il va vraiment falloir que j'apprenne à ne pas transformer mon sac en supermarché ambulant par peur de manquer en cas d'intempéries. Même si c'est très réconfortant de passer sa journée à boulotter quand il faut rester sous la tente martelée par la pluie, je pense que je peux rester vivante sans avoir systématiquement 3 jours de rab entre 2 épiceries.

Je le sens, ça va passer trop vite. Il y a des « intermédiaires », des carottes posées tout le long sur le bord de la route pour entretenir la motivation. Première partie très tortueuse et montagneuse à vélo, elle-même faite d'étapes de plusieurs jours entre les arrêts chez des connaissances et amis, elle devrait durer trois bonnes semaines. Mon vélo sera alors entreposé dans un hameau perché des Fenouillèdes, tout en haut d'une colline magnifique et attendra le temps qu'il me faudra pour aller à l'océan à pied en zig-zaguant (environ 2 mois), me tremper les pieds dans l'atlantique, puis revenir à la mer toujours à pince (2 petits mois encore) par une Haute Route des Pyrénées à ma sauce. Ensuite repasser au hameau perché dans les Fenouillèdes, sur la colline magnifique qui aura changé de couleur, récupérer mon véhicule et rentrer...

C'est la première fois que je mêle deux moyens de locomotion et au niveau de la préparation ça ne simplifie pas les choses. Il a fallu valider le sac à dos, les chaussures de marche, entre autres, et maintenant il faut rouler un peu pour faire la selle. J'ai sorti le vélo il y a six jours après quelques séances de rouleaux dans mon grenier, je partirai définitivement moins vite que Pesquet. D'autre part cela fait un mois et demi que je multiplie les séances chez le kiné et les journées de rando-test pour remettre en état un tendon d'Achille fragilisé l'été dernier et un coude endommagé lors d'une chute à vélo à l'automne 2019. Tout fonctionne bien maintenant.

Bien, la déclaration d'impôts est faite, toutes les factures sont payées, et sur la liste du « reste-à-faire », je cherche entre les gribouillis enragés ce qui n'est pas encore barré. Ré-expédition temporaire de courrier, ménage, sauvegardes, laver et déssaler ma Renault 11 Gtx, me dépoiler pour l'aérodynamisme et surtout vider le congélo et le frigo !

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A une prochaine, porte-toi bien !

Des fourmis dans les jambes

Salut !

Pour commencer j'espère que tu vas bien, que ce début d'an pire venu remplacer l'an foiré ne t'affecte pas trop. Il faut lutter contre la morosité ambiante, balance la télé par la fenêtre, éteins la radio, sors humer l'odeur de la terre qui se réveille et écoute la nature qui se fout bien des injonctions gouvernementales !

Au niveau boulot, mon hiver est très vite résumé : je n'ai travaillé que quatre semaines réparties sur deux mois, en tant que formatrice (à l'extérieur tout de même). Tous les séjours itinérants ont été annulés pour diverses raisons, parfois cumulées.

 

Alors j'ai usé la neige, skié, skié et encore skié. Ce n'est pas terminé mais la motivation commence à s'effriter. Je suis sortie beaucoup, longtemps et souvent. Et puis plein d'ami(e)s, de connaissances, sont passé(e)s par ma mansarde. Je sais, je devrais me taire mais je ne vais sacrifier ni ma santé mentale ni mes relations sociales parce que des politiciens ont décidé de nous isoler les uns des autres. D'ailleurs force est de constater que grâce à ces circonstances particulières, les liens amicaux avec certaines personnes se sont renforcés...

J'ai eu beaucoup d'équipement outdoor à tester : frontale, tee shirt, sous-pull alpaga, pantalon stretch pour activités hivernales, chaussures chaudes et solides, panneau solaire et sa batterie externe super légère, sac à dos ultralight. J'attends encore une veste imperméable, une tente très légère et une paire de chaussures de randonnée. Et je me suis retrouvée fin janvier dans un tableau sur OutdoorGo magazine, entre Mike Horn et Laurence de la Ferrière, Mathieu Tordeur et d'autres...

Donc me voici libre comme l'air et bien sûr des idées de cavale plein la tête.Vouloir partir à l'autre bout de la Terre me semble encore ma foi bien aléatoire cette année, soit, j'ai décidé de poursuivre ma visite des massifs montagneux de l'Hexagone.




L'idée est de partir sur mon biclou vert depuis chez moi, suivre un moment la Bienne et l'Ain, traverser la Chartreuse heureuse, puis le Vercors encore, le Diois, les Baronnies provençales, le Lubéron, les Alpilles, la Camargue dans une tenue d'apiculteur à cause des maringouins et la Narbonnaise, les Corbières et les Fenouillèdes. Ce chemin là est prêt, tracé, étudié, passé à la loupe. Il emprunte principalement des pistes forestières et des petites routes blanches, pour être tranquille dans la nature le plus loin possible des tôles hurlantes, même si cela fera sans aucun doute mal aux guibolles. Un peu à l'Ouest de Perpignan, j'appuierai ma monture contre un mur, troquerai les deux roues contre de bonnes semelles, les sacoches contre un sac à dos et partirai poncer du caillou dans les Pyrénées, en long en large et en travers, en France, en Navarre et en Aragon, pendant 4 ou 5 mois. Puis je récupérerai mon bicycle à pédales, toujours vert j'espère, pour rentrer par un tracé totalement inconnu à ce jour jusque dans mon Jura, puisque l'élastique quand il se détend, me ramène toujours entre une racine de gentiane et une autre d'épicéa.

Voilà le programme.

Une partie de l'hiver fut occupée à collecter le matériel nécessaire à un allègement important de mon paquetage qui était trop lourd l'an dernier. Les articles reçus pour test seront pour partie du voyage. J'ai aussi changé de duvet, d'appareil photo, de couteau, ne prendrai qu'un quart de ma serviette (25 x 30 cm sont largement suffisants)... Le tout me permet de gagner déjà 2.6 kg sans rien concéder au confort. J'espère arriver à 3 kg en moins, ce qui est énorme quand tout est sur le dos.

Je pense avoir tout dit. La date de départ n'est pas définie encore, je ne suis pas prête, je dois offrir une nouvelle chaîne à ma bicyclette, attendre que les bourgeons éclatent et que le vert des feuilles nouvelles m'éblouisse !

Je te tiendrai au courant !

Porte-toi bien et à bientôt !